jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2103236 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | LUISIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 5 novembre 2021 et 28 juillet 2022, ainsi que par un mémoire enregistré le 5 janvier 2024 et non communiqué, M. A B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 3 septembre 2021 par lequel le maire de Nancy a suspendu son autorisation d'occupation du domaine public pour une durée de six mois.
Il soutient que :
- un placier du marché du Plateau de Haye privilégie certains commerçants et les installe à son gré et commet des abus de pouvoir, certaines normes d'hygiènes ne sont pas respectées ;
- les faits qui lui sont reprochés, notamment le non-respect de la distanciation entre les commerçants et son comportement agressif, ne sont pas avérés.
Par deux mémoires enregistrés les 29 juin 2022 et 11 octobre 2023, la commune de Nancy, représentée par Me Luisin, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Samson-Dye,
- les conclusions de Mme Cabecas, rapporteure publique,
- et les observations de Me Luisin, pour la commune de Nancy.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 3 septembre 2021, le maire de la commune de Nancy a suspendu l'autorisation d'occupation du domaine public de M. B pour une durée de 6 mois, du 26 septembre 2021 au 27 mars 2022. M. B doit être regardé comme demandant l'annulation de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : / () / 3° Le maintien du bon ordre dans les endroits où il se fait de grands rassemblements d'hommes, tels que les foires, marchés, réjouissances et cérémonies publiques, spectacles, jeux, cafés, églises et autres lieux publics ; () ". Aux termes de l'article L. 2224-18 du même code : " () Le régime des droits de place et de stationnement sur les halles et les marchés est défini conformément aux dispositions d'un cahier des charges ou d'un règlement établi par l'autorité municipale après consultation des organisations professionnelles intéressées ". Aux termes de l'article 25 du règlement des marchés de détail couverts et de plein air de Nancy, adopté par arrêté du 24 avril 2018 du maire de Nancy : " Toute infraction ou tentative d'infraction au présent règlement, dûment constatée par procès-verbal, entrainera, selon la gravité des faits constatés : () / 2ème groupe de sanction : suspension de l'autorisation de plus d'1 mois à 6 mois après avis de la commission des marchés / () ".
3. L'arrêté contesté impose à M. B six mois de suspension, au motif, d'une part, qu'il n'a pas respecté les délimitations de son emplacement par des débordements latéraux, le 6 septembre 2020, qu'il a tenu ce même jour des propos inappropriés sur un ton agressif et menaçant à l'encontre de placiers, qu'il a proféré des insultes et des fausses accusations d'atteinte à son intégrité physique et qu'il les a filmés. Cet arrêté est motivé, d'autre part, par la circonstance que l'intéressé a déposé des palettes hors de son emplacement et qu'il a proféré des insultes à l'encontre du placier, le 25 octobre 2020.
4. En premier lieu, M. B se prévaut du fait que l'un des placiers du marché du Plateau de Haye privilégie certains commerçants pour les installer selon son bon-vouloir, sans que les documents et vidéos qu'il a produits permettent d'en apprécier la véracité. Ses accusations relatives à l'existence d'actes de violence ou d'intimidation dont il aurait été victime, ou au fait que le placier aurait eu à son égard un comportement discriminatoire, en vue de le faire exclure du marché, ne sont pas plus établies. Dès lors, le moyen tiré de ce qu'un ou plusieurs placiers auraient eu un comportement répréhensible, à son égard ou à celui d'autres commerçants, manque en fait.
5. En second lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment des rapports circonstanciés de plusieurs placiers, que, le 6 septembre 2020, durant la crise sanitaire liée au Covid-19, M. B n'a pas respecté la distanciation entre les commerçants en laissant déborder son étal. Il ressort de ces rapports que lorsque les placiers lui ont demandé de respecter la distanciation en vigueur, M. B s'est montré agressif et menaçant avec ces derniers, les filmant également contre leur gré avec son téléphone. Il ressort également du rapport rédigé par un placier du marché du Plateau de Haye, que le 25 octobre 2020, M. B n'a pas respecté la distanciation entre commerçants et s'est de nouveau montré véhément à l'égard des placiers. Si M. B conteste la matérialité des faits, les documents qu'il produit ne permettent pas de douter de la véracité des différents rapports. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait s'agissant de la matérialité des faits reprochés doit être écarté.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête tendant à l'annulation de l'arrêté du 3 septembre 2021 par lequel le maire de Nancy a suspendu l'autorisation d'occupation du domaine public de M. B pour une durée de 6 mois doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B et à la commune de Nancy.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Samson-Dye, présidente,
- M. Bastian, conseiller,
- Mme Philis, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 5 décembre 2024.
La présidente-rapporteure,
A. Samson-DyeL'assesseur le plus ancien,
P. Bastian
Le greffier,
P. Lepage
La République mande et ordonne à la préfète de la Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026