LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2101824

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2101824

jeudi 11 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2101824
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationChambre 3

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 21 juin 2021, M. A B demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 22 avril 2021 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires Est-Strasbourg a refusé de faire droit à sa demande du 6 avril 2021 tendant à la régularisation de la balance de ses heures supplémentaires pour le mois de mars 2021 ;

2°) d'enjoindre au directeur interrégional des services pénitentiaires Strasbourg Grand Est de régulariser sa balance des heures effectuées du mois de mars 2021 et de payer les 11h18 neutralisées à tort ainsi que leurs émoluments ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la balance de ses heures devait afficher un résultat de -1h39, et non de -12h58, dès lors qu'il a effectué 51 des 52h39 dues au titre du mois de mars 2021, qu'il était placé 11 jours en congé annuel et 10 jours en congé maladie ordinaire ;

- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit dès lors que la circulaire du 2 avril 2008 ne prévoit la neutralisation que des heures supplémentaires, et non des heures négatives.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 août 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le décret n° 68-518 du 30 mai 1968 ;

- le décret n° 2000-815 du 25 août 2000 ;

- la circulaire du 2 avril 2008 relative aux chartes nationales de construction et de gestion du service des personnels du corps d'application et d'encadrement ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bastian, conseiller,

- les conclusions de Mme Cabecas, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, surveillant principal au centre de détention de Saint-Mihiel, a demandé au directeur interrégional des services pénitentiaires Est-Strasbourg de régulariser sa balance horaire pour le mois de mars 2021, estimant que le volume horaire dû, tel qu'il était affiché par l'outil de gestion de la situation administrative des agents, était erroné. Par une décision du 22 avril 2021, dont M. B demande l'annulation, le directeur interrégional des services pénitentiaires a refusé de faire droit à sa demande.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. D'une part, aux termes aux termes de l'article 1er du décret du 25 août 2000 relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique de l'Etat et dans la magistrature : " Le décompte du temps de travail est réalisé sur la base d'une durée annuelle de travail effectif de 1 607 heures maximum, sans préjudice des heures supplémentaires susceptibles d'être effectuées ". Aux termes de l'article 4 du même décret : " Le travail est organisé selon des périodes de référence dénommées cycles de travail. Les horaires de travail sont définis à l'intérieur du cycle, qui peut varier entre le cycle hebdomadaire et le cycle annuel de manière que la durée du travail soit conforme sur l'année au décompte prévu à l'article 1er. / Des arrêtés ministériels pris avis des comités techniques ministériels compétents définissent les cycles de travail auxquels peuvent avoir recours les services. Ces arrêtés déterminent notamment la durée des cycles, les bornes quotidiennes et hebdomadaires, les modalités de repos et de pause. (). Pour les agents relevant d'un régime de décompte horaire des heures supplémentaires, celles-ci sont prises en compte dès qu'il y a dépassement des bornes horaires définies par le cycle de travail. Elles font l'objet d'une compensation horaire dans un délai fixé par arrêté du ministre intéressé, du ministre chargé de la fonction publique et du ministre chargé du budget, après avis du comité social d'administration ministériel. A défaut, elles sont indemnisées. ". Aux termes de l'article 5 du décret du 30 mai 1968 fixant le régime des indemnités horaires pour travaux supplémentaires accordées aux personnels des services extérieurs de l'administration pénitentiaire : " Ne peuvent ouvrir droit à rémunération les travaux supplémentaires qui ont été compensés par un repos d'une durée égale. Il en est de même lorsque les agents qui les ont effectués n'ont pas accompli l'intégralité de leur service normal de travail, tel qu'il est fixé réglementairement. ".

3. D'autre part, aux termes de l'article 2 de l'annexe II de la circulaire du 2 avril 2008 relative aux chartes nationales de construction et de gestion du service des personnels du corps d'application et d'encadrement : " Lorsque [les heures supplémentaires] sont générées par un congé maladie ou un accident de travail, elles sont neutralisées () ".

4. L'organisation du service au sein de l'administration pénitentiaire est régie par un système qui consiste, d'une part, à reporter d'un mois sur l'autre le déficit d'heures effectuées, dit " heures négatives ", d'un agent par rapport au volume mensuel exigible et, d'autre part, à reporter le surplus d'heures effectuées, dit " heures positives " d'un mois sur l'autre, pour permettre, à la fin du cycle de travail fixé nationalement, ou, à défaut, par la charte locale d'organisation du service, la comptabilisation du solde positif éventuel d'heures effectuées donnant ainsi lieu à compensation ou indemnisation en heures supplémentaires.

5. Il ressort des pièces du dossier que M. B a, au cours du mois de mars 2021, été placé en congé maladie ordinaire du 1er au 10 mars puis en congé annuel, du 11 au 21 mars. Du fait de la succession de ces congés, le nombre d'heures que l'administration pouvait exiger de M. B est passé de de 105h18 à 52h39. M. B ayant effectivement travaillé 51h sur la période postérieure au 21 mars, estime que sa balance du mois aurait dû être de -1h39 (52h39 - 51h). Pour justifier de l'application d'un déficit horaire de -12h58, l'administration fait valoir qu'avant le positionnement de l'intéressé en congé maladie ordinaire, sa balance horaire présentait un déficit horaire de 12h58, contre 1h39 après le positionnement de ce congé, de sorte que les 11h19 " supplémentaires " générées par ce congé devaient être neutralisées. Toutefois, il résulte des dispositions citées au point précédent que seules les heures supplémentaires, c'est-à-dire les heures de dépassement des bornes horaires définies par le cycle de travail, peuvent être neutralisées. Or, M. B n'ayant pas dépassé les bornes horaires définies par le cycle de travail, les 11h19 générées pas son congé maladie ordinaire ne pouvaient être neutralisées, quand bien même l'ampleur du solde négatif a été réduit. Par suite, M. B est fondé à soutenir qu'en neutralisant des heures négatives, le directeur interrégional des services pénitentiaires a entaché sa décision d'erreur de droit.

6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 22 avril 2021 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires a refusé de régulariser le solde d'heures effectuées par M. B au mois de mars 2021 doit être annulée.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

7. L'annulation de la décision attaquée implique seulement que l'administration réexamine la situation de M. B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

8. Il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative dès lors que M. B, qui n'est pas représenté par un avocat, ne justifie pas avoir exposé des frais dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 22 avril 2021 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires a refusé de régulariser le solde d'heures effectuées par M. B au mois de mars 2021 est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au garde des sceaux, ministre de la justice de réexaminer la situation de M. B, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au garde des sceaux, ministre de la justice.

Délibéré après l'audience du 21 mars 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Di Candia, président,

- M. Bastian, conseiller,

- Mme Philis, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2024.

Le rapporteur,

P. Bastian

Le président,

O. Di Candia

La greffière,

L. Bourger

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions