LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2200038

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2200038

mardi 7 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2200038
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationChambre 1
Avocat requérantOUCHENE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 5 janvier 2022 et deux mémoires complémentaires enregistrés les 2 février et 14 avril 2022, la société civile immobilière (SCI) 31153, représentée par Me Petit, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 novembre 2021 par lequel le maire de la commune de Herserange a accordé un permis de construire à M. B en vue de la démolition de deux garages et de la rénovation d'un bâtiment d'habitation sur un terrain situé 6 impasse de l'hôpital à Herserange ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Herserange une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.

Elle soutient que :

- le dossier de demande de permis de construire était incomplet et comporte des incohérences en méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme ;

- l'affichage du permis était irrégulier ;

- le projet méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;

- le projet méconnait l'article 7 du plan local d'urbanisme de la commune de Herserange.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 février 2022, M. B, représenté par Me Ouchene, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la SCI 31153 au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens de l'instance.

Il soutient que :

- la requête de la SCI 31153 est irrecevable ;

- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense enregistré le 3 mars 2022, la commune de Herserange, représentée par Me Tadic, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la SCI 31153 au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête de la SCI 31153 est irrecevable ;

- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Coudert,

- les conclusions de M. Gottlieb, rapporteur public,

- et les observations de Me Tadic, représentant la commune de Herserange.

Considérant ce qui suit :

1. M. B a déposé le 29 septembre 2021 en mairie de Herserange (Meurthe-et-Moselle), un dossier de demande de permis de construire portant sur la démolition de deux garages et la rénovation d'un bâtiment d'habitation sur un terrain sis 6 impasse de l'hôpital à Herserange. Par arrêté du 5 novembre 2021, le maire de la commune de Herserange lui a accordé le permis de construire sollicité. Par la requête susvisée, la société civile immobilière (SCI) 31153 demande l'annulation du permis de construire obtenu par M. B.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire précise : / () / c) La localisation et la superficie du ou des terrains ; / d) La nature des travaux ; / e) La destination des constructions, par référence aux différentes destinations et sous-destinations définies aux articles R. 151-27 et R. 151-28 ; / f) La surface de plancher des constructions projetées, s'il y a lieu répartie selon les différentes destinations et sous-destinations définies aux articles R. 151-27 et R. 151-28 ; / () ". Aux termes de l'article R. 431-8 du même code : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : / () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".

3. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

4. D'une part, si la SCI 31153 soutient que le dossier de demande de permis de construire ne comportait pas de vue d'insertion du projet dans son environnement, il ressort des pièces du dossier que le pétitionnaire a fourni à l'appui de sa demande deux photographies montrant le terrain vu de loin et de près, le plan de masse indiquant les points et angles de ces prises de vue, ainsi qu'un document graphique montrant l'insertion du projet par rapport aux constructions avoisinantes et son impact visuel. Contrairement à ce que soutient la requérante, ces éléments permettaient à l'autorité administrative d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement.

5. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le dossier de demande de permis de construire comportait des précisions suffisantes quant à la nature des travaux envisagés. Ainsi, la SCI 31153 n'est pas fondée à soutenir que le dossier de demande de permis de construire ne satisfaisait pas, sur ce point, aux prescriptions de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme.

6. Enfin, si la requérante fait valoir que la demande de permis de construire mentionne une surface créée de 236,2 m2 alors que le permis de construire accordé mentionne une contenance totale de 197 m2, cette dernière superficie est relative à la parcelle d'assiette du projet et non à la surface créée. La différence ainsi relevée ne saurait ainsi constituer une incohérence entachant d'irrégularité le dossier de demande de permis de construire. La circonstance qu'une déclaration préalable souscrite en 2019 mentionnait une surface de 80,6 m2 est sans incidence sur la légalité de l'arrêté litigieux.

7. En deuxième lieu, la circonstance que le panneau d'affichage du permis de construire serait irrégulier est sans incidence sur la légalité du permis de construire litigieux. Par suite, ce moyen doit être écarté comme inopérant.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ". Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent. Lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.

9. La SCI 31153 soutient que le permis de construire délivré à M. B méconnaît les dispositions précitées de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme dès lors que le projet est situé en aléa fort au retrait et gonflement des argiles et qu'alors que le service d'assainissement du Grand Longwy Agglomération a émis le 19 octobre 2021 un avis défavorable, la mention de l'arrêté selon laquelle " les eaux usées et les eaux pluviales seront raccordées par le réseau d'assainissement existant " est insuffisante. Il ressort toutefois des pièces du dossier que l'article 1er de l'arrêté contesté accorde le permis de construire sollicité sous réserve de respecter les prescriptions émises aux articles suivants et que l'article 3 de l'arrêté reprend les prescriptions émises par le service d'assainissement du Grand Longwy Agglomération dans son avis du 19 octobre 2021. Par ailleurs, s'agissant du risque d'exposition au retrait et gonflement des argiles, s'il est constant que l'arrêté n'énonce aucune prescription particulière sur ce point, il comporte cependant une recommandation invitant le pétitionnaire à " réaliser une étude géotechnique de conception sur l'ensemble de la parcelle, définissant les dispositions constructives environnementales nécessaires pour assurer la stabilité des bâtiments vis-à-vis du risque de retrait-gonflement des argiles ". En outre, il ressort des pièces du dossier que le pétitionnaire a produit à l'appui de sa demande de permis de construire une attestation établie le 4 octobre 2021 par une ingénieure géotechnicienne qui, après avoir pris connaissance notamment de la carte d'exposition au retrait-gonflement de la commune de Herserange et avoir constaté que le projet de construction se situe en zone d'aléa fort, indique que si les préconisations de son " rapport géotechnique du 17 décembre 2020 sont suivies à la lettre, et si les travaux de terrassement et de fondation sont réalisés dans les règles de l'Art en s'adaptant aux sols et matériaux découverts à l'avancement, la construction n'aura aucune incidence sur la stabilité de la parcelle et des parcelles avoisinantes, qui ne présenteront aucun risque de glissement à court et long terme ". Au regard de l'ensemble de ces circonstances, la SCI 31153 n'est pas fondée à soutenir que le maire de la commune de Herserange aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-2 en délivrant le permis de construire sollicité. Ce moyen doit, par suite, être écarté.

10. En dernier lieu, si la requérante soutient que le permis de construire délivré ne respecterait pas les dispositions de l'article 7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Herserange applicable à la zone UA et relatif aux limites séparatives, elle n'assortit pas son moyen des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Ce moyen doit, par suite, être écarté.

11. Il résulte de ce qui précède que la SCI 31153 n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 5 novembre 2021 du maire de la commune de Herserange délivrant un permis de construire à M. B.

Sur les dépens :

12. La présente instance n'a donné lieu à aucuns dépens. Par suite, les conclusions présentées par les parties à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais du litige :

13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Herserange, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, verse à la SCI 31153 la somme qu'elle demande à ce titre. Il y a lieu, en revanche, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de la SCI 31153 le versement à la commune de Herserange, d'une part, et à M. B, d'autre part, d'une somme de 1 500 euros chacun sur le fondement de ces dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SCI 31153 est rejetée.

Article 2 : La SCI 31153 versera à la commune de Herserange et à M. B une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros chacun au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions présentées par la commune de Herserange et M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière 31153, à la commune de Herserange et à M. A B.

Délibéré après l'audience publique du 10 octobre 2023 à laquelle siégeaient :

M. Coudert, président,

Mme Milin-Rance, première conseillère,

Mme Grandjean, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2023.

Le président-rapporteur,

B. CoudertL'assesseure la plus ancienne,

F. Milin-Rance

La greffière,

I. Varlet

La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 2200038

Décisions similaires

TA44Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2606980

Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme B..., ressortissante camerounaise, qui contestait l'arrêté du préfet de Maine-et-Loire ordonnant son transfert vers la Norvège, responsable de sa demande d'asile en vertu du règlement (UE) n° 604/2013. Le tribunal a jugé que la décision de transfert était suffisamment motivée, le préfet ayant visé le règlement et indiqué que Mme B... détenait un visa norvégien périmé depuis moins de six mois. Il a également estimé que le préfet avait procédé à un examen particulier de sa situation, incluant sa vulnérabilité, et que les moyens tirés de la méconnaissance des articles 3 et 8 de la Convention européenne des droits de l'homme ainsi que de l'erreur manifeste d'appréciation n'étaient pas fondés. La solution retenue est le rejet de la demande d'annulation et des conclusions accessoires.

01/06/2026

TA44Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2606981

Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de M. C..., un ressortissant libyen, qui contestait le refus de l'OFII de lui accorder les conditions matérielles d'accueil pour demandeur d'asile. Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence et d'insuffisance de motivation, jugeant la décision suffisamment fondée en droit et en fait. Il a également estimé que l'OFII n'avait pas commis d'erreur de droit en refusant l'accueil au seul motif que M. C... avait présenté une demande de réexamen, et que le requérant n'avait pas démontré que sa vulnérabilité ou la dignité humaine avaient été méconnues. La solution retenue s'appuie sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 551-15, et la directive 2013/33/UE.

01/06/2026

TA44Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2606983

Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de Mme A..., ressortissante burkinabée, qui contestait l'arrêté du préfet de Maine-et-Loire ordonnant son transfert vers la Belgique pour l'examen de sa demande d'asile. Le tribunal a jugé que la décision de transfert était suffisamment motivée, en application de l'article L. 572-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, et a écarté les moyens tirés de la méconnaissance des articles 4, 5, 21 et 3 du règlement (UE) n°604/2013. La solution retenue confirme la légalité de la procédure de détermination de l'État responsable, fondée sur le visa délivré par les autorités belges.

01/06/2026

TA44Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2606985

Le Tribunal Administratif de Nantes a rejeté la requête de M. E..., ressortissant érythréen, qui contestait l'arrêté du préfet de Maine-et-Loire ordonnant son transfert vers la Suisse, pays responsable de l'examen de sa demande d'asile en application du règlement (UE) n° 604/2013. Le tribunal a écarté l'ensemble des moyens soulevés, notamment l'incompétence du signataire, le défaut de motivation, la violation des droits à l'information et à l'entretien individuel, ainsi que l'existence de défaillances systémiques en Suisse. Il a jugé que la décision était suffisamment motivée et que la situation personnelle de l'intéressé ne justifiait pas l'application de la clause discrétionnaire de l'article 17 du règlement. En conséquence, la demande d'annulation et les conclusions accessoires ont été rejetées.

01/06/2026

← Retour aux décisions