jeudi 9 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2101764 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | STUART |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 juin 2021 et un mémoire en réplique enregistré le 30 janvier 2023, Mme C A, représentée par Me Stuart, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 avril 2021 par lequel le maire de la commune de Pagney-derrière-Barine s'est opposé à sa déclaration préalable du 19 février 2021 ;
2°) d'enjoindre à la commune de Pagney-derrière-Barine de lui délivrer l'autorisation sollicitée dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté contesté est insuffisamment motivé ;
- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'il est impossible d'identifier l'auteur de cette décision ;
- l'arrêté est entaché d'incompétence négative dès lors que le maire n'a pas apprécié la situation au regard des textes applicables et s'est rallié aux avis des différents organismes sollicités et s'est ainsi cru en situation de compétence liée ;
- les travaux déclarés ne présentent aucun risque pour la salubrité ou la sécurité publique au sens de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ; de simples prescriptions spéciales auraient en tout état de cause été suffisantes ;
- l'arrêté méconnaît les dispositions de l'article L. 421-9 du code de l'urbanisme ; en l'espèce, la construction d'origine relevait du simple régime de la déclaration préalable ;
- la jurisprudence du Conseil d'Etat a admis une dérogation à l'interdiction d'effectuer des travaux sur une construction dépourvue de permis de construire ;
- la substitution de motifs sollicitée par la commune devra être rejetée.
Par des mémoires en défense enregistrés les 8 novembre 2021 et 3 février 2023, la commune de Pagney-derrière-Barine, représentée par Me Tadic, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit enjoint à Mme A de lui verser la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que le maire était en situation de compétence liée pour s'opposer à la déclaration préalable souscrite par Mme A dès lors que la demande dont il était saisi, qui portait sur des travaux concernant un bâtiment ayant été édifié sans l'autorisation prévue par les dispositions du code de l'urbanisme, ne portait pas sur l'ensemble du bâtiment mais sur les seuls travaux de rénovation de cette construction, et qu'ainsi les moyens soulevés par la requérante sont susceptibles d'être écartés comme inopérants.
Par un mémoire enregistré le 30 janvier 2023, Mme A a présenté des observations en réponse au moyen d'ordre public.
Par un mémoire enregistré le 3 février 2023, la commune de Pagney-derrière-Barine a présenté des observations en réponse au moyen d'ordre public.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- les conclusions de Mme Guidi, rapporteure publique,
- et les observations de Me Tadic, représentant la commune de Pagney-derrière-Barine.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est propriétaire d'une parcelle cadastrée ZE n° 139, sise lieu-dit " Thermaux ", sur le territoire de la commune de Pagney-derrière-Barine (Meurthe-et-Moselle). Elle a présenté le 19 février 2021 une déclaration préalable en vue de réaliser des travaux de rénovation sur une construction déjà existante. Par un arrêté du 19 avril 2021, le maire de la commune s'est opposé à sa déclaration préalable de travaux. Par sa requête, Mme A demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction sous astreinte :
2. Lorsqu'une construction a été édifiée sans autorisation en méconnaissance des prescriptions légales alors applicables, il appartient au propriétaire qui envisage d'y faire de nouveaux travaux de présenter une demande d'autorisation d'urbanisme portant sur l'ensemble du bâtiment. De même, lorsqu'une construction a été édifiée sans respecter la déclaration préalable déposée ou le permis de construire obtenu ou a fait l'objet de transformations sans les autorisations d'urbanisme requises, il appartient au propriétaire qui envisage d'y faire de nouveaux travaux de présenter une demande d'autorisation d'urbanisme portant sur l'ensemble des éléments de la construction qui ont eu ou auront pour effet de modifier le bâtiment tel qu'il avait été initialement approuvé. Il en va ainsi même dans le cas où les éléments de construction résultant de ces travaux ne prennent pas directement appui sur une partie de l'édifice réalisé sans autorisation. Dans l'hypothèse où l'autorité administrative est saisie d'une demande qui ne satisfait pas à cette exigence, elle doit inviter son auteur à présenter une demande portant sur l'ensemble des éléments devant être soumis à son autorisation. Cette invitation, qui a pour seul objet d'informer le pétitionnaire de la procédure à suivre s'il entend poursuivre son projet, n'a pas à précéder le refus que l'administration doit opposer à une demande portant sur les seuls nouveaux travaux envisagés.
3. Aux termes de l'article L. 421-9 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'une construction est achevée depuis plus de dix ans, le refus de permis de construire ou la décision d'opposition à déclaration préalable ne peut être fondé sur l'irrégularité de la construction initiale au regard du droit de l'urbanisme. / Les dispositions du premier alinéa ne sont pas applicables : / () 5° Lorsque la construction a été réalisée sans qu'aucun permis de construire n'ait été obtenu alors que celui-ci était requis ; / () ".
4. Mme A ne conteste pas que la construction sur laquelle portent les travaux de rénovation déclarés le 19 février 2021 a été édifiée sans les autorisations d'urbanisme requises. Si elle soutient que la construction d'origine, d'une surface de plancher de 18 m2, ne nécessitait pas l'obtention d'un permis de construire, et qu'en conséquence elle est fondée à se prévaloir des dispositions précitées du 1er alinéa de l'article L. 421-9 du code de l'urbanisme, cette circonstance, à la supposer établie, est sans incidence sur l'obligation pour le pétitionnaire de présenter une demande portant sur l'ensemble des éléments de la construction qui n'ont pas déjà été autorisés, afin que l'autorité compétente puisse apprécier si les conditions prévues par ces dispositions sont ou non réunies. Est également sans incidence sur cette obligation la circonstance alléguée que la construction serait ancienne et qu'aucune action pénale ou civile ne serait plus possible à son égard. Il suit de là qu'à défaut d'avoir été saisi d'une demande d'autorisation d'urbanisme portant sur l'ensemble du bâtiment, le maire de la commune de Pagney-derrière-Barine se trouvait en situation de compétence liée pour rejeter la déclaration préalable de Mme A. Par suite, les autres moyens soulevés par la requérante doivent être écartés comme inopérants.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte.
Sur les frais d'instance :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Pagney-derrière-Barine, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme A la somme de 1 500 euros que demande la commune de Pagney-derrière-Barine au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Mme A versera à la commune de Pagney-derrière-Barine une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la commune de Pagney-derrière-Barine.
Délibéré après l'audience publique du 7 février 2023 à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Grandjean, première conseillère,
M. Gottlieb, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mars 2023.
Le président-rapporteur,
B. BL'assesseure la plus ancienne,
G. Grandjean
La greffière,
A. Mathieu
La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026