mardi 11 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2201010 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | SCP VILMIN CANONICA REMY ROLLET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 31 mars 2022 et 14 février 2023, M. B A, représenté par Me Rémy, demande au tribunal :
1°) d'ordonner une expertise avant-dire-droit afin de déterminer l'étendue des préjudices causés par sa chute ;
2°) de condamner le département de Meurthe-et-Moselle à lui verser la somme de 5 000 euros au titre de provision à valoir sur son préjudice définitif ;
3°) de mettre à la charge du département de Meurthe-et-Moselle une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la responsabilité pour faute du département de Meurthe-et-Moselle est engagée pour défaut d'entretien normal de la route départementale 115 ; la présence d'une " tranchée " entre la route et le bas-côté a causé sa chute le 7 mars 2021 ;
- à ce titre, il est fondé à demander la réparation des préjudices qu'il a subis du fait de cet accident et à solliciter une expertise avant-dire-droit afin de déterminer l'étendue des préjudices causés par sa chute.
Par un mémoire enregistré le 7 avril 2022, la caisse primaire d'assurance maladie de Meurthe-et-Moselle déclare s'en remettre à prudence de justice et ne pas s'opposer à une mesure d'expertise.
Par des mémoires en défense enregistrés les 19 août 2022 et 1er mars 2023, le département de Meurthe-et-Moselle, représenté par Me Hemzellec, conclut, dans le dernier état de ses écritures, à titre principal, au rejet de la requête et à la condamnation de M. A à lui verser la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et, à titre infiniment subsidiaire, à la mise en œuvre d'une expertise et à la réduction à de plus justes proportions du montant de la provision sollicitée.
Il soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté ;
- à titre subsidiaire, les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Milin-Rance, rapporteure,
- et les conclusions de M. Gottlieb, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A déclare avoir chuté le 7 mars 2021 alors qu'il circulait à vélo sur la route départementale 115 entre les communes de Neuves-Maisons et de Messein (Meurthe-et-Moselle). Il demande au tribunal d'engager la responsabilité du département de Meurthe-et-Moselle à raison d'un défaut d'entretien normal de la voie, d'ordonner une expertise médicale et de condamner le département à lui verser une provision de 5 000 euros à valoir sur son préjudice définitif.
Sur la responsabilité du département de Meurthe-et-Moselle :
2. Il appartient à l'usager victime d'un dommage survenu sur une voie publique de rapporter la preuve du lien de cause à effet entre l'ouvrage public et le dommage dont il se plaint. La collectivité en charge de cet ouvrage doit alors, pour que sa responsabilité ne soit pas retenue, établir que celui-ci faisait l'objet d'un entretien normal ou que le dommage est imputable à la faute de la victime ou à un cas de force majeure.
3. M. A soutient que la chute dont il a été victime le 7 mars 2021 vers 16 heures serait due à la présence d'une " tranchée " entre le bas-côté et la route départementale sur laquelle il circulait à vélo et pour laquelle, au surplus, aucune signalisation appropriée n'a été mise en place. Au soutien de sa demande, le requérant produit, d'une part, les photographies d'une ornière sur le bas-côté d'une voie routière et, d'autre part, une attestation d'un autre cycliste présent le jour de l'accident confirmant que la voie " était particulièrement abimée sur plusieurs mètres ". Toutefois, alors que ce témoin, qui circulait en file indienne devant M. A au moment de l'accident, n'a pas assisté à la chute de celui-ci et a seulement constaté qu'il était tombé à terre, les photographies ne permettent pas de localiser le lieu de cette chute ni d'apprécier l'étendue des défectuosités alléguées. Le département de Meurthe-et-Moselle faisant par ailleurs valoir que l'entretien de la chaussée en litige était, au jour de l'accident, normalement et régulièrement assuré, comme en atteste deux rapports de patrouillage des 15 et 21 mars 2021 ne faisant état d'aucune défectuosité particulière relevée sur la route départementale 115 et ses accotements, M. A ne démontre pas que la chute à l'origine des dommages dont il demande la réparation serait imputable à un défaut d'entretien normal d'un ouvrage public.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin, d'une part, d'examiner la recevabilité des conclusions et, d'autre part, de diligenter une expertise, que la requête de M. A doit être rejetée.
Sur les frais liés à l'instance :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du département de Meurthe-et-Moselle, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme demandée par M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
6. En application des mêmes dispositions, M. A versera au département de Meurthe-et-Moselle une somme de 1500 euros.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera au département de Meurthe-et-Moselle une somme de 1500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions du département de Meurthe-et-Moselle est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au département de Meurthe-et-Moselle et à la caisse primaire d'assurance maladie de Meurthe-et-Moselle.
Délibéré après l'audience publique du 21 mai 2024 à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Milin-Rance, première conseillère,
Mme Grandjean, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juin 2024.
La rapporteure,
F. Milin-RanceLe président,
B. Coudert
La greffière,
A. Mathieu
La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026