jeudi 25 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2200383 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | GUYON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 février 2022, Mme B A, représentée par Me Guyon, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 décembre 2021 par laquelle le centre hospitalier Emile Durkheim d'Epinal a refusé de la réintégrer dans ses fonctions ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier Emile Durkheim d'Epinal, à titre principal, de procéder à sa réintégration et au versement de son traitement intégral, y compris de manière rétroactive ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier Emile Durkheim la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
4°) d'assortir ces injonctions d'une astreinte de 400 euros par jour de retard à compter la notification du jugement à intervenir.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- il n'est pas justifié de la compétence de la signataire de la décision contestée ; rien ne démontre la réalité d'une délégation de signature régulièrement publiée ;
- la décision est entachée d'une erreur dans la qualification juridique des faits dès lors que, présentant un certificat de rétablissement, la requérante devait être réintégrée dans ses fonctions ;
- la décision litigieuse est entachée d'une erreur de droit tirée du refus d'abroger la décision de suspension ;
- elle méconnait le principe d'égalité et constitue une discrimination ;
- elle méconnaît le droit de mener une vie privée et familiale normale garanti par l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnait le droit au respect du secret médical protégé par l'article L. 1110-4 du code de la santé publique ;
- elle a le caractère d'une sanction disciplinaire déguisée ;
- elle méconnait l'article 81 de la loi du 9 janvier 1986 dès lors que la suspension de fonctions sans rémunération n'est pas au nombre des sanctions qui peuvent être prononcées à l'encontre d'un agent public hospitalier ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et a le caractère d'une mesure de police administrative qui n'est ni justifiée, ni nécessaire, ni proportionnée.
Par un mémoire en défense enregistré le 11 mars 2022, le centre hospitalier Emile Durkheim conclut au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution et la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la santé publique ;
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 ;
- la loi n°2021-1040 du 5 août 2021 ;
- le décret n°2021-1059 du 7 août 2021 ;
- le décret n°2021-699 du 1er juin 2021 ;
- le décret n°2021-1059 du 7 août 2021 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Marti, président-rapporteur ;
- les conclusions de Mme Milin-Rance, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Risacher, substituant Me Guyon, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, exerçant ses fonctions de secrétaire médicale au sein du centre hospitalier Emile Durkheim, a été suspendue de ses fonctions sans traitement à compter du 21 décembre 2021 jusqu'à la production d'un justificatif de vaccination ou de contre-indication à la vaccination par une décision du même jour de la directrice des ressources humaines du centre hospitalier Emile Durkheim. Par une décision du 13 décembre 2021, le directeur du centre hospitalier a rejeté la demande de réintégration de l'intéressée présentant un certificat de rétablissement suite à son infection à la covid-19. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions d'annulation :
2. Aux termes de l'article 12 de la loi susvisée du 5 août 2021 : " I. - Doivent être vaccinés, sauf contre-indication médicale reconnue, contre la covid-19 : / 1° Les personnes exerçant leur activité dans : / a) Les établissements de santé mentionnés à l'article L. 6111-1 du code de la santé publique (). II. - Un décret, pris après avis de la Haute Autorité de santé, () détermine également () le certificat de rétablissement à la suite d'une contamination par la covid-19 ".
3. . Aux termes de l'article 13 de cette même loi : " I. - Les personnes mentionnées au I de l'article 12 établissent : / 1° Satisfaire à l'obligation de vaccination en présentant le certificat de statut vaccinal prévu au second alinéa du II du même article 12. Par dérogation au premier alinéa du présent 1°, peut être présenté, pour sa durée de validité, le certificat de rétablissement prévu au second alinéa du II de l'article 12. Avant la fin de validité de ce certificat, les personnes concernées présentent le justificatif prévu au premier alinéa du présent 1° () ".
4. Aux termes du 3° de l'article 2-2 du décret n°2021-699 du 1er juin 2021, dans sa rédaction issue du décret n° 2021-1059 du 7 août 2021 : " Un certificat de rétablissement à la suite d'une contamination par la covid-19 est délivré sur présentation d'un document mentionnant un résultat positif à un examen de dépistage RT-PCR ou à un test antigénique réalisé plus de onze jours auparavant. Sa durée de validité est fixée à quatre mois pour l'application des articles 47-1 et 49-1 et à six mois pour l'application du titre 2 bis, à compter de la date de réalisation de l'examen ou du test mentionnés à la phrase précédente ". Et l'article 49-1 de ce décret prévoit : " Hors les cas de contre-indication médicale à la vaccination mentionnés à l'article 2-4, les éléments mentionnés au second alinéa du II de l'article 12 de la loi n°2021-1040 du 5 août 2021 susvisée sont : 1° Un justificatif du statut vaccinal délivré dans les conditions mentionnées au 2° de l'article 2-2 ; 2° Un certificat de rétablissement délivré dans les conditions mentionnées au 3° de l'article 2-2 () ". Il résulte de ces dispositions que la présentation d'un certificat de rétablissement, étant compris comme un document attestant d'un résultat positif à un examen de dépistage du virus de la covid-19 réalisé onze jours plus tôt, doit être regardé comme suffisant, à lui-seul, pour satisfaire aux exigences posées par l'article 13 de la loi du 5 août 2021.
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme A a effectué le 8 décembre 2021 un test de dépistage virologique à la covid-19 qui est apparu positif, et en a informé son employeur le 10 décembre suivant, en demandant sa réintégration à compter du 18 décembre suivant. Elle bénéficiait donc d'un certificat de rétablissement au sens de l'article 13 de la loi du 5 août 2021 lui permettant d'exercer ses fonctions durant la validité de ce certificat. En subordonnant la levée de la mesure de suspension pendant ces quatre mois à la présentation d'un schéma vaccinal complet, le centre hospitalier Emile Durkheim a commis une erreur de droit.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision du 13 décembre 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Le présent jugement implique seulement qu'il soit enjoint au directeur du centre hospitalier Emile Durkheim de procéder à la régularisation de la situation administrative de Mme A sur la période de validité de son certificat de rétablissement, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais du litige :
8. Il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier Emile Durkheim la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 13 décembre 2021 par laquelle le directeur du centre hospitalier Emile Durkheim a refusé de procéder à la réintégration de Mme A dans ses fonctions est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au centre hospitalier Emile Durkheim de procéder à la régularisation de la situation administrative de Mme A sur la période de validité de son certificat de rétablissement, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Guyon la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre hospitalier Emile Durkheim.
Délibéré après l'audience du 7 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Marti, président,
M. Boulangé, premier conseiller,
Mme Marini, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 août 2022.
Le président-rapporteur,
D. Marti
L'assesseur le plus ancien,
P. Boulangé
Le greffier,
F. Richard
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026