mardi 4 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2200659 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | CABINET CASSEL (SELAFA) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 mars 2022, M. B C et Mme D A, représentés par Me Boudet, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 5 janvier 2022 par laquelle la société Enedis a rejeté leur demande de déplacement d'un poste de distribution d'électricité et a implicitement refusé le déplacement d'un poteau électrique ;
2°) d'enjoindre à la société Enedis de procéder au déplacement du poste de distribution d'électricité et du poteau électrique litigieux ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat les dépens et la somme de 4 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Ils soutiennent que :
- ils justifient d'un intérêt pour agir ;
- la juridiction administrative est compétente ;
- le refus de déplacer le transformateur électrique est entaché d'une erreur de droit et de nullité puisqu'il a été pris sur la base d'une convention de servitude perpétuelle ;
- le refus de déplacer le poteau électrique est entaché d'une erreur de droit, la société Enedis ne disposant d'aucun titre autorisant l'implantation ;
- le refus de déplacer le transformateur électrique est nul en ce qu'il porte atteinte à leur droit de propriété puisqu'il fait obstacle à la possibilité d'ériger un garage fermé équipé d'une borne de chargement pour véhicule électrique ; ils sont privés de leur droit résultant de l'article L. 323-6 du code de l'énergie ;
- le refus de déplacer le transformateur électrique porte atteinte à la sécurité des personnes, en méconnaissance du principe à valeur constitutionnelle de protection de la santé et de la sécurité des personnes, et constitue une atteinte à l'ordre public ; il est entaché d'une erreur de droit au vu de l'implantation du transformateur en zone d'aléa inondation, en méconnaissance de l'article R. 111-15 du code de l'urbanisme, et d'une erreur d'appréciation en estimant qu'il n'existait pas de solution technique ;
- le maintien du transformateur porte atteinte à leur droit de propriété et représente un risque pour leur sécurité ; ils subissent un préjudice d'agrément ; leur bien est considérablement dévalorisé ; la demande de déplacement ne porte pas d'atteinte excessive à l'intérêt général.
Par deux mémoires en défense enregistrés le 22 août et le 6 novembre 2024, la société Enedis, représentée par la SELAFA Cabinet Cassel, conclut au rejet de la requête et à la mise à la charge de M. C et Mme A d'une somme de 5 000 euros.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'énergie ;
- le décret n° 67-886 du 6 octobre 1967 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Milin-Rance, rapporteure,
- les conclusions de M. Gottlieb, rapporteur public,
- et les observations Me Derer, représentant la société Enedis.
Considérant ce qui suit :
1. M. C et Mme A sont propriétaires d'une maison d'habitation sise sur un terrain cadastré AB 34 à Agincourt (Meurthe-et-Moselle), qu'ils ont acquise par acte notarié du 30 août 2021 auquel était annexé une convention de servitude établie le 9 février 1998 entre EDF et les propriétaires du terrain pour l'installation d'un transformateur d'électricité et d'un support de transport d'électricité. Par un courrier en date du 10 mai 2021, ils ont sollicité le déplacement de ces équipements. Par un courrier en date du 5 janvier 2022, la société Enedis a rejeté leurs demandes. Ils demandent au tribunal d'enjoindre à la société Enedis de déplacer le transformateur et le poteau électrique.
2. Lorsqu'il est saisi d'une demande tendant à ce que soit ordonnée la démolition d'un ouvrage public dont il est allégué qu'il est irrégulièrement implanté par un requérant qui estime subir un préjudice du fait de l'implantation de cet ouvrage et qui en a demandé sans succès la démolition à l'administration, il appartient au juge administratif, juge de plein contentieux, de déterminer, en fonction de la situation de droit et de fait existant à la date à laquelle il statue, si l'ouvrage est irrégulièrement implanté, puis, si tel est le cas, de rechercher, d'abord, si eu égard notamment à la nature de l'irrégularité, une régularisation appropriée est possible, puis, dans la négative, de prendre en considération, d'une part les inconvénients que la présence de l'ouvrage entraîne pour les divers intérêts publics ou privés en présence, notamment, le cas échéant, pour le propriétaire du terrain d'assiette de l'ouvrage, d'autre part, les conséquences de la démolition pour l'intérêt général, et d'apprécier, en rapprochant ces éléments, si la démolition n'entraîne pas une atteinte excessive à l'intérêt général.
3. Aux termes de l'article 1er du décret susvisé du 6 octobre 1967 : " Une convention passée entre le concessionnaire et le propriétaire ayant pour objet la reconnaissance des servitudes d'appui, de passage, d'ébranchage ou d'abattage prévues au troisième alinéa de l'article 12 de la loi du 15 juin 1906 susvisée peut remplacer les formalités prévues au quatrième alinéa dudit article. Cette convention produit, tant à l'égard des propriétaires et de leurs ayants droit que des tiers, les effets de l'approbation du projet de détail des tracés par le préfet, qu'elle intervienne en prévision de la déclaration d'utilité publique des travaux ou après cette déclaration, ou, en l'absence de déclaration d'utilité publique, par application de l'article 298 de la loi du 13 juillet 1925 susvisée ". Les dispositions de l'article 298 de la loi du 13 juillet 1925 s ont été abrogées et reprises par les articles L. 323-3 et L. 323-4 du code de l'énergie.
4. Il est constant qu'un transformateur électrique et un poteau électrique sont implantés sur la parcelle AB 34 dont M. C et Mme A sont propriétaires. Si Enedis se prévaut de la convention de servitude établie le 9 février 1998 entre EDF et les anciens propriétaires du terrain, publiée à la conservation des hypothèses et annexée à l'acte d'acquisition du terrain par les requérants, les requérants soutiennent qu'elle comporte un vice de perpétuité. Il résulte de l'instruction que, par un jugement en date du 21 novembre 2024, le tribunal judiciaire de Nancy a prononcé la nullité de cette convention. Dans ces conditions, faute pour Enedis de pouvoir justifier de l'implantation régulière de ses équipements sur la propriété des requérants, ceux-ci sont fondés à soutenir que cette implantation, qui les dépossède d'un élément de leur droit de propriété, présente le caractère d'une emprise irrégulière.
5. Il résulte de l'instruction qu'une régularisation de l'implantation du transformateur et du poteau litigieux n'apparaît pas envisageable à la date du présent jugement dès lors, d'une part, que les perspectives d'un accord amiable entre les parties sont inexistantes et, d'autre part, que la société Enedis ne démontre, ni même n'allègue qu'elle aurait engagé une procédure d'expropriation pour cause d'utilité publique ou d'institution de la servitude d'utilité publique prévue par l'article L. 323-4 du code de l'énergie.
6. Toutefois, en se bornant à invoquer le fait qu'ils ne peuvent ériger un garage sans fermer l'accès à leur jardin, les requérants ne démontrent pas qu'aucun autre emplacement de leur propriété ne pourrait accueillir la construction envisagée dans des conditions au moins aussi avantageuses. Il ne résulte pas de l'instruction que l'implantation du transformateur ne respecterait pas le plan de prévention du risque inondation de la commune. Enfin, alors que les équipements étaient déjà présents sur leur parcelle lors de son acquisition et qu'un mur de clôture sépare les ouvrages litigieux de leur jardin, les requérants ne démontrent ni leur préjudice d'agrément, ni la dévalorisation de leur propriété. Si la commune dispose d'autres terrains pouvant accueillir le transformateur, ceux-ci ne sont pas à proximité de l'emplacement actuel, et il résulte de l'instruction que, compte tenu de la portée techniquement limitée des ouvrages, le déplacement sollicité sur l'un de ces terrains aurait pour effet de dégrader les conditions de distribution de l'électricité en saturant le réseau sur le secteur concerné. Alors que le coût des travaux est estimé à 65 051,22 euros, et que les requérants n'établissent pas la réalité de leur préjudice, la démolition des ouvrages litigieux serait de nature à entrainer une atteinte excessive à l'intérêt général. Par suite, il n'y a pas lieu d'enjoindre à la collectivité de les démolir et de les déplacer.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la société Enedis, que la requête de M. C et de Mme A doit être rejetée.
8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par les parties sur le fondement des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C et de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la société Enedis sur le fondement de dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et Mme D A et à la société Enedis.
Délibéré après l'audience du 14 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Milin-Rance, première conseillère,
Mme Grandjean, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 février 2025.
La rapporteure,
F. Milin-Rance
Le président,
B. Coudert La greffière,
I. Varlet
La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026