lundi 28 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2102636 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique (Chambre 3) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 13 septembre, 7 octobre et 10 novembre 2021, M. A C conteste la décision du 9 août 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales des Vosges ne lui a accordé qu'une remise partielle de sa dette d'un montant initial de 2 285,85 euros correspondant à un trop perçu de prime d'activité au titre de la période allant du 1er octobre 2019 au 31 mars 2021.
Il soutient que :
- il est de bonne foi ;
- il ignorait que sa pension de réversion devait être déclarée ;
- il a déclaré à tort la prime exceptionnelle de pouvoir d'achat ;
- sa situation financière ne lui permet pas de rembourser la somme qui lui est réclamée.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 28 septembre et 3 novembre 2021, la caisse d'allocations familiales des Vosges conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Kohler, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate statuant seule a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C est bénéficiaire de la prime d'activité. A la suite d'un contrôle de situation, ayant conduit à la prise en compte des montants exacts de salaires et de sa pension de réversion, la caisse d'allocations familiales (CAF) des Vosges lui a notifié, par une décision du 9 juin 2021, un indu d'un montant de 2 285,85 euros correspondant à un trop-perçu de prime d'activité au titre de la période allant du 1er octobre 2019 au 31 mars 2021. M. C a formé un recours auprès de la commission de recours amiable demandant une remise gracieuse de sa dette. Par une décision du 9 août 2021, la CAF des Vosges lui a accordé une remise partielle d'un montant de 571,46 euros et a laissé à sa charge la somme de 1 714,39 euros. Par sa requête, M. C doit être regardé comme demandant au tribunal, d'une part, d'annuler cette décision du 9 août 2021, d'autre part, de faire droit à sa demande de remise gracieuse.
2. Aux termes de l'article L. 845-3 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur ou sa bonne foi justifie que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
4. Il résulte de l'instruction que l'indu litigieux provient d'une erreur de déclaration sur les salaires perçus par M. C au mois d'août et de décembre 2019, ainsi que de la prise en compte, pour l'appréciation de ses droits, des pensions de réversion qu'il a perçues à partir du mois de mai 2020. M. C, qui soutient avoir ignoré qu'il était dans l'obligation de déclarer cette pension de réversion au titre de ses revenus et qu'il a déclaré à tort une prime exceptionnelle de pouvoir d'achat, ne remet pas utilement en cause le bien-fondé de l'indu dont le remboursement lui est réclamé dès lors qu'il ne conteste pas que ses revenus, même corrigés, ne lui ouvraient pas droit à la prime d'activité qu'il a perçue. Par ailleurs, il soutient que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser le trop-perçu de prime d'activité qui lui est réclamé, dès lors qu'il élève seul son fils et qu'il est en situation d'endettement. Alors que sa bonne foi n'est pas remise en cause, il résulte toutefois des éléments produits en défense et non contredits par le requérant, qui n'apporte aucun justificatif de nature à établir la précarité de sa situation, que les charges de M. C ne sont pas telles qu'il serait dans l'impossibilité de faire face au remboursement de la somme de 1 565,06 euros restant à sa charge compte tenu des remboursements déjà intervenus. Il peut en outre solliciter, s'il le juge utile, la mise en place d'un échéancier adapté à sa situation financière. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir qu'une remise supplémentaire devrait lui être accordée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées.
Copie en sera adressée, pour information, à la caisse d'allocations familiales des Vosges.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2022.
La magistrate désignée,
J. B
La greffière,
L. Bourger
La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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