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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2102307

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2102307

mardi 25 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2102307
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
FormationChambre 1
Avocat requérantTADIC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 6 août 2021 et un mémoire en réplique enregistré le 22 novembre 2021, M. A C demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 juin 2021 par lequel le président de la communauté de communes du Sammiellois lui a attribué une indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise de 600 euros au titre du premier semestre de l'année 2021 ;

2°) de condamner la communauté de communes du Sammiellois à lui verser les sommes de 552,49 euros au titre de la prime de fin d'année et de 450 euros au titre de la prime de transport, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir.

Il soutient que :

- lors de son recrutement par la communauté de communes, une indemnité de déplacement de 100 euros par mois et une indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise de 250 euros par mois lui avaient été accordées ;

- l'administration a commis une faute en revenant sur ses engagements ;

- il n'a pas été informé lors de ses entretiens de recrutement que le versement de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise était fait semestriellement ;

- aucun grief n'a été formulé à l'encontre de son travail.

Par des mémoires en défense enregistrés les 21 octobre 2021 et 8 novembre 2022, la communauté de communes du Sammiellois, représentée par Me Tadic, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 000 euros soit mise à la charge de M. C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors qu'elle ne comporte aucun moyen ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 10 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 25 novembre 2022.

Connaissance prise du mémoire produit par M. C, enregistré le 13 mars 2023, postérieurement à la clôture de l'instruction, et qui n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 91-875 du 6 septembre 1991 ;

- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. B,

- les conclusions de Mme Guidi, rapporteure publique,

- les observations de M. C,

- et les observations de Me Tadic, représentant la communauté de communes du Sammiellois.

Considérant ce qui suit :

1. M. C, agent de maîtrise principal, a exercé les fonctions de responsable technique au sein de la communauté de communes du Sammiellois du 1er mars 2021 au 14 juillet 2021. Par un arrêté du 16 juin 2021, le montant de son indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE) a été fixé à 600 euros au titre du premier semestre 2021. Par un arrêté du 12 juillet 2021, le même montant d'IFSE lui a été attribué au titre du second semestre 2021. Par sa requête, M. C doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 16 juin 2021 par laquelle le président de la communauté de communes du Sammiellois a fixé le montant de son IFSE et d'enjoindre à la communauté de communes du Sammiellois de lui verser la somme de 1 002,49 euros correspondant aux primes de fin d'année et de transport auxquelles il estime avoir droit.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa rédaction applicable au litige : " Les organes délibérants des collectivités territoriales et de leurs établissements publics fixent les régimes indemnitaires, dans la limite de ceux dont bénéficient les différents services de l'Etat. () ". Aux termes de l'article 1er du décret du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat : " Les fonctionnaires relevant de la loi du 11 janvier 1984 susvisée peuvent bénéficier, d'une part, d'une indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise et, d'autre part, d'un complément indemnitaire annuel lié à l'engagement professionnel et à la manière de servir, dans les conditions fixées par le présent décret () ". Aux termes de l'article 2 du décret du 6 septembre 1991 pris pour l'application du premier alinéa de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 : " L'assemblée délibérante de la collectivité ou le conseil d'administration de l'établissement fixe () la nature, les conditions d'attribution et le taux moyen des indemnités applicables aux fonctionnaires de ces collectivités ou établissements. () ". Par une délibération du 28 septembre 2017, le conseil communautaire de la communauté de communes du Sammiellois a instauré le régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel (RIFSEEP) composé de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE) et d'un complément indemnitaire annuel (CIA).

3. D'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier que la communauté de communes du Sammiellois aurait pris l'engagement, lors du recrutement de M. C, de lui verser un montant mensuel de 250 euros au titre de l'IFSE. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté du 16 juin 2021 qu'il conteste serait illégal en tant qu'il lui accorde un montant d'IFSE de 600 euros au titre des mois de mars à juin 2021. Au surplus, il ressort des pièces du dossier que M. C a également bénéficié, au titre du seul mois de juillet 2021, d'une IFSE d'un montant de 600 euros et a ainsi perçu, au titre de la période du 1er mars 2021 au 14 juillet 2021, une IFSE d'un montant total de 1 200 euros, supérieur au montant qu'il aurait dû percevoir au regard de ses prétentions mensuelles de 250 euros. La circonstance que M. C n'ait pas été informé que l'IFSE était versée semestriellement est sans incidence sur la légalité de l'arrêté en litige.

4. D'autre part, les éléments que produit M. C, consistant essentiellement en des attestations de proches, ne lui permettent pas davantage d'établir que la communauté de communes du Sammiellois aurait pris l'engagement, lors de son recrutement, de lui verser une indemnité de transport de 100 euros par mois. Les conclusions du requérant tendant au versement d'une telle somme ne peuvent qu'être rejetées.

5. Enfin, si M. C revendique le versement d'une prime de fin d'année de 552,49 euros, il n'articule aucun moyen opérant au soutien de ces conclusions, qui ne peuvent, par suite, qu'être rejetées.

6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la communauté de communes du Sammiellois, que l'ensemble des conclusions de la requête de M. C doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de M. C la somme de 1 000 euros que demande la communauté de communes du Sammiellois au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : M. C versera à la communauté de communes du Sammiellois la somme de 1 000 (mille) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la communauté de communes du Sammiellois.

Délibéré après l'audience publique du 28 mars 2023 à laquelle siégeaient :

M. Coudert, président,

Mme Grandjean, première conseillère,

M. Gottlieb, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2023.

Le président-rapporteur,

B. BL'assesseure la plus ancienne,

G. Grandjean

La greffière,

A. Mathieu

La République mande et ordonne au préfet de la Meuse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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