jeudi 7 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2102096 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | SGRO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 juillet et 30 décembre 2021, Mme A C, représentée par Me Sgro, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre principal, d'annuler la décision implicite de refus de séjour du préfet de Meurthe-et-Moselle née de l'absence de réponse à sa demande du 23 septembre 2020 ;
2°) à titre subsidiaire, d'annuler la décision implicite de refus d'enregistrer sa demande de titre de séjour, née de l'absence de réponse à sa demande du 23 septembre 2020 ;
3°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer un titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et dans l'attente, dans un délai de 5 jours, une autorisation provisoire de séjour, à titre subsidiaire de réexaminer sa situation et dans un délai de 5 jours de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
Sur le refus de séjour :
- l'auteur de la décision implicite n'est pas compétent ;
- la décision implicite n'est pas motivée malgré sa demande ;
- la décision est contraire à l'article L. 423-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision est contraire à l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision est contraire à l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Sur le refus d'enregistrer sa demande :
- elle est de nationalité arménienne en application de l'article 47, 1. de la constitution arménienne.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 juin 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'il n'existe pas de décision implicite et que les conclusions de la requérante sont irrecevables.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle par une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 1er juillet 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B,
- et les observations de Me Sgro, représentant Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C, ressortissante arménienne née en 2002, est arrivée en France mineure avec ses parents en 2003, à l'âge d'un an. L'intéressée a déclaré avoir déposé le 23 septembre 2020, une demande de titre de séjour au cours d'un rendez-vous en préfecture. Dans un courrier 15 février 2021 adressé au préfet de Meurthe-et-Moselle, l'intéressée a fait référence à ce rendez-vous, a exposé sa situation personnelle et a demandé que lui soit fournie " une réponse écrite à sa demande de titre de séjour ", joignant à son courrier un certain nombre de pièces. Les services de la préfecture ont accusé réception de ce courrier le 17 février 2021, lequel n'a fait l'objet d'aucune réponse. Mme C demande l'annulation de la décision implicite de rejet née de l'absence de réponse à sa demande en date du 23 septembre 2020.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation dirigées, à titre principal, contre une décision implicite de rejet d'une demande de titre de séjour :
2. Aux termes de l'article R.* 432-1, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile applicable au litige : " Le silence gardé par l'administration sur les demandes de titres de séjour vaut décision implicite de rejet ". Aux termes de l'article R. 432-2, du même code : " La décision implicite mentionnée à l'article R.* 432-1 naît au terme d'un délai de quatre mois ".
3. Les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C sont dirigées, à titre principal, contre la décision implicite de rejet née de l'absence de réponse à sa demande de séjour en date du 23 septembre 2020. Toutefois, en se bornant à produire la copie de sa convocation à un rendez-vous fixé le 23 septembre 2020 dans les services de la préfecture et à relater les circonstances dans lesquelles il se serait déroulé, l'intéressée ne justifie pas avoir effectivement déposé une telle demande de séjour qu'elle ne produit par ailleurs pas. Dès lors, ainsi que le fait valoir la préfecture, aucune décision implicite de rejet de demande de séjour n'est intervenue à la suite de la démarche de l'intéressée effectuée le 23 septembre 2020 et la fin de non-recevoir opposée en défense par le préfet, tirée de l'inexistence d'une telle décision, doit être accueillie.
En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation dirigées, à titre subsidiaire, contre une décision implicite de refus d'enregistrer une demande de titre de séjour :
4. Comme il a été dit plus haut, Mme C soutient s'être rendue au rendez-vous fixé en préfecture le 23 septembre 2020 pour y solliciter un titre de séjour, ce que conteste le préfet en défense. Elle soutient que sa demande aurait fait l'objet d'un refus d'enregistrement, faute pour elle d'avoir pu présenter un passeport, ce que conteste le préfet dans ses écritures, qui invite l'intéressée à déposer une demande de titre de séjour. En se bornant à faire valoir que ses deux parents sont arméniens et qu'elle est donc de nationalité arménienne, l'intéressée ne justifie pas avoir déposé une demande de séjour complète. Dès lors, ainsi que le fait valoir la préfecture aucune décision implicite de refus d'enregistrement n'est intervenue à la suite de la démarche de l'intéressée effectuée le 23 septembre 2020 et la fin de non-recevoir opposée en défense par le préfet, tirée de l'inexistence d'une telle décision, doit être accueillie.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par la requérante doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Les dispositions des article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme C au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au préfet de Meurthe-et-Moselle.
Copie en sera adressée, pour information, au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 16 juin 2022, à laquelle siégeaient :
- M. Marti, président,
- M. Boulangé, premier conseiller,
- Mme Marini, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2022.
Le rapporteur,
P. B Le président,
D. Marti
Le greffier,
F. Richard
La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2102096
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026