lundi 12 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2200849 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique (Chambre 3) |
| Avocat requérant | CROUVIZIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 mars 2022 et 16 janvier 2023, Mme C B épouse A, représentée par Me Crouvizier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 février 2020 par laquelle la caisse d'allocations familiales de Meurthe-et-Moselle lui a notifié un indu d'un montant total de 11 122,93 euros dont 10 295,16 euros au titre d'un trop-perçu de revenu de solidarité active pour la période allant du 1er mai 2017 au 30 juin 2019, ainsi que la décision du 26 février 2021 par laquelle la même autorité a rejeté son recours préalable ;
2°) d'enjoindre à la caisse d'allocations familiales de Meurthe-et-Moselle de lui restituer les sommes illégalement retenues depuis le mois de février 2020 ;
3°) de condamner la caisse d'allocations familiales de Meurthe-et-Moselle aux entiers dépens.
Elle soutient qu'elle n'a repris sa vie commune avec son époux qu'à compter du 14 janvier 2020.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 janvier 2023, le département de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 22 avril 2021.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la décision de notification d'indu du 20 février 2020.
Par un mémoire enregistré le 4 mai 2023, Mme A conclut aux mêmes fins par les mêmes moyens et soutient que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 20 février 2020 sont recevables.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Kohler, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate statuant seule a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Kohler a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a bénéficié du revenu de solidarité active (RSA). Après un contrôle de sa situation ayant mis en évidence une reprise de vie maritale le 1er avril 2017, la caisse d'allocations familiales (CAF) de Meurthe-et-Moselle lui a notifié, par une décision du 20 février 2020, un indu d'un montant total de 11 122,93 euros dont 10 295,16 euros au titre d'un trop-perçu de RSA pour la période allant du 1er mai 2017 au 30 juin 2019. Le recours préalable qu'elle a formé contre cette décision a été rejeté par une décision du 26 février 2021. Mme A demande l'annulation de ces deux décisions.
Sur la décision du 20 février 2020 :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental () ". L'institution par ces dispositions d'un recours administratif, préalable obligatoire à la saisine du juge, a pour effet de laisser à l'autorité compétente pour en connaître le soin d'arrêter définitivement la position de l'administration. Il s'ensuit que la décision prise à la suite du recours administratif se substitue en principe à la décision initiale, et qu'elle est seule susceptible d'être déférée au juge.
3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 20 février 2020 par laquelle la CAF de Meurthe-et-Moselle a notifié à Mme A un indu de RSA, à laquelle s'est substituée la décision 26 février 2021 rejetant le recours préalable obligatoire de Mme A, sont irrecevables.
Sur la décision du 26 février 2021 :
4. Aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité () ". Aux termes de l'article L. 262-3 du même code : " L'ensemble des ressources du foyer () est pris en compte pour le calcul du revenu de solidarité active () ". L'article L. 262-9 du même code précise, à propos de la majoration au profit de la personne isolée assumant la charge d'un ou de plusieurs enfants : " Est considérée comme isolée une personne veuve, divorcée, séparée ou célibataire, qui ne vit pas en couple de manière notoire et permanente et qui notamment ne met pas en commun avec un conjoint, concubin ou partenaire de pacte civil de solidarité ses ressources et ses charges () ".
5. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 262-40 du même code : " () Les organismes chargés de son versement réalisent les contrôles relatifs au revenu de solidarité active selon les règles, procédures et moyens d'investigation applicables aux prestations de sécurité sociale. () ". Selon le premier alinéa de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale, dans sa version applicable, les directeurs de ces organismes " confient à des agents chargés du contrôle, assermentés et agréés () le soin de procéder à toutes vérifications ou enquêtes administratives concernant l'attribution des prestations (). Ces agents ont qualité pour dresser des procès-verbaux faisant foi jusqu'à preuve du contraire ".
6. En l'espèce, Mme A, mariée depuis le 30 octobre 1982, a déclaré une séparation de fait le 30 novembre 2014, et soutient qu'elle n'a repris la vie commune avec son époux qu'à compter du 14 janvier 2020. Il résulte toutefois de l'instruction, et notamment des termes du rapport d'enquête établi le 23 janvier 2020, que les bulletins de salaire de son époux pour les mois d'avril à juin 2017 ainsi que le courrier de licenciement qui lui a été adressé le 20 mars 2018, ont été établis à l'adresse de Mme A. Ce même rapport mentionne que les inscriptions de l'intéressé à Pôle Emploi, les 20 avril 2018 et 7 mars 2019, ont été effectuées avec l'adresse de Mme A et que, bien qu'une ordonnance de non-conciliation ait été rendue le 16 octobre 2015, aucune suite n'y a été donnée, de sorte que les intéressés demeurent mariés. Il mentionne également des attestations d'assurance scolaire pour les années 2018 et 2019 établis aux noms des deux époux. Mme A, pour contester les éléments ainsi constatés qui font foi jusqu'à preuve du contraire, se borne à soutenir que le département procède par affirmations, mais ne produit aucun élément de nature à remettre en cause leur exactitude. En outre, si Mme A se prévaut de relevés du compte bancaire de son époux, ainsi que de plusieurs courriers lui étant adressés, mentionnant une adresse différente à la sienne, l'ensemble de ces pièces a été édité antérieurement à la date retenue pour la reprise de la vie commune, soit antérieurement au 1er avril 2017. Enfin, ni les attestations produites, qui émanent de voisins ou du frère de M. A qui indique l'avoir hébergé au cours de l'ensemble de la période, ni les avis d'imposition établis séparément pour les deux membres du couple et qui mentionnent des adresses distinctes, ni enfin les relevés de prestations de la CAF, lesquels sont adressés à l'adresse indiquée par les intéressés eux-mêmes, ne suffisent à établir l'absence de communauté de vie à compter du mois d'avril 2017. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à contester le bien-fondé de l'indu de RSA résultant de la prise en compte des ressources de son époux.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 26 février 2021 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.
8. La présente instance n'ayant donné lieu à aucuns dépens, les conclusions présentées à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B épouse A et au département de Meurthe-et-Moselle.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 juin 2023.
La magistrate désignée,
J. Kohler
La greffière,
L. BourgerLa République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026