jeudi 1 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2101694 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | SELARL LEONEM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 juin 2021, Mme A B, représentée par Me Maetz, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er février 2021 par lequel le garde des sceaux, ministre de la justice a accepté sa démission à compter du 12 février 2021 ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'annuler, par voie de conséquence, la décision révélée par le courrier électronique qui lui a été adressé le 15 février 2021 par la directrice des services de greffes judiciaires de la Cour d'appel de Nancy lui enjoignant de rembourser la somme de 38 395,09 euros ;
3°) d'enjoindre à l'Etat de la réintégrer dans ses fonctions à compter du 12 février 2021, de reconstituer sa carrière et de lui verser son traitement à compter de cette même date, jusqu'à sa réintégration effective, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à lui verser sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article 58 du décret du 16 septembre 1985 dès lors que l'administration disposait d'un délai de quatre mois pour accepter sa démission et qu'une fois ce délai expiré, elle se trouvait dessaisie de l'offre de démission ;
- au surplus, elle avait retiré son offre de démission avant l'intervention de la décision attaquée ;
- en raison de l'annulation rétroactive de l'arrêté du 1er février 2021, elle ne peut être regardée comme ayant manqué à ses obligations de rester au service de l'Etat pendant une durée minimale de quatre ans et n'est donc pas tenue de rembourser la somme de 38 395,09 euros ;
- l'obligation de remboursement est subordonnée à l'envoi d'un titre de perception par l'administration or aucun titre de perception ne lui a été adressé ;
- l'annulation de l'arrêté contesté implique de la réintégrer dans ses fonctions, de reconstituer sa carrière et de régulariser son traitement à compter du 12 février 2021.
Par un mémoire en défense enregistré le 17 avril 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- le décret n°85-986 du 16 septembre 1985 relatif au régime particulier de certaines positions des fonctionnaires de l'Etat et à certaines modalités de mise à disposition et de cessation définitive de fonctions ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fabas, rapporteure,
- les conclusions de Mme Sousa Pereira, rapporteure publique,
- et les observations de Me Picoche, pour Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B a été admise au concours de l'école nationale des greffes au titre de l'année 2017. A l'issue d'une période de stage, elle a été titularisée dans le corps des greffiers des services judiciaires à compter du 4 mars 2019 par un arrêté du 14 février 2019 et nommée en qualité de greffière au sein du tribunal judiciaire d'Epinal. Confrontée à des difficultés d'ordre personnel, Mme B a, par un courrier du 24 août 2020, demandé sa démission. N'ayant pas obtenu de réponse à sa demande, elle a, par un courrier du 14 janvier 2021, sollicité sa mise en disponibilité pour convenances personnelles. Par un arrêté du 1er février 2021, le garde des sceaux, ministre de la justice a accepté sa démission et fixé la date de cessation de ses fonctions au 12 février 2021. Mme B a formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté par un courrier du 16 février 2021, lequel a été implicitement rejeté. Par sa requête, Mme B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 1er février 2021, ensemble la décision de rejet implicite de son recours gracieux et d'annuler, par voie de conséquence, la décision révélée par le courrier électronique qui lui a été adressé le 15 février 2021 par la directrice des services de greffes judiciaires de la Cour d'appel de Nancy lui enjoignant de rembourser la somme de 38 395,09 euros.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes des dispositions de l'article 58 du décret susvisé du 16 septembre 1985 : " La démission ne peut résulter que d'une demande écrite de l'intéressé marquant sa volonté expresse de quitter son administration ou son service. Elle n'a d'effet qu'autant qu'elle est acceptée par l'autorité investie du pouvoir de nomination et prend effet à la date fixée par cette autorité. La décision de l'autorité compétente doit intervenir dans le délai de quatre mois à compter de la réception de la demande de démission. ".
3. Eu égard à la portée d'une démission et à l'exigence, posée par la loi du 13 juillet 1983, qu'elle soit régulièrement acceptée, il résulte des dispositions précitées du décret du 16 septembre 1985 que si l'autorité investie du pouvoir de nomination dispose d'un délai de quatre mois pour notifier une décision expresse d'acceptation ou de refus, sans que puisse naître, à l'intérieur de ce délai, une décision implicite de rejet, elle se trouve dessaisie de l'offre de démission à l'expiration de ce délai, dont le respect constitue une garantie pour le fonctionnaire, et ne peut alors se prononcer légalement que si elle est à nouveau saisie dans les conditions prévues par l'article 58 du décret précité. D'autre part, dans l'hypothèse où l'autorité compétente ne s'est pas prononcée dans le délai de quatre mois, elle doit être regardée comme ayant refusé de statuer sur l'offre de démission du fonctionnaire, celui-ci est recevable à contester devant le juge de l'excès de pouvoir cette décision de refus de statuer.
4. Il ressort des pièces du dossier que le courrier du 24 août 2020 par lequel Mme B a demandé sa démission a été reçu le jour même par l'administration, laissant à l'administration la possibilité de se prononcer sur cette demande jusqu'au 24 décembre 2020. Toutefois, le garde des sceaux, ministre de la justice n'a accepté cette démission que par un arrêté du 1er février 2021, fixant au 12 février suivant la cessation des fonctions de Mme B. A cette date, le délai de quatre mois dont disposait l'administration pour accepter la démission de la requérante était expiré. Dès lors, l'administration se trouvait dessaisie de l'offre de démission et ne pouvait alors se prononcer légalement sur celle-ci sans qu'elle ait de nouveau saisi son administration dans les conditions prévues par l'article 58 du décret précité. Si Mme B a, par un second courrier du 1er décembre 2020, demandé à l'administration qu'une réponse soit apportée à sa demande, un tel courrier n'avait, contrairement à ce que soutient le ministre en défense, ni pour objet, ni pour effet de renouveler sa demande de démission. Dans ces conditions, Mme B est fondée à soutenir que l'arrêté du 1er février 2021 méconnaît les dispositions de l'article 58 du décret du 16 décembre 1985 et à en demander l'annulation, ensemble la décision rejetant implicitement son recours gracieux exercé à l'encontre de cet arrêté.
5. En deuxième lieu, l'annulation de l'arrêté par lequel le garde des sceaux, ministre de la justice a accepté la démission de Mme B, entraîne l'annulation, par voie de conséquence, de la décision révélée par le courrier électronique du 15 février 2021 obligeant Mme B à rembourser la somme de 38 395,09 euros, qui n'a été prise qu'en raison de la méconnaissance par Mme B de son obligation de rester au service de l'Etat pendant une durée minimale de quatre ans, du fait de cette démission.
Sur les conclusions à fin d'injonction sous astreinte :
6. En premier lieu, l'annulation de l'arrêté du 1er février 2021 implique qu'il soit enjoint au garde des sceaux, ministre de la justice de réintégrer rétroactivement Mme B dans ses fonctions à compter du 12 février 2021 et de reconstituer sa carrière à compter de cette même date. Il est enjoint au ministre d'y procéder dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sans toutefois qu'il y ait lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
7. En deuxième lieu, en l'absence de service fait et alors que Mme B ne mentionne l'existence d'aucune faute imputable à l'administration, celle-ci ne peut prétendre au versement de son traitement et de ses primes pour la période du 12 février 2021 à la date de sa réintégration effective.
Sur les frais du litige :
8. Aux termes des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à Mme B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 1er février 2021, ensemble la décision par laquelle le garde des sceaux, ministre de la justice a implicitement rejeté le recours gracieux exercé par Mme B à l'encontre de cet arrêté et la décision révélée par le courrier électronique du 15 février 2021 sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au garde des sceaux, ministre de la justice de réintégrer rétroactivement Mme B dans ses fonctions à compter du 12 février 2021 et de reconstituer sa carrière dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Mme B la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 11 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Di Candia, président,
Mme Fabas, conseillère,
M. Bastian, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er juin 2023.
La rapporteure,
L. Fabas
Le président,
O. Di Candia
Le greffier,
P. Lepage
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026