jeudi 1 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2200372 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | FOURNIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 8 février 2022, M. E A, représenté par Me Fournier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 11 octobre 2021 par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a rejeté sa demande de délivrance d'un titre de séjour, ensemble le rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer un titre de séjour " vie privée et familiale " avec autorisation de travailler sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Le requérant soutient que :
- il remplit les conditions pour obtenir un titre de séjour en sa qualité de conjoint de ressortissante française sans que puisse lui être opposé la circonstance qu'il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français ;
- la décision méconnait les dispositions de l'article 6-4 de l'accord franco-algérien ;
- la décision méconnait les dispositions de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien ;
- la décision méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 octobre 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête. Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 février 2022.
Par un courrier du 3 novembre 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation du refus de séjour dès lors qu'elles sont dirigées contre une décision inexistante.
M. A a répondu au moyen d'ordre public par des observations du 7 novembre 2022 qui n'ont pas été communiquées.
Par une ordonnance du 14 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
Une note en délibéré présentée pour le préfet de Meurthe-et-Moselle a été enregistrée le 18 novembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien, né le 21 août 1989, a déclaré être entré irrégulièrement en France en novembre 2017. Le 18 septembre 2018, suite à un contrôle par les services de la sécurité publique de Nancy, il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par un arrêté du 2 juillet 2021, le préfet de Meurthe-et-Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai. Le 11 octobre 2021, M. A a présenté une demande de titre de séjour en sa qualité de conjoint de ressortissant français et de parent d'enfant français. Par un courrier du 11 octobre 2021, remis en mains propres, le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé d'enregistrer sa demande de titre de séjour. M. A a introduit un recours gracieux qui a été rejeté le 3 janvier 2022. M. A demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions dirigées contre le refus de délivrance d'un titre de séjour :
2. Il ressort des pièces du dossier que, faisant suite à sa demande de délivrance d'un titre de séjour présentée le 11 octobre 2021, le préfet s'est borné à refuser d'enregistrer sa demande de titre de séjour et ne lui a pas refusé la délivrance d'un tel titre. Par suite, les conclusions de M. A tendant à l'annulation d'un refus de séjour sont dirigées contre une décision inexistante et doivent, tel qu'en ont été informées les parties, être rejetées comme irrecevables. Par suite, les moyens tirés de ce que cette décision méconnaît les stipulations des articles 6-4 et 6-5 de l'accord franco-algérien et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et porte une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie privée et familiale normale doivent être écartés comme inopérants.
Sur les conclusions dirigées contre le refus d'enregistrement de la demande de titre de séjour :
3. Aux termes de l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La demande de titre de séjour ne figurant pas dans la liste mentionnée à l'article R. 431-2, est effectuée à Paris, à la préfecture de police et, dans les autres départements, à la préfecture ou à la sous-préfecture. / Le préfet peut également prescrire que les demandes de titre de séjour appartenant aux catégories qu'il détermine soient adressées par voie postale ". Aux termes de l'article R. 431-12 du même code : " L'étranger admis à souscrire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour se voit remettre un récépissé qui autorise sa présence sur le territoire pour la durée qu'il précise. () ".
4. Il résulte de ces dispositions qu'en dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité administrative chargée d'instruire une demande de titre de séjour ne peut refuser de l'enregistrer, et de délivrer le récépissé y afférent, que si le dossier présenté à l'appui de cette demande est incomplet. Le caractère abusif ou dilatoire de la demande doit s'apprécier compte tenu d'éléments circonstanciés. Le simple fait que l'étranger ait fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français exécutoire ne suffit pas à le caractériser.
5. Pour contester le refus d'enregistrement de sa demande de titre de séjour, M. A soutient que le préfet ne pouvait lui opposer la circonstance qu'il n'a pas exécuté une précédente obligation de quitter le territoire français. Il ressort des pièces du dossier que M. A a épousé le 11 juillet 2020, Mme D, ressortissante française avec laquelle il a eu un enfant né le 18 janvier 2021. Par un arrêt du 23 juin 2021 de la cour d'appel de Nancy, il a été condamné à une peine de quatre mois d'emprisonnement pour des faits de violence sans incapacité, en présence d'un mineur, par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité et d'une interdiction judiciaire de rencontrer son épouse. A sa levée d'écrou, par un arrêté du 2 juillet 2021, le préfet de Meurthe-et-Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai. Le 11 octobre 2021, M. A a présenté une demande de titre de séjour en se prévalant de sa qualité de conjoint de ressortissante française et de parent d'enfant français. Il produit un courrier rédigé par son épouse et adressé au tribunal judiciaire de Nancy demandant la levée de l'interdiction de rencontre. Néanmoins, ce courrier est postérieur au refus d'enregistrement de même que le contrat à durée indéterminée qu'il a conclu avec la société Best Barber Tif. S'il produit également des factures pour des achats de vêtements et de matériels pour enfants, à l'exception de quelques factures, la majorité de ces factures sont antérieures au prononcé de l'obligation de quitter le territoire français. Ainsi, le requérant ne se prévaut d'aucun élément circonstancié propre à établir que le préfet aurait inexactement apprécié sa situation en refusant d'enregistrer sa demande de titre de séjour.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation dirigées contre le refus d'enregistrement de la demande de titre de séjour de M. A doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
7. Le présent jugement n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que la somme demandée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Etat qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : Le requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E A et au préfet de Meurthe-et-Moselle.
Copie en sera transmise, pour information, au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 10 novembre 2022 à laquelle siégeaient :
M Marti, président,
M. Durand, premier conseiller,
Mme Marini, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2022.
La rapporteure,
C. B
Le président,
D. Marti La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2200372
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026