jeudi 19 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2103802 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 décembre 2021, M. B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle la directrice interrégionale de la protection judiciaire de la jeunesse Grand-Est a implicitement refusé de lui verser une nouvelle bonification indiciaire à compter du 1er septembre 2017 ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser cette prime pour la période concernée.
Il soutient qu'il peut prétendre au versement d'une nouvelle bonification indiciaire, conformément au décret n° 2001-1061 du 14 novembre 2001, dès lors qu'à compter du 1er septembre 2017, il a été affecté à l'unité éducative d'hébergement diversifié renforcée de Mulhouse, située dans un quartier prioritaire de la politique de la ville et incluse dans un conseil local de sécurité et que le public accueilli au sein de cette unité est issu, pour une large majorité, d'un quartier prioritaire de la politique de la ville.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 septembre 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au non-lieu à statuer sur la période du 1er septembre 2017 au 31 août 2018 et au rejet du surplus de la requête.
Il fait valoir que :
- Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. B tendant à l'attribution de la nouvelle bonification indiciaire au titre de la période du 1er septembre 2017 au 31 août 2018 ;
- les moyens du surplus de la requête ne sont pas fondés.
Par lettre du 14 septembre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité de la requête en raison de sa tardiveté.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-73 du 18 janvier 1991 ;
- le décret n° 93-522 du 26 mars 1993 ;
- le décret n° 2001-1061 du 14 novembre 2001 ;
- l'arrêté du 14 novembre 2001 fixant les conditions d'attribution de la nouvelle bonification indiciaire au titre de la mise en œuvre de la politique de la ville dans les services du ministère de la justice ;
- le code de procédure civile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Philis,
- les conclusions de M. Bastian, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, éducateur de la protection judiciaire de la jeunesse, a été affecté en qualité de stagiaire, le 1er septembre 2016, puis en qualité de titulaire, le 1er septembre 2017, à l'unité éducative d'hébergement diversifié (UEHD) dite renforcée de Mulhouse. Depuis le 1er septembre 2018, M. B est affecté à l'unité éducative d'hébergement collectif de Laxou. Par un courrier du 24 février 2021, il a demandé le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire (NBI) au titre de la mise en œuvre de la politique de la ville dans les services du ministère de la justice pour la période au cours de laquelle il exerçait des fonctions d'éducateur à l'UEHD renforcée de Mulhouse à compter du 1er septembre 2017. M. B doit être regardé comme demandant, d'une part, l'annulation de la décision par laquelle la directrice interrégionale de la protection judiciaire de la jeunesse Grand-Est a implicitement refusé de faire droit à sa demande, d'autre part comme présentant des conclusions à fin d'injonction tendant à ce que l'Etat lui verse les sommes dues au titre de cette prime.
Sur le non-lieu à statuer :
2. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 13 septembre 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice, a attribué au requérant une nouvelle bonification indiciaire de 20 points à compter du 1er janvier 2017 pour ses fonctions d'éducateur à l'UEHD renforcée de Mulhouse au titre de la mise en œuvre de la politique de la ville. Par suite, et dès lors que la demande de M. B ne concernait que la période au cours de laquelle il exerçait ses fonctions à Mulhouse, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction qu'il a présentées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision implicite lui refusant le bénéfice de la nouvelle bonification indiciaire à compter du 1er septembre 2017, ni sur les conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au garde des sceaux, ministre de la justice, de lui verser les sommes dues à compter de cette date.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience publique du 28 septembre 2023 à laquelle siégeaient :
M. Di Candia, président,
Mme Bourjol, première conseillère,
Mme Philis, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2023.
La rapporteure,
L. Philis
Le président,
O. Di Candia
Le greffier,
P. Lepage
La République mande et ordonne au garde des Sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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