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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2200860

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2200860

mardi 2 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2200860
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationChambre 1
Avocat requérantSCP DESCHAMPS-FAIVRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 mars 2022 et un mémoire complémentaire enregistré le 26 janvier 2024, Mme C D, représentée par Me Faivre, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du président du conseil départemental des Vosges du 17 janvier 2022 par lequel une retenue sur traitement pour absence de service fait, égale à un trentième du traitement mensuel pour toute journée d'absence, lui a été appliquée sur son absence non justifiée du 30 novembre 2021 au 6 décembre 2021 ;

2°) d'enjoindre au président du conseil départemental des Vosges de la régulariser dans ses droits et de rétablir la retenue illégalement opérée sur son traitement ;

3°) de mettre à la charge du conseil départemental des Vosges la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la compétence de la signataire de l'arrêté n'est pas établie ;

- l'arrêté méconnait les dispositions de l'article 31 du décret n° 87-602 du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux.

Par un mémoire en défense enregistré le 13 juillet 2022, le conseil départemental des Vosges conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme D la somme de 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n°87-602 du 30 juillet 1987 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Jouguet, rapporteure

- les conclusions de M. Gottlieb, rapporteur public ;

- et les observations de Me Faivre, représentant Mme D.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D, assistante socio-éducative territoriale, recrutée par voie de mutation au département des Vosges le 1er juin 2016, a été nommée à compter du 1er avril 2017 en qualité de référent des assistants familiaux. Par un arrêté du 17 janvier 2022, dont elle demande l'annulation, le président du conseil départemental des Vosges a prononcé à son encontre une retenue sur traitement en raison de son absence injustifiée pour la période du 30 novembre 2021 au 6 décembre 2021.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. L'arrêté en litige a été signé par Mme B A, directrice générale adjointe des services, auquel le président du conseil départemental des Vosges a, par un arrêté du 6 décembre 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs n°13 - 2021 du mois de décembre 2021, délégué sa signature à l'effet de signer, en toute matière relevant des compétences du département, toute correspondance ou tout acte notamment les arrêtés ainsi que toute décision sauf rapports soumis au conseil départemental ou à la commission permanente et rapports de présentation du budget. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.

3. Aux termes de l'article 31 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux : " Le bénéficiaire d'un congé de longue maladie ou de longue durée ne peut reprendre ses fonctions à l'expiration ou au cours dudit congé que s'il est reconnu apte après examen par un spécialiste agréé et avis favorable du comité médical compétent. / Cet examen peut être demandé soit par le fonctionnaire, soit par la collectivité ou l'établissement dont il relève. / Les conditions exigées pour que la réintégration puisse être prononcée sont fixées par l'arrêté prévu à l'article 39 ci-dessous ".

4. Mme D soutient que le président du conseil départemental des Vosges ne pouvait lui opposer l'absence de service fait pour la période du 30 novembre au 6 décembre 2021, le comité médical n'ayant pas été saisi aux fins de se prononcer sur son aptitude à la reprise à l'issue de son congé maladie, en violation des dispositions de l'article 31 du décret du 30 juillet 1987 susvisé. Il ressort toutefois des pièces du dossier que, par son avis du 8 septembre 2021, le comité médical départemental a, au vu d'une expertise diligentée le 28 juillet 2021, émis un avis favorable à l'octroi à Mme D d'un congé de longue durée du 23 septembre 2020 au 29 août 2021, avec une reprise effective de ses fonctions à compter du 30 août 2021. Ainsi, contrairement à ce que soutient la requérante, en fixant la date de fin du congé de longue durée et une reprise effective des fonctions à compter du 30 août 2021, le comité médical départemental s'est bien prononcé sur son aptitude à reprendre ses fonctions à l'issue de ce congé. De surcroît, il n'est pas contesté par Mme D qu'à compter de cette date, elle a effectivement repris le service et exécuté la partie ferme de la sanction d'exclusion dont elle faisait l'objet. Enfin, contrairement à ce que soutient la requérante, il ne peut être reproché au conseil départemental d'avoir tardé à organiser une visite médicale auprès du médecin de prévention, cette visite n'ayant pas de caractère obligatoire et n'ayant pas vocation à se prononcer sur l'aptitude à la reprise de l'agent. Dans ces conditions, faute pour Mme D de pouvoir justifier d'un arrêt de travail pour la période du 30 novembre au 6 décembre 2021, le président du conseil départemental a pu légalement procéder à une retenue sur traitement pour absence injustifiée. Par suite les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation doivent être écartés.

5. Il résulte de ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 17 janvier 2022 par lequel le président du conseil départemental des Vosges a prononcé à son encontre une retenue sur salaire pour la période du 30 novembre au 6 décembre 2021.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être également rejetées.

Sur les frais du litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du conseil départemental des Vosges, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie tenue aux dépens ou la partie perdante, la somme demandée par Mme D au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de du conseil départemental des Vosges présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : Les conclusions du conseil départemental des Vosges présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D et au conseil départemental des Vosges.

Délibéré après l'audience publique du 11 juin 2024 à laquelle siégeaient :

M. Coudert, président,

Mme Grandjean, première conseillère,

Mme Jouguet, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 juillet 2024.

La rapporteure,

A. JouguetLe président,

B. Coudert

La greffière,

I. Varlet

La République mande et ordonne à la préfète des Vosges en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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