jeudi 7 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2103504 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | SELARL LEONEM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 novembre 2021, M. A B, représenté par Me Maetz, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 juillet 2021 par lequel le centre ministériel de gestion de Metz du ministère des armées lui a infligé une sanction d'exclusion temporaire de fonctions de huit jours assortie d'un sursis de quatre jours, ensemble la décision du 23 septembre 2021 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à l'Etat de reconstituer sa carrière, de lui verser les sommes retenues sur son traitement en raison de cette sanction et de procéder au retrait de celle-ci de son dossier individuel dans le délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la sanction contestée a été prise à la suite d'une procédure irrégulière, en méconnaissance tant de l'article 9 du décret du 25 octobre 1984, compte tenu du caractère tardif de la réunion du conseil de discipline le 1er juillet 2021, que de l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983, faute de motivation de l'avis du conseil de discipline ;
- la sanction prise à son encontre est insuffisamment motivée en fait et en droit, en méconnaissance de l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983 ;
- les faits qui lui sont reprochés ne sont pas matériellement établis ;
- subsidiairement, les faits reprochés, à les supposer établis, ne sont pas de nature à justifier une sanction disciplinaire ;
- à titre subsidiaire, la sanction d'exclusion temporaire de fonctions de huit jours est disproportionnée par rapport aux fait reprochés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 octobre 2023, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83- 634 du 11 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Agnès Bourjol,
- les conclusions de M. Pierre Bastian, rapporteur public,
- et les observations de M. et Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, adjoint administratif principal de 2ème classe au sein des services du ministère des armées, affecté au centre expert ressources humaines solde de Nancy, s'est vu infliger une sanction d'exclusion temporaire de fonctions de huit jours assortie d'un sursis de quatre jours par un arrêté du 6 juillet 2021 de la directrice du centre ministériel de gestion de Metz. Par une décision du 23 septembre 2021, celle-ci a rejeté le recours gracieux formé par l'intéressé le 3 septembre 2021. Par la présente requête, M. B demande au tribunal l'annulation de cet arrêté du 6 juillet 2021, ensemble le rejet de son recours gracieux.
Sur les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté contesté :
2. Aux termes des dispositions de l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Le pouvoir disciplinaire appartient à l'autorité investie du pouvoir de nomination () / Aucune sanction disciplinaire autre que celles classées dans le premier groupe par les dispositions statutaires relatives aux fonctions publiques de l'Etat, territoriale et hospitalière ne peut être prononcée sans consultation préalable d'un organisme siégeant en conseil de discipline dans lequel le personnel est représenté. / L'avis de cet organisme de même que la décision prononçant une sanction disciplinaire doivent être motivés ".
3. Par cette disposition, le législateur a entendu imposer à l'autorité qui prononce une sanction disciplinaire l'obligation de préciser elle-même, dans sa décision, les griefs qu'elle entend retenir à l'encontre du fonctionnaire intéressé, de sorte que ce dernier puisse, à la seule lecture de la décision qui lui est notifiée, connaître les motifs de la sanction qui le frappe. La volonté du législateur n'est pas respectée lorsque la décision prononçant la sanction ne comporte en elle-même aucun motif précis et se borne à viser un document dont le texte n'est ni incorporé, ni joint à la décision.
4. En l'espèce, pour prononcer l'exclusion temporaire de fonctions d'une durée de huit jours dont quatre jours avec sursis infligée à M. B, l'administration, qui se borne à viser l'avis du conseil de discipline, a estimé que " le comportement de l'intéressé était inapproprié, répété, augmentation de la violence verbale qui ont provoqué un sentiment de menace physique, verbale et de harcèlement répété ", sans expliciter la nature des faits l'ayant motivée, et sans préciser les dates et les circonstances des manquement allégués. L'administration n'a ainsi pas suffisamment motivé la sanction litigieuse, dont les seules mentions ne permettaient pas à M. B de connaître les griefs retenus contre lui. La seule référence à l'avis du conseil de discipline du 1er juillet 2021, dont le délibéré n'a pas permis de dégager une majorité en faveur d'une sanction disciplinaire, ne saurait suffire à constituer la motivation exigée par la loi, nonobstant la circonstance, au demeurant non établie, que l'intéressé ne pouvait ignorer les faits qui lui étaient reprochés avant le prononcé de la sanction.
5. En tout état de cause, l'administration ne justifie pas de la matérialité des griefs reprochés à M. B.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 6 juillet 2021 lui infligeant une sanction d'exclusion temporaire de fonctions de huit jours, dont quatre avec sursis, ensemble la décision du 23 septembre 2021 rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
7. Le présent jugement, qui annule l'arrêté du 6 juillet 2021 par lequel la directrice du centre ministériel de gestion de Metz a infligé à M. B la sanction disciplinaire d'exclusion temporaire de fonctions, a pour effet de la faire disparaître de l'ordonnancement juridique. Les conclusions présentées par M. B tendant à ce qu'il soit enjoint à l'administration de la retirer, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ne peuvent donc qu'être rejetées.
8. D'autre part, il résulte de ce qui précède que le présent jugement, qui prononce l'annulation de la sanction infligée à M. B, implique, pour son exécution, qu'il soit enjoint au ministre des armées de procéder, rétroactivement, à la reconstitution de la carrière et des droits sociaux dont M. B aurait bénéficié s'il n'avait pas été illégalement sanctionné à compter de la date de notification de l'arrêté du 6 juillet 2021, et d'effacer du dossier de M. B toute mention de la sanction illégale en cause dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
9. En revanche, en l'absence de service un agent public irrégulièrement évincé a droit, non pas au versement du traitement dont il a été privé, mais à la réparation du préjudice qu'il a effectivement subi du fait de la mesure illégalement prise à son encontre. Toutefois, en l'absence de toute demande indemnitaire en ce sens, le présent jugement n'implique en tout état de cause pas que le ministre des armées verse à M. B une somme quelconque à ce titre. Par suite, ses conclusions à fin d'injonction tendant au versement de sa rémunération doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le paiement de la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 6 juillet 2021 par lequel la directrice du centre ministériel de gestion de Metz lui a infligé une sanction d'exclusion temporaire de fonctions de huit jours assortie d'un sursis de quatre jours, ensemble le rejet de son recours gracieux, sont annulés.
Article 2 : Il est enjoint au ministre des armées de réintégrer juridiquement M. B dans ses fonctions pour la période durant laquelle il a été exclu de celles-ci avec toutes les conséquences de droit et d'effacer du dossier de M. B toute mention de la sanction en cause, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre des armées.
Copie en sera adressée à la directrice du centre ministériel de gestion de Metz.
Délibéré après l'audience publique du 16 novembre 2023 à laquelle siégeaient :
M. Di Candia président,
Mme Bourjol, première conseillère,
Mme Philis, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 décembre 2023.
La rapporteure,
A. BourjolLe président,
O. Di Candia
Le greffier,
P. Lepage
La République mande et ordonne au ministre des armées en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2103504
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026