mardi 28 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2200892 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 mars 2022 et un mémoire complémentaire enregistré le 2 mai 2022, M. B A conteste l'arrêté permanent conjoint du président du conseil départemental des Vosges et du maire de la commune de Valfroicourt n°2022/006/DRP/SIR, portant création de neuf " cédez le passage " aux intersections de voies communales avec la route départementale 203, et mise en sens unique de la rue de Remoncourt à partir de la route départementale 203 jusqu'à l'intersection avec la place de la fête.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'un vice de procédure en ce qu'il ne comporte pas de date ;
- l'arrêté est entaché d'un défaut de publicité ;
- l'arrêté a été pris sans concertation des principaux usagers des voies concernées ;
- la signalisation routière mise en place aux intersections des rues communales avec la route départementale 203 est incomplète ;
- la mise en sens unique de la rue de Remoncourt oblige les usagers à un détour de plusieurs dizaines de mètres, vers la rue du Four, sinueuse et sans visibilité, et réduit la sécurité du trafic agricole sur ces voies.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 mars 2022, la commune de Valfroicourt conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 juillet 2022, le département des Vosges conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable en l'absence de conclusions recevables et de moyens sérieux ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la route ;
- l'instruction interministérielle sur la signalisation routière du 22 octobre 1963 approuvée par arrêté du 7 juin 1977 relatif à la signalisation des routes et autoroutes ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jouguet, rapporteure,
- et les conclusions de M. Gottlieb, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté conjoint n°2022/006/DRP/SIR, le président du conseil départemental des Vosges et le maire de la commune de Valfroicourt ont décidé la création de neuf " cédez le passage " aux intersections de voies communales avec la route départementale 203 et la mise en sens unique de la rue de Remoncourt à partir de la route départementale 203 jusqu'à l'intersection avec la place de la fête. M. A doit être regardé comme demandant l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, si M. A soutient que l'arrêté contesté ne comporte pas de date, la mention de la date sur un acte réglementaire n'est pas au nombre des conditions qui fondent sa légalité. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 2131-1 du code général des collectivités territoriales, dans sa version applicable au présent litige : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement. () / Le maire peut certifier, sous sa responsabilité, le caractère exécutoire de ces actes. / () La publication ou l'affichage des actes mentionnés au premier alinéa sont assurés sous forme papier. La publication peut également être assurée, le même jour, sous forme électronique, dans des conditions, fixées par un décret en Conseil d'Etat, de nature à garantir leur authenticité. Dans ce dernier cas, la formalité d'affichage des actes a lieu, par extraits, à la mairie et un exemplaire sous forme papier des actes est mis à la disposition du public. La version électronique est mise à la disposition du public de manière permanente et gratuite ". Aux termes de l'article L. 3131-1 du code général des collectivités territoriales, dans sa version applicable au présent litige : " Les actes pris par les autorités départementales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage ou à leur notification aux intéressés ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département. () / Le président du conseil départemental peut certifier, sous sa responsabilité, le caractère exécutoire de ces actes. / () La publication des actes mentionnés au premier alinéa est assurée sur papier. Elle peut également être assurée, le même jour, sous forme électronique, dans des conditions, fixées par un décret en Conseil d'Etat, de nature à garantir leur authenticité. Dans ce dernier cas, la formalité d'affichage des actes a lieu, par extraits, à l'hôtel du département et un exemplaire sur papier des actes est mis à la disposition du public. La version électronique est mise à la disposition du public de manière permanente et gratuite ".
4. M. A soutient que l'arrêté en litige est entaché d'un défaut de publicité, au motif qu'il n'a pas fait l'objet d'un affichage à l'extérieur des locaux de la mairie de Valfroicourt. Il résulte des dispositions précitées, d'une part, que le défaut de publicité d'un acte pris par une autorité communale ou départementale est sans incidence sur sa légalité mais fait seulement obstacle à ce qu'il devienne exécutoire. D'autre part, la publication des arrêtés pris par ces autorités peut être constatée par une déclaration certifiée du maire ou du président du conseil départemental. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté en litige a été publié au registre des actes administratifs n° 1/2022 du conseil départemental des Vosges, où il a aussi fait l'objet d'un affichage certifié par le président du conseil départemental, et a été affiché sur le tableau d'affichage de la mairie de la commune de Valfroicourt. Enfin, le fait que le tableau d'affichage de la mairie de Valfroicourt ne soit pas situé à l'extérieur des locaux et ne soit accessible qu'aux heures d'ouverture au public, n'est pas de nature à rendre irrégulière la publicité de l'arrêté contesté. Par suite, le moyen doit être écarté.
5. En troisième lieu, M. A soutient que l'arrêté en litige a été pris sans concertation des principaux usagers des voies concernées. Toutefois, aucune règlementation n'imposait au maire ainsi qu'au président du conseil départemental des Vosges d'organiser une concertation préalable avant de faire usage de leurs pouvoirs de police de la circulation. Par suite, le moyen tiré de l'absence de concertation préalable avec les habitants de la commune doit être écarté comme inopérant.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 411-25 du code de la route : " Le ministre chargé de la voirie nationale et le ministre de l'intérieur fixent par arrêté conjoint publié au Journal officiel de la République française les conditions dans lesquelles est établie la signalisation routière pour signifier une prescription de l'autorité investie du pouvoir de police ou donner une information aux usagers () ". Aux termes de l'article R. 2213-1 du code général des collectivités territoriales : " Le maire exerce la police de la circulation sur les routes nationales, les routes départementales et l'ensemble des voies publiques ou privées ouvertes à la circulation publique à l'intérieur des agglomérations, sous réserve des pouvoirs dévolus au représentant de l'Etat dans le département sur les routes à grande circulation () ". L'article 50-1 de l'instruction interministérielle visée ci-dessus dispose que " Le panneau B1 indique au début des chaussées en sens unique que les véhicules peuvent seulement y circuler en sens inverse ". L'article 71 de ce même texte dispose que " La signalisation permettant d'indiquer que toutes les voies d'une chaussée sont réservées au même sens de circulation est facultative. Elle est assurée au moyen du panneau C12 ". L'article 42-2 de cette instruction précise que " [le] panneau AB1 priorité à droite [est] le signal avancé des intersections où le conducteur est tenu de céder le passage aux véhicules débouchant de la ou des routes situées à sa droite (article R.415-5 du code de la route). En règle générale, son emploi est facultatif. Cependant, à l'intersection de deux routes prioritaires, si exceptionnellement on maintient la règle de priorité à droite, la mise en place des panneaux AB1 est obligatoire (cf. art. 43-3 et 43-15 paragraphe B) (). Le panneau " cédez le passage " AB3a est un signal de position qui indique l'obligation de céder le passage à l'intersection aux usagers de l'autre route sans avoir à marquer obligatoirement l'arrêt. Il est utilisé sur toutes les catégories de routes, aussi bien en agglomération qu'en rase campagne. II est placé de façon très visible et aussi près que possible de la chaussée abordée. Lorsqu'un panneau AB3a est implanté, la ligne définie à l'article 117-4, paragraphe B, est tracée, sauf si le panneau est associé à des feux tricolores (cf. article 42-9, paragraphe B-4) ou si le marquage de la ligne n'est techniquement pas possible ".
7. Le requérant se prévaut d'une signalisation routière incomplète aux intersections des rues communales avec la route départementale 203. Toutefois, la circonstance que rien ne délimite la zone à intersections protégées de la zone de priorité à droite ne peut utilement être opposée au soutien de conclusions à fin d'annulation de l'arrêté en litige. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que des panneaux " cédez le passage " ont été mis en place à toutes les intersections concernées par l'arrêté contesté, un panneau " sens unique " a été apposé à l'intersection de la rue de Remoncourt et la route départementale 203 tandis qu'un panneau
" sens interdit " a été apposé à l'intersection de la rue du Four et de la rue de Remoncourt pour interdire la circulation sur la partie de la rue qui amène jusqu'à la voie départementale. Un marquage au sol adapté a également été mis en place. Dès lors, ce moyen doit être écarté.
8. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : / 1° Tout ce qui intéresse la sûreté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques, () ". Il résulte de ces dispositions que les pouvoirs de police du maire lui imposent, notamment, de préserver la sécurité publique, mais aussi de concilier les exigences précitées avec le principe de la libre circulation. Toute mesure de police doit être proportionnée aux troubles à l'ordre public qu'elle entend faire cesser et doit, sous le contrôle du juge, être justifiée et adaptée aux buts poursuivis.
9. M. A soutient que le sens interdit édicté par l'arrêté en litige oblige les usagers à un détour de plusieurs dizaines de mètres, vers la rue du Four, sinueuse et sans visibilité, ce qui aurait pour conséquence de réduire la sécurité du trafic agricole sur ces voies. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la rue de Remoncourt ne mesure que 4,30 mètres de large, alors que la rue du Four mesure 5,20 mètres de large et présente, contrairement à ce que soutient le requérant, une visibilité accrue de nature à améliorer le croisement des véhicules sur la voie. En outre, le détournement de circulation induit par la mise en sens unique de la rue de Remoncourt n'entraine un allongement de parcours que d'environ quarante mètres. Dans ces conditions, les contraintes résultant de l'arrêté contesté n'excédent pas celles qui peuvent légalement être imposées aux usagers au regard des circonstances qui l'ont motivé et des buts de sécurité poursuivis. Par suite, ce moyen doit également être écarté.
10. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir, que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté conjoint permanent en litige.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la commune de Valfroicourt et au département des Vosges.
Délibéré après l'audience du 30 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Grandjean, première conseillère,
Mme Jouguet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mai 2024.
La rapporteure,
A. Jouguet
Le président,
B. CoudertLa greffière,
I. Varlet
La République mande et ordonne à la préfète des Vosges en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026