jeudi 3 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2201381 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | BACH-WASSERMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 mai 2022, M. A C, représenté par Me Bach-Wassermann, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 octobre 2021 par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a décidé de classer sans suite et ainsi de refuser implicitement sa demande de titre de séjour, ainsi que le rejet implicite de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale " sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sous une astreinte de 100 euros par jour de retard, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir sous la même astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
- la compétence de l'auteur de la décision n'est pas établie ;
- le préfet a méconnu son droit à être entendu ;
- la décision a été prise sans respecter le principe du contradictoire ;
- le délai de quinze jours dans lequel le préfet lui a demandé de produire un acte de naissance traduit en français n'était pas raisonnable, la possibilité de classer sans suite une demande de délivrance d'un titre de séjour n'est prévue par aucun texte et constitue une ingérence injustifiée, la demande de pièce complémentaire n'a pas été adressée à la travailleuse sociale qui l'assiste dans ses démarches alors que lui-même comprend mal le français et n'a pas été informé de cette demande ;
- la décision de refus de séjour est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 9 août 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la requête en ce qu'elles sont dirigées, d'une part, contre une décision de refus d'enregistrement d'une demande de titre de séjour ne faisant pas grief dès lors que cette décision résulte du caractère incomplet du dossier, d'autre part, contre une décision de refus de titre de séjour inexistante.
Des observations ont été présentées en réponse à ce moyen d'ordre public pour M. C par un mémoire enregistré le 4 octobre 2022.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nancy en date du 7 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant arménien né le 8 juin 1981, est entré irrégulièrement en France le 24 mai 2021 selon ses déclarations. Sa demande d'asile a été rejetée par des décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 31 août 2021 et de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) du 22 mai 2022. Il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en se prévalant de son état de santé le 26 juillet 2021 via l'application " demarches-simplifiee.fr " de la préfecture de Meurthe-et-Moselle. Cette demande a été classée sans suite le 26 octobre 2021 au motif que le requérant n'avait pas fourni un acte de naissance traduit en français dans le délai de quinze jours à compter du 6 septembre 2021 qui lui avait été imparti. M. C a formé un recours gracieux contre cette décision par un courrier du 23 novembre 2021 en joignant le document demandé. Le préfet a opposé un rejet implicite à ce recours. Par la requête susvisée, M. C demande l'annulation de ces deux décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les conclusions d'annulation dirigées contre la décision implicite de refus de séjour et le rejet du recours gracieux :
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la décision du 26 octobre 2021 du préfet de Meurthe-et-Moselle a classé sans suite la demande de M. C au motif que son dossier était incomplet. Ainsi, le préfet qui n'a pas instruit la demande du requérant ne s'est pas prononcé sur son droit au séjour en France. Eu égard à ce qui a été dit au point précédent, le rejet du recours gracieux formé par le requérant contre cette décision par un courrier du 23 novembre 2021 n'a pas non plus eu pour effet de faire naître une décision de refus de séjour. Dans ces conditions, les conclusions tendant à l'annulation d'une décision de refus de séjour inexistante doivent être rejetées comme irrecevables.
3. En second lieu, il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi dans le délai de recours contentieux qui a recommencé de courir à compter de la notification du rejet du recours gracieux, de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours gracieux, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale.
En ce qui concerne les conclusions d'annulation dirigées contre la décision de refus d'enregistrement :
4. Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiants de son état civil ; / 2° Les documents justifiants de sa nationalité ; / () La délivrance du premier récépissé et l'intervention de la décision relative au titre de séjour sollicité sont subordonnées à la production de ces documents ". Aux termes de l'article R. 431-11 du même code : " L'étranger qui sollicite la délivrance d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande les pièces justificatives dont la liste est fixée par arrêté annexé au présent code ". Aux termes de l'annexe ainsi visée, " Toutes les pièces produites doivent être rédigées en français ou traduites par un traducteur assermenté près une cour d'appel ".
5. En dehors du cas d'une demande à caractère abusif ou dilatoire, l'autorité administrative chargée d'instruire une demande de délivrance ou de renouvellement de titre de séjour ne peut refuser de l'enregistrer, et de délivrer le récépissé y afférent, que si le dossier présenté à l'appui de cette demande est incomplet. En revanche, le refus d'enregistrer une telle demande au soutien de laquelle est présenté un dossier incomplet ne constitue une décision susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir que si le requérant apporte la preuve du caractère complet du dossier déposé auprès des services préfectoraux.
6. Il ressort des pièces du dossier que le 26 juillet 2021, M. C a sollicité la délivrance d'un titre de séjour en raison de son état de santé. Par un message du 6 septembre 2021 déposé sur la plateforme dématérialisée " démarches-simplifiees.fr ", le préfet de Meurthe-et-Moselle a demandé à l'intéressé de compléter son dossier en fournissant un acte de naissance traduit en français dans un délai de quinze jours. M. C qui se borne à indiquer qu'il n'a pas eu connaissance de cette demande au motif qu'il n'est pas familier de l'outil informatique, n'établit pas avoir déposé un dossier complet antérieurement à la décision contestée. Dans ces conditions, le refus d'enregistrer la demande de titre de séjour de l'intéressé n'a pas le caractère d'une décision susceptible d'être contestée par la voie d'un recours pour excès de pouvoir.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée, y compris les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet de Meurthe-et-Moselle.
Copie en sera adressée, pour information, au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience publique du 4 octobre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Grandjean, première conseillère,
M. Gottlieb, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 novembre 2022.
La rapporteure,
G. B Le président,
B. Coudert
La greffière,
I. Varlet
La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026