LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2200024

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2200024

jeudi 22 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2200024
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationChambre 2
Avocat requérantJEANNOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 janvier 2022, M. F G, représentée par Me Jeannot, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 9 avril 2021 du préfet de Meurthe-et-Moselle portant refus de séjour en France, la décision implicite portant refus d'abrogation de l'interdiction de retour sur le territoire français du 11 juillet 2019, née de l'absence de réponse à sa demande du 16 septembre 2020, ensemble la décision du 8 novembre 2021, rejetant son recours gracieux contre ces deux décisions ;

2°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la décision à intervenir, et de lui délivrer immédiatement un récépissé de titre de séjour avec autorisation de travailler ;

3°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de retirer le signalement aux fins de non admission dans le système Schengen dont il fait l'objet ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- l'auteur des actes n'est pas compétent ;

Sur le refus de séjour :

- la décision a été prise en violation des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; le préfet s'en est tenu à sa situation connue au 11 juillet 2019 ; le préfet s'est estimé en compétence liée et n'a pas procédé au réexamen de sa situation ;

- la décision est entachée d'une erreur de fait, il n'a pas tenté de mariage frauduleux et l'autorité de la chose jugée s'impose au préfet ;

- il est marié avec sa compagne avec laquelle il entretient une relation affective depuis 2017, la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision est contraire à l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Sur le refus d'abrogation de l'interdiction de retour sur le territoire français :

- elle n'est pas motivée en droit et en fait et le préfet n'a pas procédé à un examen complet de sa situation ;

- le préfet s'en est tenu à sa situation connue au 11 juillet 2019 ; le préfet s'est estimé en compétence liée et n'a pas procédé au réexamen de sa situation ;

- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et est contraire à l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 juillet 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

M. G a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 22 octobre 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D,

- et les observations de Me Jeannot, avocate de M. G, qui reprend les éléments de la requête.

Considérant ce qui suit :

1. M. G, ressortissant algérien né en 1992, a déclaré être entré en France de manière irrégulière le 3 octobre 2014. Le 11 juillet 2019, le préfet de Meurthe-et-Moselle a prononcé à son encontre une mesure d'éloignement après que les services de la mairie d'Essey-les-Nancy ont saisi le procureur de la République pour suspicion de mariage frauduleux avec une ressortissante française. Le procureur de la République a notifié une opposition à mariage le 5 août 2019. Toutefois, le 10 juillet 2020, le tribunal judiciaire a annulé cette mesure et M. G a épousé Mme E, de nationalité française, le 12 septembre 2020. Le 16 septembre 2020, l'intéressé a sollicité auprès du préfet de Meurthe-et-Moselle, d'une part, la délivrance d'un certificat de résidence algérien en sa qualité de conjoint de français et, d'autre part, l'abrogation de l'interdiction de retour sur le territoire français prononcée le 11 juillet 2020. Par la décision attaquée du 9 avril 2021, le préfet a refusé le séjour en France de M. G, tandis que l'absence de réponse du préfet au courrier de l'intéressé tendant à obtenir l'abrogation de l'interdiction de retour sur le territoire français a fait naître une décision implicite de rejet dont le requérant demande également l'annulation. Le recours gracieux de l'intéressé contre ces deux décisions a fait l'objet, le 8 novembre 2021, d'une décision de rejet dont M. G demande également l'annulation.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des actes :

2. D'une part, par un arrêté du 24 février 2021, publié au recueil des actes administratifs de Meurthe-et-Moselle le 26 février suivant, le préfet de Meurthe-et-Moselle a donné délégation à M. C A, sous-préfet de Lunéville, à l'effet de signer en cas d'absence ou d'empêchement de M. Frédéric Carré, secrétaire général par intérim de la préfecture, pour signer tous actes entrant dans les attributions de l'Etat, à l'exception des arrêtés de conflit. Par suite, M. A, signataire de l'acte contesté du 9 avril 2021, était autorisé à signer la décision en litige. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision du 9 avril 2021 doit donc être écarté.

3. D'autre part, par un arrêté du 8 septembre 2021, publié au recueil des actes administratifs de Meurthe-et-Moselle le lendemain, le préfet de Meurthe-et-Moselle a donné délégation à M. Julien Le Goff, secrétaire général, à l'effet de signer, notamment les décisions en matière de séjour et d'éloignement des étrangers. Par suite, M. B, signataire de l'acte contesté du 8 novembre 2021, était autorisé à signer la décision en litige. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision du 8 novembre 2021 doit donc être écarté.

4. Enfin, la décision implicite de rejet en litige étant réputée avoir été prise par l'autorité compétente pour se prononcer sur la demande de M. G tendant à l'abrogation de l'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de 28 mois prononcée le 11 juillet 2020, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de cet acte doit également être écarté.

En ce qui concerne les autres moyens :

S'agissant du refus de séjour :

5. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, en particulier du courrier de M. G du 16 septembre 2020 adressé au préfet de Meurthe-et-Moselle, que l'intéressé n'a pas demandé son admission au séjour pour motifs exceptionnels ou humanitaires. Le préfet qui n'y était pas tenu, n'a pas examiné la demande de l'intéressé sur ce fondement. Par suite, les moyens tirés, de ce que le préfet n'aurait pas procédé à l'examen de la situation de M. G sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de ce que le refus de séjour opposé à l'intéressé serait contraire à ces dispositions et de ce que le refus de séjour serait entaché d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de ces dispositions doivent être écartés.

6. En deuxième lieu, l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 régit d'une manière complète les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France et y exercer une activité professionnelle, ainsi que les règles concernant la nature et la durée de validité des titres de séjour. Par suite, M. G ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, relatif à la délivrance d'un titre de séjour pour motif familial, à l'encontre d'un refus de délivrance d'un certificat de résidence d'algérien en qualité de conjoint d'une ressortissante française.

7. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

8. M. G fait valoir son mariage avec une ressortissante française le 12 septembre 2020 et ses possibilités d'insertion. Toutefois, à la date de la décision de refus de séjour, le mariage de l'intéressé avait moins de 7 mois et il n'est pas établi, sur la base des seules attestations peu circonstanciées produites par l'intéressé, que la vie commune du couple soit antérieure à leur mariage, ressortant des pièces du dossier que M. G vivait à Marseille avant son union avec Mme E, laquelle au demeurant, a demandé le divorce. Par ailleurs, M. G ne justifie pas son entrée en France en 2014, ni sa présence continue sur le territoire français depuis cette date. En tout état de cause, l'intéressé a vécu la majeure partie de sa vie, soit pendant plus de 22 ans, en Algérie où il n'établit pas ne plus disposer d'attaches personnelles où, selon ses propres déclarations, vivent encore ses parents et trois frères et sœurs. Enfin, si le tribunal judiciaire de Nancy a annulé la décision d'opposition à mariage du procureur de la République du 5 août 2019, ce qui a permis le mariage contracté avec Mme E le 12 septembre 2020, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé est défavorablement connu des services de police pour des faits de faux en écriture publique ou authentique. Dans ces conditions, en refusant le séjour en France de M. G, le préfet de Meurthe-et-Moselle n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

S'agissant du refus d'abrogation de l'interdiction de retour sur le territoire français :

9. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier et n'est pas allégué, que M. G aurait demandé la communication des motifs de la décision implicite du préfet de Meurthe-et-Moselle rejetant sa demande d'abrogation de l'interdiction de retour sur le territoire français dont il fait l'objet. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

10. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet se soit abstenu d'examiner la demande de l'intéressé à la date à laquelle il a été saisi et ait ainsi méconnu l'étendue de son pouvoir et commis une erreur de droit. Par suite, ces moyens doivent être écartés.

11. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux qui sont exposés au point 8, les moyens tirés de l'erreur d'appréciation et de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.

12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

13. Le présent jugement n'impliquant aucune mesure particulière d'exécution, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.

Sur les frais d'instance :

14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que la somme demandée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. G est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F G et au préfet de Meurthe-et-Moselle.

Copie en sera adressée, pour information, au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Délibéré après l'audience du 6 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

- M. Marti, président,

- M. Boulangé, premier conseiller,

- Mme Marini, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2022.

Le rapporteur,

P. DLe président,

D. Marti

Le greffier,

F. Richard

La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2200024

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions