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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2201187

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2201187

mardi 15 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2201187
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantJEANNOT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 avril 2022, Mme A B, représentée par Me Jeannot, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 17 décembre 2021 par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer une autorisation de travail ;

2°) d'enjoindre à la préfète de Meurthe-et-Moselle, à titre principal, de lui délivrer une autorisation de travail dans le délai d'un mois suivant notification du jugement à intervenir et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans le même délai ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros à verser à son conseil, qui renonce dans cette hypothèse au bénéfice de la part contributive de l'Etat, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ainsi que les entiers dépens.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juin 2023, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.

Il soutient, à titre principal, que la requête est tardive et, subsidiairement que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Par une lettre envoyée le 20 juillet 2023, Mme B a été invitée, en application de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative, à confirmer le maintien de sa requête.

Par des courriers enregistrés les 2 et 20 août 2023, Mme B a confirmé ses précédentes conclusions.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 février 2022 du bureau d'aide juridictionnelle de Nancy.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Bourjol, première conseillère, pour signer les ordonnances visées à l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les magistrats ayant une ancienneté minimale de deux ans et ayant atteint au moins le grade de premier conseiller désignés à cet effet par le président de leur juridiction peuvent, par ordonnance : / () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ".

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ".

3. Il ressort des pièces du dossier que la décision du 17 décembre 2021, par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de délivrer une autorisation de travail à Mme B, qui comportait la mention des voies et délais de recours, lui a été notifiée le jour même. La requérante a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 28 janvier 2022, et que par une décision du bureau d'aide juridictionnelle de Nancy du 3 février 2022, notifiée le 10 février suivant, l'aide juridictionnelle totale lui a été accordée, prorogeant ainsi le délai de recours contentieux. Le délai de recours contentieux contre la décision du 17 décembre 2021 expirait donc le 11 avril 2022. Le recours gracieux que la requérante soutient avoir formé le 10 février 2022, dont il ne ressort pas des pièces du dossier que le ministre de l'intérieur en ait accusé réception, n'a pas eu pour effet de proroger le délai de recours. Par suite, la requête de Mme B, enregistrée le 12 avril 2022, est tardive et par suite irrecevable.

4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées en application du 4° de l'article R. 222-1 précité du code de justice administrative, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

5. Aux termes de l'article 50 de la loi du 10 juillet 1991 : " Sans préjudice des sanctions prévues à l'article 441-7 du code pénal, le bénéfice de l'aide juridictionnelle ou de l'aide à l'intervention de l'avocat est retiré, en tout ou partie, même après l'instance ou l'accomplissement des actes pour lesquels il a été accordé, dans les cas suivants : () 4° Lorsque la procédure engagée par le demandeur bénéficiant de l'aide juridictionnelle ou de l'aide à l'intervention de l'avocat a été jugée dilatoire, abusive, ou manifestement irrecevable () ".

6. Il résulte de ces dispositions que la requête de Mme B étant rejetée comme manifestement irrecevable, il y a lieu de lui retirer le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale qui lui a été accordé par une décision du 3 février 2022.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale accordée à Mme B par la décision du bureau d'aide juridictionnelle du 3 février 2022 est retiré.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B, à Me Jeannot et à la préfète de Meurthe-et-Moselle.

Fait à Nancy, le 15 octobre 2024.

La magistrate désignée,

A. Bourjol

La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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