mardi 4 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2201419 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | TADIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 18 mai 2022 et des mémoires complémentaires enregistrés les 10 juillet et 29 septembre 2023, M. C A et Mme D B, représentés par Me Tadic, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le maire de la commune de Jouy-en-Argonne sur leur demande de mise en œuvre d'une procédure d'expulsion du domaine public à l'encontre de M. E ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Jouy-en-Argonne de procéder à l'expulsion de M. E, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Jouy-en-Argonne la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils disposent d'un intérêt à agir dès lors qu'ils sont propriétaires riverains et voisins de M. E ;
- la décision méconnait les dispositions de l'article L. 2122-21 du code général des collectivités territoriales, qui oblige le maire de la commune à exécuter les décisions prises par le conseil municipal.
Par des mémoires en défense enregistrés les 3 avril et 24 août 2023, M. E, représenté par Me Dubaux, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A et Mme B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens de l'instance.
Il soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que les requérants sont dépourvus d'intérêt à agir ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense enregistré le 14 avril 2023, la commune de Jouy-en-Argonne, représentée par Me Martin, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A et Mme B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la requête est irrecevable dès lors que les requérants sont dépourvus d'intérêt à agir ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de la voirie routière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jouguet, rapporteure,
- les conclusions de M. Gottlieb, rapporteur public,
- les observations de Me Tadic, représentant M. A et Mme B,
- et les observations de Me Martin, représentant la commune de Jouy-en-Argonne.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 22 novembre 2021, le conseil municipal de la commune de Jouy-en-Argonne a autorisé M. E à aménager l'usoir devant sa propriété, sans clôture fermée en bois et en respectant une bande de passage de 1,4 mètres, et a précisé que cette autorisation s'applique à tous les riverains qui ne possèdent pas d'acte de propriété. Par un courrier du 31 janvier 2022, M. A a demandé au maire de la commune d'appliquer cette délibération en mettant en œuvre une procédure d'expulsion à l'encontre de M. E. Ce courrier n'a fait l'objet d'aucune réponse. Par la présente requête, M. A et Mme B demandent l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé par la maire sur leur demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 2122-21 du code général des collectivités territoriales : " Sous le contrôle du conseil municipal et sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, le maire est chargé, d'une manière générale, d'exécuter les décisions du conseil municipal et, en particulier : / 1°) De conserver et d'administrer les propriétés de la commune et de faire, en conséquence, tous actes conservatoires de ses droits ; () ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 2132-1 du code général de la propriété publique : " La répression des infractions à la police de la conservation du domaine public routier est poursuivie dans les conditions fixées au chapitre VI du titre Ier du livre Ier du code de la voirie routière ". Aux termes de l'article L. 116-1 du code de la voirie routière : " La répression des infractions à la police de la conservation du domaine public routier est poursuivie devant la juridiction judiciaire sous réserve des questions préjudicielles relevant de la compétence de la juridiction administrative ". Aux termes de l'article R. 116-2 du même code : " Seront punis d'amende prévue pour les contraventions de la cinquième classe ceux qui : / 1° Sans autorisation, auront empiété sur le domaine public routier ou accompli un acte portant ou de nature à porter atteinte à l'intégrité de ce domaine ou de ses dépendances () ".
4. Il résulte des dispositions précitées qu'il incombe au maire d'assurer la conservation du domaine public routier de la commune et d'engager des poursuites en vue de faire cesser l'occupation irrégulière d'une voie publique communale. En l'espèce, M. A, par son courrier du 31 janvier 2022, a demandé au maire de la commune de mettre en œuvre une procédure d'expulsion du domaine public à l'encontre de M. E, au motif que ce dernier ne respecterait pas les conditions de l'autorisation d'occupation de l'usoir, délivrée par le conseil municipal. Cette demande, qui tendait à la mise en œuvre des pouvoirs de police du maire en matière de conservation du domaine public, relève d'un pouvoir propre du maire, qui ne peut être délégué au conseil municipal. Par suite, en refusant de faire droit à la demande de M. A de mettre en œuvre une procédure d'expulsion du domaine public, le maire de la commune n'a pas refusé d'exécuter la délibération du 22 novembre 2021 par laquelle le conseil municipal a autorisé M. E a occupé l'usoir litigieux, qui n'impliquait en tout état de cause aucune mesure d'exécution. Il s'ensuit que les requérants ne peuvent utilement faire valoir que le refus du maire méconnaîtrait les dispositions de l'article L. 2122-21 du code général des collectivités territoriales et ce moyen doit être écarté.
5. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Jouy-en-Argonne et par M. E, que les conclusions de M. A et de Mme B tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet née du silence gardé par la commune sur leur demande du 31 janvier 2022, doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte ne peuvent qu'être également rejetées.
Sur les conclusions relatives aux dépens :
7. La présente instance ne comporte aucuns dépens. Par suite, les conclusions présentées à ce titre par M. E doivent, en tout état de cause, être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Jouy-en-Argonne, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante ou celle tenue aux dépens, la somme demandée par les requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. E et de la commune de Jouy-en-Argonne présentées sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A et de Mme B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de M. E et de la commune de Jouy-en-Argonne présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié M. C A, à Mme D B, à la commune de Jouy-en-Argonne et à M. E.
Délibéré après l'audience du 14 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Grandjean, première conseillère,
Mme Jouguet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 février 2025.
La rapporteure,
A. JouguetLe président,
B. Coudert
La greffière,
I. Varlet
La République mande et ordonne au préfet de la Meuse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026