jeudi 13 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2102349 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | RICHARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 4 août 2021 et 16 décembre 2022, M. C A, représenté par Me Richard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision, révélée par l'état de cumul édité le 4 janvier 2021, de retrait de ses demi-journées, pour une durée cumulée de 17 jours et 12 heures supplémentaires, au titre des congés annuels et repos compensateurs, ainsi que la décision par laquelle la préfète de la zone de défense et de sécurité Est a implicitement rejeté sa demande tendant à l'annulation de la procédure de retrait desdits jours ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de créditer sur son compte 17 jours et 12 heures supplémentaires au titre des congés annuels et repos compensateurs, à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du ministre de l'intérieur le versement de la somme de 2 300 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la décision contestée est entachée d'une erreur de droit, dès lors que l'administration ne pouvait refuser un aménagement de poste que par l'édiction d'un arrêté motivé sur le plan médical et l'information préalable du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail.
Par un mémoire en défense enregistré le 13 octobre 2022, la préfète de la zone de défense et de sécurité Est conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle est dirigée contre une décision inexistante ;
- le moyen soulevé par M. A n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le loi n°84-16 du 11 janvier 1984,
- le décret n°82-453 du 28 mai 1982,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de Mme Sousa Pereira, rapporteure publique,
- et les observations de Me Richard, avocat de M. A.
Une note en délibéré a été produite pour M. A, le 28 mars 2023, et n'a pas été communiquée.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, gardien de la paix, est affecté au sein de la circonscription de sécurité publique de Nancy. Par un courrier 22 décembre 2020, il a demandé au directeur départemental de la sécurité publique de Meurthe-et-Moselle de lui transmettre un état journalier de son compte " Géopol ", pour la période du 11 juin 2019 au 3 juillet 2020. Par un courrier du 8 février 2021, le directeur lui a transmis un " état de cumuls " faisant apparaître ses jours d'absence. Constatant que cet état de cumul avait révélé une décision de retrait de ses demi-journées pour une durée cumulée de 17 jours et 12 heures supplémentaires au titre des congés annuels et repos compensateurs, M. A demande l'annulation d'une telle décision ainsi que de la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a implicitement rejeté sa demande tendant à l'annulation de la procédure de retrait desdits jours.
Sur la fin de non-recevoir soulevée en défense :
2. Si la préfète de la zone de défense et de sécurité Est soutient que " l'état de cumuls " évoqué ci-dessus et produit par le requérant aurait été réalisé dans des " circonstances inconnues ", elle ne produit aucun élément de nature à établir que ce document n'a pas été transmis par les services de la direction départementale de la sécurité publique le 8 février 2021. Un tel document fait état d'un nombre de journées de réduction du temps de travail, de congés annuels et d'heures supplémentaires décomptées du cumul des jours auxquels avait initialement droit M. A. Il révèle ainsi une décision de retrait de jours de réduction du temps de travail, de congés annuels et d'heures supplémentaires. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la préfète de la zone de défense et de sécurité Est, tirée de l'inexistence de la décision contre laquelle seraient dirigées les conclusions de M. A, ne peut qu'être écartée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
3. Aux termes de l'article 26 du décret n°82-453 du 28 mai 1982 relatif à l'hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu'à la prévention médicale dans la fonction publique : " Le médecin du travail est seul habilité à proposer des aménagements de poste de travail ou de conditions d'exercice des fonctions justifiés par l'âge, la résistance physique ou l'état de santé des agents. / () Lorsque ces propositions ne sont pas agréées par l'administration, celle-ci doit motiver par écrit son refus et la formation spécialisée en matière de santé, de sécurité et de conditions de travail ou, à défaut, le comité social d'administration doit en être tenu informé ". Aux termes de l'article 40 ter de la loi n°84-16 du 11 janvier 1984 : " Des aménagements d'horaires propres à faciliter son exercice professionnel ou son maintien dans l'emploi sont accordés à sa demande au fonctionnaire handicapé relevant de l'une des catégories mentionnées aux 1°, 2°, 3°, 4°, 9°, 10° et 11° de l'article L. 5212-13 du code du travail, dans toute la mesure compatible avec les nécessités du fonctionnement du service. () "
4. Il ressort des pièces du dossier que " l'état de cumuls " transmis à M. A le 8 février 2021 révèle une décision de lui retirer plusieurs heures de son compte de congés annuels, de réduction du temps de travail, de réduction d'horaires de travail et d'heures supplémentaires pour la période du 15 septembre 2019 au 26 février 2020. Si M. A fait valoir qu'en vertu des dispositions précitées, l'administration ne pouvait refuser l'aménagement de ses horaires de travail que par un arrêté motivé, après consultation du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que le requérant ait présenté une telle demande, au sens des dispositions de l'article 40 ter de la loi du 11 janvier 1984. Par suite, il n'est pas fondé à exciper de l'illégalité d'un refus d'aménagement de ses horaires de travail à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision décomptant des jours de ses congés. Dans ces conditions, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation de la décision de refus d'aménagement et du vice de procédure dans son édiction, en l'absence de consultation du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail, doivent être écartés comme inopérants.
5. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision révélée par l'état de cumul en litige ainsi que de la décision par laquelle la préfète de la zone de défense et de sécurité Est a implicitement rejeté sa demande tendant à l'annulation de la procédure de retrait desdits jours. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme demandée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Copie en sera adressée à la préfète de la zone de défense et de sécurité Est.
Délibéré après l'audience du 23 mars 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Di Candia, président,
- Mme Cabecas, première conseillère,
- M. Bastian, conseiller.
Rendu public après mise à disposition au greffe, le 13 avril 2023.
La rapporteure,
L. BLe président,
O. Di Candia
La greffière,
L. BourgerLa République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2102349
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026