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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2201408

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2201408

mardi 6 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2201408
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationChambre 1
Avocat requérantSELARL COSSALTER & DE ZOLT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 17 mai 2022, M. A D, représenté par Me Roth, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 mars 2022 par lequel le maire de la commune de Val de Briey l'a révoqué à compter du 1er avril 2022 ;

2°) d'enjoindre au maire de la commune de Val de Briey de procéder à sa réintégration avec reconstitution de sa carrière, de son avancement et de ses droits à congés à compter du 18 décembre 2020 et de condamner la commune de Val de Briey à lui verser le rappel de son traitement, primes et indemnités correspondant à la période d'éviction ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Val de Briey une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'avis du conseil de discipline est entaché d'irrégularité : sa composition était irrégulière ; les débats se sont déroulés irrégulièrement ; le dossier disciplinaire ne lui a pas été communiqué ; l'avis est entaché d'une erreur de droit ;

- il est la cible d'un harcèlement moral constant de la part de l'autorité territoriale et de la direction générale des services ;

- il n'a commis aucune faute grave, de sorte que la suspension ne se justifiait pas, était inutile et vexatoire ;

- aucun grief n'était constitué au moment de l'engagement des poursuites ;

- sa réintégration à l'issue de son exclusion disciplinaire de deux années a eu lieu dans un climat hostile et dans des conditions de travail dégradées ;

- la décision est entachée d'une erreur de droit, d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation voire d'un détournement de procédure et de pouvoir : les preuves apportées sont déloyales, les faits allégués ne sont pas démontrés et ne reposent que sur des allégations dont aucun des auteurs n'a été appelé comme témoin lors de la séance du conseil de discipline ; il n'avait fait l'objet d'aucun rappel à l'ordre depuis sa réintégration avant d'être suspendu en décembre 2021 ; la mauvaise exécution alléguée de ses tâches relève le cas échéant de l'insuffisance professionnelle et ne constitue pas une faute professionnelle ; la sanction de la révocation est disproportionnée au regard des faits reprochés.

Par un mémoire en défense enregistré le 27 janvier 2023, la commune de Val de Briey, représentée par Me Couronne, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. D en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- la loi du 13 juillet 1983 ;

- la loi du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 89-677 du 18 septembre 1989 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Grandjean, rapporteure,

- les conclusions de Mme Guidi, rapporteure publique,

- les observations de Me Ambrosi, substituant Me Roth, représentant M. D,

- et les observations de Me Barbier-Renard, substituant Me Couronne, représentant la commune de Val de Briey.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, agent de maîtrise principal territorial, s'est vu infliger, par un arrêté du 10 décembre 2018 du maire de la commune de Val de Briey, et après avoir été suspendu à titre conservatoire par une décision du 13 avril 2018, la sanction disciplinaire d'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de vingt-quatre mois. Celle-ci a pris effet du 17 décembre 2018 au 16 décembre 2020. Les recours formés par M. D contre ces deux décisions ont été rejetés par un jugement du tribunal administratif de Nancy en date du 7 juillet 2020 et par un arrêt de la cour administrative d'appel de Nancy du 3 février 2022. M. D a été réintégré à compter du 18 décembre 2020 dans les effectifs de la commune en qualité de chargé de travaux techniques polyvalent au sein de l'équipe technique de Mance-Mancieulles. Il a été suspendu de ses fonctions à compter du 6 décembre 2021. Après avoir recueilli l'avis du conseil de discipline le 23 février 2022, le maire de la commune de Val de Briey a, par un arrêté du 18 mars 2022, décidé de révoquer M. D à compter du 1er avril 2022. Par la requête susvisée, M. D demande au tribunal d'annuler cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la légalité externe :

2. En premier lieu, aux termes de l'article 1er du décret du 18 septembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires territoriaux : " () / Le conseil de discipline est présidé par un magistrat de l'ordre administratif, en activité ou honoraire, désigné par le président du tribunal administratif dans le ressort duquel le conseil de discipline a son siège. Lorsque le magistrat est affecté dans une cour administrative d'appel ou dans un autre tribunal administratif que celui présidé par l'autorité de désignation, sa désignation ne peut intervenir qu'avec l'accord préalable du président de cette juridiction. Deux suppléants du président sont désignés dans les mêmes conditions. / () Le conseil de discipline comprend en nombre égal des représentants du personnel et des représentants des collectivités territoriales et de leurs établissements publics. () / Les représentants des collectivités territoriales ou de leurs établissements publics sont désignés par le président du conseil de discipline par tirage au sort, en présence d'un représentant du personnel et d'un représentant de l'autorité territoriale / () ".

3. D'une part, le principe d'impartialité ne faisait pas obstacle à ce que M. C présidât la séance du conseil de discipline du 23 février 2022 au cours de laquelle a été émis un avis sur une proposition de sanction visant M. D à raison de faits commis après sa réintégration dans les effectifs de la commune de Val de Briey le 18 décembre 2020, distincts de ceux ayant donné lieu à la précédente sanction disciplinaire du 10 décembre 2018 sur laquelle le tribunal administratif s'est prononcé par un jugement lu le 7 juillet 2020 après avoir entendu lors de l'audience du 23 juin 2020 les conclusions de M. C, en qualité de rapporteur public.

4. D'autre part, la circonstance que Mmes B et Falque aient précédemment siégé en qualité de représentantes des collectivités territoriales ou de leurs établissements publics lors de la séance du conseil de discipline qui a émis un avis sur la sanction à infliger à M. D préalablement à la décision du maire de la commune du 10 décembre 2018 ne faisait pas obstacle à ce qu'elles puissent régulièrement siéger lors de la séance de cette instance le 23 février 2022 dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elles aient manqué de l'impartialité requise ou manifesté une animosité particulière à l'égard de l'intéressé, les propos " passablement agressifs " que leur prête le requérant n'étant au demeurant pas précisés.

5. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la composition du conseil de discipline doit être écarté en ses deux branches.

6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 90 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale applicable à la date de la saisine du conseil de discipline : " () Le conseil de discipline est saisi par un rapport de l'autorité territoriale. Ce rapport précise les faits reprochés et les circonstances dans lesquelles ils ont été commis ". Aux termes de l'article 6 du décret du 18 septembre 1989 : " Le fonctionnaire poursuivi () peut présenter devant le conseil de discipline des observations écrites ou orales, citer des témoins et se faire assister par un ou plusieurs conseils de son choix ". Aux termes de l'article 9 du même décret : " Le rapport établi par l'autorité territoriale et les observations écrites éventuellement présentées par le fonctionnaire sont lus en séance. / () ". Ces dispositions n'imposent pas que les observations écrites de l'intéressé soient lues immédiatement après le rapport établi par l'autorité investie du pouvoir disciplinaire ni que ces observations soient lues en séance par une autre personne que lui-même.

7. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. D a formulé des observations écrites relatives à la procédure disciplinaire engagée à son encontre et que ces observations, déposées en début de séance, ont été présentées, pour M. D, par Me Roth son conseil. L'intéressé et son conseil ont en outre été mis en mesure de présenter toutes observations orales permettant d'éclairer utilement le conseil de discipline. Dans ces conditions, M. D n'est pas fondé à soutenir que le déroulé des débats aurait été irrégulier au motif que ses observations écrites n'auraient pas été lues intégralement par le président du conseil de discipline après sa lecture du rapport de saisine présenté par le maire de la commune de Val de Briey.

8. En troisième lieu, aux termes de l'article 19 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors applicable : " Le fonctionnaire à l'encontre duquel une procédure disciplinaire est engagée a droit à la communication de l'intégralité de son dossier individuel et de tous les documents annexes et à l'assistance de défenseurs de son choix. L'administration doit informer le fonctionnaire de son droit à communication du dossier ". Aux termes de l'article 4 du décret du 18 septembre 1989 : " L'autorité investie du pouvoir disciplinaire informe par écrit l'intéressé de la procédure disciplinaire engagée contre lui, lui précise les faits qui lui sont reprochés et lui indique qu'il a le droit d'obtenir la communication intégrale de son dossier individuel au siège de l'autorité territoriale et la possibilité de se faire assister par un ou plusieurs conseils de son choix. / L'intéressé doit disposer d'un délai suffisant pour prendre connaissance de ce dossier et organiser sa défense. Les pièces du dossier et les documents annexés doivent être numérotés. / () ". Aux termes de l'article 5 du même décret : " Lorsqu'il y a lieu de saisir le conseil de discipline, le fonctionnaire poursuivi est invité à prendre connaissance, dans les mêmes conditions, du rapport mentionné au septième alinéa de l'article 90 de la loi du 26 janvier 1984 précitée et des pièces annexées à ce rapport ".

9. Contrairement à ce que soutient le requérant, ces dispositions n'imposent pas à l'autorité territoriale qui envisage d'engager une procédure disciplinaire de constituer et de communiquer le dossier correspondant au fonctionnaire dès, le cas échéant et comme en l'espèce, l'édiction d'une mesure de suspension préalable. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que M. D a été informé de l'engagement d'une telle procédure à son encontre par un courrier du 24 janvier 2022 du maire de la commune de Val de Briey. Ce courrier comportait les mentions prévues par les dispositions précitées des articles 4 et 5 du décret du 18 septembre 1989, en particulier celles relatives à son droit à la consultation de son dossier. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la communication de son dossier individuel lui aurait été refusée dans ce cadre. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision de révocation attaquée serait entachée d'irrégularité en raison du refus qu'a opposé la commune de Val de Briey le 21 janvier 2022, soit préalablement à l'engagement de la procédure disciplinaire, à sa demande de communication des " pièces de procédure " relatives à la décision de suspension du 6 décembre 2021.

10. En quatrième lieu, le requérant soutient que l'avis du conseil de discipline est entaché d'une erreur de droit au motif que cette instance aurait, pour estimer établie la matérialité des faits reprochés à M. D, tenu compte à tort de la qualité d'officier de police judiciaire des élus de la commune qui ont rédigé certains des rapports sur la manière de servir de l'intéressé. Toutefois, cette mention, superfétatoire, de la qualité d'officiers de police judiciaire des élus municipaux, n'est pas de nature à remettre en cause la légalité de l'avis du conseil de discipline du 23 février 2022 ni, par suite et en tout état de cause, celle de la décision attaquée. Dans ces conditions, ce moyen ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la légalité interne :

11. En premier lieu, les moyens tirés du caractère vexatoire et inutile de la mesure de suspension du 6 décembre 2021 et de l'absence de faute grave ne permettant pas de justifier cette suspension sont inopérants à l'encontre de la décision de révocation seule attaquée par la requête susvisée.

12. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 530-1 du code général de la fonction publique entré en vigueur le 1er mars 2022 : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire () ". Aux termes de l'article L. 533-1 du même code : " Les sanctions disciplinaires pouvant être infligées aux fonctionnaires sont réparties en quatre groupes : / () / 4° Quatrième groupe : / a) la mise à la retraite d'office ; / b) la révocation ".

13. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.

14. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier du rapport de saisine du conseil de discipline du 19 janvier 2022, étayé par plusieurs rapports du directeur des ressources humaines et du responsable de l'équipe technique de Mance-Mancieulles ainsi que par un signalement du maire délégué de la commune de Mancieulles au maire de la commune de Val-de-Briey et des témoignages de collègues de M. D, que celui-ci a, malgré plusieurs observations de son chef d'équipe tenant à la qualité du travail fourni, persisté dans une attitude désinvolte, une absence d'investissement dans ses tâches et l'inobservation de ses obligations de service se traduisant en particulier par des travaux partiellement exécutés, du gaspillage de semences ou de désherbants en raison d'une mauvaise utilisation du matériel, des pauses cigarettes ou café multiples et prolongées. Il ressort également des pièces du dossier que l'intéressé s'est montré grossier, voire menaçant envers son chef de service lorsque celui-ci lui a fait observer ses manquements en ce qui concerne le nettoyage des cours d'école lors de la rentrée scolaire 2021, qu'il a insulté le 5 novembre 2021 un agent technique d'une autre équipe affecté à Briey, qu'il a également été particulièrement insultant envers deux de ses collègues le 1er décembre 2021 et s'est montré agressif envers eux menaçant d'en venir aux mains. Il ressort en outre des témoignages produits que l'intéressé provoque des tensions avec les autres agents de l'équipe notamment en soulignant leur différence de rémunération, en ne collaborant pas avec eux, en incitant l'un de ses collègues, stagiaire, à ne pas respecter ses obligations de service et à ne pas reprendre une tâche insuffisamment accomplie. Le requérant ne remet pas utilement en cause la matérialité de ces faits, décrits de manière circonstanciée par les différents rapports et témoignages produits, en se bornant à soutenir qu'il n'a pas été destinataire des doléances de ses supérieurs avant qu'il ne soit suspendu le 6 décembre 2021, que sa suspension aurait fait obstacle à l'organisation de sa défense ou que ses collègues n'ont pas été appelés à témoigner lors de la séance du conseil de discipline.

15. Par ailleurs, il n'est pas sérieusement contesté par M. D, qui a été recruté au sein des services techniques de la commune de Briey en 1998 et qui a atteint le grade d'agent de maîtrise principal et occupé les fonctions de chef du centre technique municipal jusqu'à son exclusion disciplinaire du service en 2018, qu'il dispose des compétences lui permettant d'accomplir ses tâches à la satisfaction de son employeur. En outre, il ressort d'un témoignage de son supérieur hiérarchique que M. D a ouvertement déclaré qu'il entendait, après deux ans d'exclusion, nuire à son employeur. Dans ces conditions, le requérant ne peut sérieusement soutenir que les faits qui lui sont reprochés relèvent d'une insuffisance professionnelle et non de la faute. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de qualification juridique des faits doit être écarté.

16. Enfin, il ressort des pièces du dossier que des faits similaires ont justifié l'exclusion temporaire pour une durée de deux ans du requérant décidée par un arrêté du 10 décembre 2018, que l'attitude négative de M. D s'est manifestée dès le mois de mai 2021, soit moins de cinq mois après sa réintégration, et qu'elle a eu pour effet de rendre plus complexe l'organisation tant du travail des équipes du service de Mance-Mancieulles que celui des agents de l'équipe affectée à Briey, afin de limiter tout risque d'altercations. Il est également établi par la commune que M. D exerce une influence négative sur le professionnalisme de deux de ses collègues, que son comportement a été à l'origine d'une dégradation sensible des conditions de travail au sein de l'équipe technique de Mance-Mancieulles, ainsi que cela ressort tant du constat du chef d'équipe que de ceux de plusieurs des agents tels qu'ils ressortent des compte rendu des entretiens d'évaluation professionnelle portant sur l'année 2021 et qu'il s'y est instauré un climat délétère quelques semaines seulement après son intégration dans l'équipe.

17. Eu égard, d'une part, à la gravité des faits reprochés, dont la matérialité, ainsi qu'il a été dit au point 14 du présent jugement, est suffisamment établie, lesquels constituent de nouveaux manquements aux obligations d'obéissance, de dignité et de réserve, d'autre part, aux conséquences qu'ils ont eues sur l'organisation du travail des équipes techniques de la commune, l'autorité disciplinaire n'a pas pris une sanction disproportionnée en décidant d'infliger à M. D la sanction de la révocation.

18. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique : " Aucun agent public ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ". Aux termes de l'article L. 133-3 du même code : " Aucune mesure concernant notamment () la discipline () ne peut être prise à l'égard d'un agent public en raison du fait que celui-ci : / 1° a subi ou refusé de subir () les agissements de harcèlement moral mentionnés à l'article L. 133-2 ; / 2° A formulé un recours auprès d'un supérieur hiérarchique ou engagé une action en justice visant à faire cesser ces agissements ; / () ".

19. M. D soutient que la procédure disciplinaire engagée à son encontre était préméditée et relèverait du harcèlement moral dont il se dit victime et qui se serait manifesté par les conditions de sa réintégration, après son exclusion disciplinaire, dans un poste de moindre responsabilité, sous la subordination d'un agent détenant un grade inférieur au sien, au sein de locaux qu'il estime insalubres et alors qu'une pétition, qu'il soutient avoir été suscitée par sa hiérarchie, s'opposant à sa réintégration et signée de ses anciens collègues, lui aurait été cachée. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que la pétition signée le 14 octobre 2020 par une trentaine d'agents de la commune de Val de Briey s'inquiétant des conséquences de la réintégration de M. D au sein des services de la commune aurait été initiée par le maire ou le directeur général des services de la commune. Il n'en ressort pas non plus que les conditions dans lesquelles le requérant a été réaffecté seraient constitutives de faits de harcèlement moral. Par ailleurs, l'état d'entretien et les conditions de sécurité affectant les locaux du service technique de Mance-Mancieulles que M. D a signalés le 8 septembre 2021 ont fait l'objet d'une présentation en comité technique paritaire le 30 septembre 2021 et de divers diagnostics et travaux de sécurisation et de remise en état dès 2021. Par ailleurs, si la demande de cumul de son emploi public avec une activité privée présentée par M. D le 12 octobre 2021 n'a pas abouti en raison de sa suspension de fonctions puis de son éviction, il ressort des pièces du dossier qu'elle n'avait pas rencontré d'opposition de principe de la part du maire de la commune. En outre, le requérant n'établit pas que les rumeurs dont il se prétend l'objet et dont la nature n'est au demeurant pas précisée auraient été lancées par le maire et le directeur général des services. Enfin, il ressort de ce qui a été dit aux points 14 à 17 que la procédure disciplinaire est justifiée par les manquements de M. D à ses obligations professionnelles. Par suite, et alors que la plainte déposée le 23 février 2022 pour de tels faits de harcèlement ne suffit pas à tenir pour établis les agissements de harcèlement imputés à sa hiérarchie, les moyens tirés de ce que la sanction infligée participerait du harcèlement moral qu'il dit subir et serait entachée d'un détournement de procédure ou de pouvoir doivent être écartés.

20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. D tendant à l'annulation de la décision du 18 mars 2022 prise par le maire de la commune de Val de Briey doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

21. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être également rejetées.

Sur les frais de l'instance :

22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Val de Briey, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. D demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. D une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Val de Briey et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er :La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : M. D versera à la commune de Val de Briey une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la commune de Val de Briey présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et à la commune de Val de Briey.

Délibéré après l'audience du 16 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Coudert, président,

Mme Grandjean, première conseillère,

M. Gottlieb, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2023.

La rapporteure,

G. Grandjean Le président,

B. Coudert

La greffière,

A. Mathieu

La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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