jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2103762 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | LE BORGNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, et des mémoires, enregistrés les 20 décembre 2021, 5 avril 2022 et 28 mars 2023, la société anonyme à responsabilité limitée unipersonnelle Guide Auto Moto, représentée par Me Le Borgne, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 août 2021 par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a résilié la convention d'habilitation individuelle à télétransmettre dans le système d'immatriculation des véhicules, ensemble la décision du 20 octobre 2021 rejetant son recours gracieux formé contre cette décision ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- les décisions contestées ont été signées par une autorité incompétente, faute de délégation de signature régulière ;
- elles ont été prises à l'issue d'une procédure méconnaissant la procédure de concertation prévue à l'article X de la convention d'habilitation ;
- la suspension de la convention d'habilitation avant l'expiration d'un délai de deux mois méconnaît l'article X de la convention d'habilitation ;
- l'administration n'apporte pas la preuve, qui lui incombe, des fraudes qu'elle lui impute en ce qui concerne les griefs tenant aux fausses attestations d'identification nationale, aux dossiers identifiés avec de faux procès-verbaux de contrôles techniques, aux dossiers identifiés avec un faux certificat d'immatriculation et des dossiers présentés avec de faux certificats de conformité européen ;
- elle et son gérant ont été relaxés par le tribunal correctionnel de Nancy des faits d'altération frauduleuse de la vérité dans un écrit et d'usage de faux en écriture à propos des griefs tenant aux faux certificats de conformité, de sorte que le préfet ne peut lui opposer la fraude sur ce point ;
- dès lors que la réglementation ne lui impose pas de communiquer un certificat de conformité, aucun manquement ne peut lui être reproché à ce titre ;
- la mesure de résiliation de la convention d'habilitation individuelle est disproportionnée.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 février 2023, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société Guide Auto Moto ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2007-240 du 22 février 2007 ;
- l'arrêté du 9 février 2009 relatif aux modalités d'immatriculation des véhicules ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Agnès Bourjol,
- les conclusions de Mme Laëtitia Cabecas, rapporteure publique,
- et les observations de Me Le Borgne, représentant la société Guide Auto Moto.
Considérant ce qui suit :
1. La société Guide Auto Moto, qui exerce l'activité de négoce et de location de véhicules, a, par une convention conclue le 16 décembre 2013, été habilitée, en qualité de professionnel du commerce de l'automobile, sous le numéro 105944, à utiliser le logiciel " système d'immatriculation des véhicules " (SIV) pour l'enregistrement de certaines opérations de déclaration d'achat et de cession de véhicules. Par une décision du 20 août 2021, le préfet de Meurthe-et-Moselle, dans le cadre du suivi et du contrôle de ce type d'activité, a résilié cette convention d'habilitation. Par une décision du 20 octobre 2021, la même autorité a rejeté le recours gracieux formé par la société Guide Auto Moto le 31 août 2021. Par la présente requête, la société Guide Auto Moto demande au tribunal d'annuler ces décisions.
Sur les conclusions en annulation :
2. En premier lieu, les décisions des 20 août 2021 et 21 octobre 2021 sont signées par M. Julien Le Goff, secrétaire général, auquel le préfet de Meurthe-et-Moselle, par un arrêté du 22 juin 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le 24 juin 2021, a délégué sa signature aux fins de signer tous les arrêtés, décisions, requêtes, circulaires, rapports, documents et correspondances relevant des attributions de l'État dans le département de Meurthe-et-Moselle, à l'exception des arrêtés de conflit. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 322-1 du code de la route : " I. - Tout propriétaire d'un véhicule à moteur, d'une remorque dont le poids total autorisé en charge est supérieur à 500 kilogrammes ou d'une semi-remorque et qui souhaite le mettre en circulation pour la première fois doit faire une demande de certificat d'immatriculation en justifiant de son identité (). Cette demande de certificat d'immatriculation est adressée au ministre de l'intérieur par le propriétaire, soit directement par voie électronique, soit par l'intermédiaire d'un professionnel de l'automobile habilité par le ministre de l'intérieur () ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 9 février 2009 relatif aux modalités d'immatriculation des véhicules : " () Les demandes d'immatriculation d'un véhicule neuf ou d'occasion sont adressées au ministre de l'intérieur soit par voie électronique, soit par l'intermédiaire d'un professionnel de l'automobile habilité par le ministre de l'intérieur () ". Aux termes de l'article 8 du même arrêté : " II- La demande d'immatriculation provisoire est effectuée, dans les conditions fixées à l'article 1er du présent arrêté ". Aux termes de l'article 12 de cet arrêté : " Les formalités à accomplir pour obtenir l'immatriculation d'un véhicule précédemment immatriculé sont définies à l'article 1er () ". Aux termes de l'article IV de la convention d'habilitation individuelle du 16 décembre 2013 conclu entre la société Guide Auto Moto et le préfet de Meurthe-et-Moselle : " Le professionnel habilité s'engage à : () -Transmettre au SIV les données nécessaires aux opérations d'immatriculation des véhicules dans le respect de la règlementation () ". L'article X de cette convention stipule à son 1), intitulé " suspension et résiliation à l'initiative du préfet " : " En cas de manquements répétés aux obligations à la présente convention du professionnel habilité, le préfet territorialement compétent organise une procédure de concertation pour mettre un terme à ces manquements. En cas d'échec avéré de cette concertation, le préfet peut suspendre ou, moyennant le respect d'un préavis de 2 mois, notifier par lettre recommandée avec accusé de réception la résiliation de la présente convention () ".
4. La société requérante soutient que la résiliation de la convention d'habilitation individuelle du 16 décembre 2013 a été prononcée en méconnaissance des stipulations de son article X, en l'absence de tout manquement grave et répété à ses obligations contractuelles et de mise en œuvre et de constat d'échec avéré de la procédure de concertation.
5. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le préfet s'est fondé sur la détection par les services de contrôle et de lutte contre les fraudes aux immatriculations de dix-neuf anomalies sur la période allant de septembre 2020 à mars 2021 pour prendre les décisions litigieuses. D'autre part, le préfet de Meurthe-et-Moselle a, par un courrier du 6 juillet 2021, informé la société requérante que celle-ci disposait d'un délai de quinze jours pour formuler des observations avant résiliation définitive de la convention. Le préfet produit, à l'appui de son mémoire en défense, un courrier émanant de la société requérante, reçu le 13 juillet 2021, par lequel cette dernière conteste les motifs de la résiliation envisagée. Par suite, elle doit être regardée comme ayant fait échec à la concertation ainsi engagée par le préfet, la circonstance alléguée selon laquelle elle était de bonne foi étant sans incidence sur la régularité de la procédure de résiliation prévue par l'article X précité de la convention d'habilitation. Dans ces conditions, le moyen tiré du vice de procédure lié à la méconnaissance de l'article X de la convention d'habilitation ne peut qu'être écarté.
6. En troisième lieu, il ressort des termes mêmes de la décision du 20 août 2021 que la résiliation de la convention d'habilitation ne devait prendre effet qu'à l'issue d'une période de deux mois durant laquelle l'accès au logiciel SIV resterait opérationnel, ce qui n'est pas contesté par la société requérante. Il ressort également des pièces du dossier que l'habilitation n'a été effectivement retirée à la société requérante que le 25 octobre 2021. Par suite, le préfet n'a pas fait une inexacte application des stipulations de l'article X de la convention d'habilitation individuelle conclue avec la société Guide Auto Moto en conférant une portée différée dans le temps à la résiliation de celle-ci.
7. En quatrième lieu, pour résilier la convention d'habilitation individuelle conclue avec la société Guide Auto Moto, le préfet de Meurthe-et-Moselle s'est fondé sur le relevé par les services de contrôle et de lutte contre les fraudes aux immatriculations d'un certain nombre d'opérations, sur une période allant de septembre 2020 à mars 2021, sur la base duquel les services préfectoraux ont estimé que la société requérante présentait des dossiers frauduleux ou se livrait à des déclarations mensongères, ne respectant pas, ainsi, son obligation de présenter des dossiers conformes à la réglementation.
S'agissant des griefs tenant à l'établissement de fausses attestations d'identification nationales :
8. Le préfet a relevé que la société requérante avait fourni, à l'appui de plusieurs demandes d'immatriculation, des attestations d'identification ne présentant pas les garanties d'authenticité requises, soit parce qu'elle n'avait pas présenté l'attestation d'identification des véhicules authentifiée par le constructeur lui-même, soit parce qu'elle avait présenté à plusieurs reprises la même attestation d'authentification pour l'immatriculation de véhicules distincts, permettant ainsi l'immatriculation provisoire de véhicules sans disposer des pièces et données essentielles et, pour certaines, avant la cession au titulaire. En particulier, le préfet a relevé que la société Guide Auto Moto avait, le 20 janvier 2021, sollicité l'immatriculation d'un véhicule de marque Fiat importé en joignant une attestation d'identification du constructeur pour véhicules importés datée du 27 février 2019 se révélant être un faux, ainsi que l'atteste le constructeur. Il ressort des pièces du dossier que la même attestation d'identification a été produite par la société requérante dans le cadre de la téléprocédure n°23745339 du 20 janvier 2021, pour l'immatriculation d'un autre véhicule importé pour le compte d'un autre client. Il est également reproché à la société Guide Auto Moto d'avoir eu recours au même procédé dans le cadre de la téléprocédure n°24788810 du 8 mars 2021, en vue de l'immatriculation d'un véhicule de marque Peugeot, et de la téléprocédure n° 25078926 du 8 mars 2021, en vue de l'immatriculation d'un autre véhicule de marque Peugeot Expert, la société Guide Auto Moto ayant présenté une attestation d'identification datée du 28 janvier 2020 émanant du constructeur Citroën qualifiée de faux par le service homologation du 8 avril 2021. Si la société requérante se prévaut de l'allongement des délais de délivrance des attestations d'authentification par les constructeurs automobiles en raison de la période de confinement liée à la pandémie de Covid 19 pour justifier le recours à des attestations commandées sur un site internet autre que celui du constructeur, lesquelles avaient selon elle toute l'apparence de la légalité, elle ne conteste cependant pas avoir procédé à l'immatriculation provisoire de véhicules sans disposer des pièces et données essentielles, et, pour l'un d'entre eux, l'avoir fait avant sa cession du véhicule au titulaire. Par ailleurs, la société Guide Auto Moto ne pouvait ignorer, en sa qualité de professionnelle, le caractère douteux des documents ainsi transmis. Dans ces conditions, elle doit être regardée comme ayant produit des documents non conformes aux données exigées par l'arrêté ministériel du 9 février 2009, et avoir ainsi commis des manquements répétés, au sens de l'article X de la convention, justifiant une suspension ou une résiliation.
S'agissant du grief tenant à l'établissement de faux procès-verbaux de contrôles techniques :
9. La société requérante fait valoir, sans être contredite sur ce point, que la différence de date figurant sur le procès-verbal de contrôle technique fourni à l'appui de sa demande d'immatriculation d'un véhicule d'occasion de marque Peugeot, acquis par elle le 18 juin 2020, et cédé le 8 juillet suivant, constitue une erreur et est imputable au centre de contrôle technique.
10. Toutefois, il ressort également des pièces du dossier que dans le cadre des demandes d'immatriculation présentées sous les n°24463990 et 24894673 des 22 février et 12 mars 2021, la société Guide Auto Moto a, dans un premier temps, fourni un procès-verbal de contrôle technique daté du 14 janvier 2021, non répertorié au registre national des centres et des contrôleurs, puis, dans un second temps, un autre procès-verbal de contrôle technique daté du 21 décembre 2020, répertorié au registre national des centres et des contrôleurs, concernant un autre véhicule. Par ailleurs, il ressort également des pièces du dossier que la société Guide Auto Moto a demandé l'immatriculation d'un véhicule d'occasion de la marque Mercedes-Benz importé d'Allemagne. Le centre d'expertise et de ressources des titres (CERT) du Doubs a alerté le préfet de ce que le procès-verbal de contrôle technique daté du 12 août 2020 pour ce véhicule, acquis par la société requérante le 26 août 2014, n'était pas répertorié sur la base de données du registre national des centres et des contrôles techniques et de ce que la consultation de celle-ci avait révélé, au contraire, que ce véhicule avait fait l'objet d'un contrôle technique le 12 décembre 2018 valable jusqu'au 18 novembre 2019. Dans ces conditions, il y a lieu de considérer comme établis les éléments retenus par l'administration selon lesquels la société requérante aurait établi un procès-verbal de contrôle technique indiquant une date ultérieure dans le but de réduire ses coûts et de ne pas procéder à un nouveau contrôle technique. En se bornant à contester le caractère intentionnel de ses transmissions, la société requérante n'apporte aucun élément sérieux de nature à fournir une autre explication à ces agissements. Dès lors, il y a lieu de considérer comme établis les éléments selon lesquels elle est l'auteur de falsification de procès-verbaux de contrôles techniques.
S'agissant du grief tenant à l'existence de dossiers identifiés avec de faux certificats d'immatriculation :
11. Il ressort des pièces du dossier que la société Guide Auto Moto a produit à l'appui de sa demande de changement de titulaire d'un véhicule de marque Opel importé d'Allemagne, du 23 septembre 2020, enregistrée par téléprocédure n°24527212, un certificat d'immatriculation allemand présentant, selon les conclusions du CERT du Doubs, plusieurs anomalies tenant notamment au fait qu'il ne correspondait pas au véhicule objet de la cession. En se bornant à soutenir qu'il s'agissait d'une erreur de transmission imputable aux services allemands, sans jamais l'établir, la société requérante ne conteste pas sérieusement avoir transmis des données sans effectuer les vérifications préalables requises.
S'agissant du grief tenant à l'existence de dossiers identifiés avec de faux certificats de conformité européens :
12. L'autorité de la chose jugée ne s'étend exceptionnellement à la qualification juridique donnée aux faits par le juge pénal que lorsque la légalité d'une décision administrative est subordonnée à la condition que les faits qui servent de fondement à cette décision constituent une infraction pénale.
13. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que pour plusieurs demandes d'immatriculation de véhicules importés d'Allemagne, la société Guide Auto Moto, compte tenu de l'allongement des délais de délivrance des certificats de conformité européens par les constructeurs automobiles durant la période de confinement liée au Covid 19, a fait le choix de fournir des certificats de conformité européens ne provenant plus des constructeurs automobiles, ceux-ci provenant d'un site interne.
14. Si, par un jugement du 1er juillet 2022, le tribunal correctionnel de Nancy a relaxé la société Guide Auto Moto, ainsi que son gérant, des faits de faux et usage de faux certificats de conformité européens, au motif que l'élément intentionnel n'était pas établi, cette circonstance ne fait pas obstacle à ce que les mêmes éléments puissent être pris en compte par l'administration pour estimer que la société, s'écartant de ses pratiques habituelles, accepte le risque de produire des éléments dont la fiabilité n'était plus vérifiable, ce qui est constitutif d'un manquement sérieux aux obligations du professionnel de l'automobile au sens de l'article X de la convention. Dans ces conditions, la relaxe prononcée par le juge pénal est sans incidence sur le bien-fondé de la résiliation attaquée. Dès lors, la société requérante n'est pas fondée à se prévaloir du jugement de relaxe du tribunal judiciaire de Nancy du 1er juillet 2022.
En ce qui concerne le moyen tiré de la disproportion de la sanction :
15. Eu égard à la proportion des manquements relevés par rapport au nombre total de dossiers traités et au fait que la société Guide Auto Moto, en sa qualité de professionnelle de l'automobile depuis une dizaine d'années, ne pouvait ignorer les risques auxquels elle s'exposait en ne respectant pas la réglementation applicable aux cessions de véhicules à l'importation , ainsi qu'au caractère grave de ces manquements et des répercussions que peuvent avoir ces manquements sur la confiance des services de l'Etat, la société Guide Auto Moto n'est pas fondée à soutenir que la mesure de résiliation de la convention d'habilitation individuelle est disproportionnée.
16. Il résulte de tout ce qui précède les conclusions à fin d'annulation présentées par la société Guide Auto Moto doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
17. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que la société Guide Auto Moto demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Guide Auto Moto est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Guide Auto Moto et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Copie en sera adressée pour information à la préfète de Meurthe-et-Moselle.
Délibéré après l'audience publique du 30 mai 2024 à laquelle siégeaient :
M. Di Candia président,
Mme Bourjol, première conseillère,
M. Bastian, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.
La rapporteure,
A. BourjolLe président,
O. Di Candia
Le greffier,
P. Lepage
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026