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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2102515

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2102515

lundi 27 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2102515
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique (Chambre 3)
Avocat requérantSELARL CALLON AVOCAT & CONSEIL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 31 août 2021, Mme C B conteste la décision du 6 juillet 2021 par laquelle la mutualité sociale agricole Marne Ardennes Meuse a rejeté sa demande de remise gracieuse d'une dette d'un montant initial de 4 623,04 euros correspondant à un trop-perçu d'allocation de logement familiale et d'aide au logement.

Elle soutient que :

- l'indu en litige résulte d'une erreur commise par la mutuelle sociale agricole Marne Ardennes Meuse ;

- sa situation financière ne lui permet pas de rembourser la somme qui lui est réclamée.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 décembre 2022, la mutualité sociale agricole Marne Ardennes Meuse conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Kohler, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La magistrate statuant seule a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. A la suite d'une régularisation de sa situation, ayant conduit à la suppression du taux d'abattement appliqué jusqu'alors sur ses ressources, la mutualité sociale agricole (MSA) Marne Ardennes Meuse a notifié à Mme B, par des décisions des 11 mars 2020 et 14 septembre 2020, deux indus d'un montant respectif de 878 euros et 3 644,26 euros, correspondant à des trop-perçus d'allocation de logement familiale et d'aide au logement. Mme B a formé un recours auprès de la commission de recours amiable demandant une remise gracieuse de ses dettes. Par une décision du 6 juillet 2021, la MSA Marne Ardenne Meuse a refusé de lui accorder cette remise. Par sa requête, Mme B doit être regardée comme demandant au tribunal, d'une part, d'annuler cette décision du 6 juillet 2021 et, d'autre part, de lui accorder la remise de sa dette.

2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement ainsi que les primes accordées aux bénéficiaires de ces aides afin qu'ils déménagent pour s'assurer des conditions de logement plus adaptées sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent : 1° L'aide personnalisée au logement ; 2° Les allocations de logement : / a) L'allocation de logement familiale ; / () ". Aux termes de l'article L. 823-9 du même code : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve des dispositions des quatrième à neuvième alinéas de l'article L. 133-4-1, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution (). / Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations ".

3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur ou sa bonne foi justifie que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.

4. En premier lieu, la circonstance que l'erreur à l'origine de l'indu dont le remboursement est réclamé à la requérante serait exclusivement imputable à la MSA Marne Ardennes Meuse est sans incidence sur le bien-fondé de cet indu et sur l'obligation de remboursement qui s'impose à l'intéressée. Par suite, en soutenant que la MSA Marne Ardennes Meuse a omis de supprimer l'abattement de 30 % appliqué sur ses ressources, Mme B ne remet pas utilement en cause le bien-fondé de cet indu.

5. En second lieu, Mme B soutient que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser sa dette. A l'appui de ses allégations, l'intéressée produit une estimation de ses ressources et de ses charges faisant apparaître des ressources mensuelles d'environ 1 700 euros pour des charges hors frais de nourriture d'environ 1 400 euros, sans toutefois produire aucun justificatif. Dans ces conditions, elle n'établit pas qu'elle serait dans une situation de précarité telle qu'elle serait dans l'impossibilité de faire face au remboursement de la somme qui lui est réclamée. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir qu'une remise partielle ou totale devrait lui être accordée. Il lui est par ailleurs possible, si elle le juge utile, de solliciter la mise en place d'un échéancier adapté à sa situation financière.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la mutualité sociale agricole Marne Ardennes Meuse.

Copie en sera adressée, pour information, au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé de la ville et du logement.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mars 2023.

La magistrate désignée,

J. A

Le greffier,

P. Lepage

La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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