mardi 20 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2201615 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | BOUDHANE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 9 juin 2022, M. C B, représenté par Me Boudhane, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 mars 2022 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit ;
2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour, à défaut, de réexaminer sa situation administrative et, dans l'attente de ce réexamen de le mettre en possession d'une autorisation provisoire de séjour dans les délais de respectivement un mois et quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 000 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, ainsi que les entiers dépens de l'instance.
Il soutient que :
En ce qui concerne la décision refusant le titre de séjour :
- la compétence du signataire de la décision n'est pas établie ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- le préfet ne démontre pas avoir procédé à un examen attentif de sa situation ;
- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- le préfet ne démontre pas avoir procédé à un examen individuel de sa situation ;
- la décision est fondée sur une décision portant refus de séjour elle-même illégale ;
- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 août 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nancy en date du 13 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-gabonais du 5 juillet 2007 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant gabonais né le 8 novembre 1995, est entré en France le 2 octobre 2017, sous couvert d'un passeport en cours de validité et revêtu d'un visa de long séjour valant titre de séjour en qualité d'étudiant pour suivre un cursus en BTS banque. Ses droits au séjour en qualité d'étudiant ont été renouvelés par l'attribution d'une carte de séjour pluriannuelle valable du 22 septembre 2018 au 21 septembre 2021. Après s'être inscrit en L1 " Administration économique et sociale " puis avoir envisagé, pour l'année universitaire 2018/2019, une réorientation en BTS " Qualité-sécurité-environnement " (QSE) qu'il n'a pas concrétisée, M. B a sollicité le renouvellement de cette carte de séjour le 5 août 2021. Le 30 mars 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de renouveler ses droits au séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours. Par la requête susvisée, M. B demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :
2. En premier lieu, l'arrêté est signé par M. Julien Le Goff, secrétaire général, auquel le préfet de Meurthe-et-Moselle établit avoir délégué sa signature aux fins de signer les décisions en litige par un arrêté en date du 8 septembre 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le 9 septembre 2021, sans subordonner cette délégation à une condition d'absence ou d'empêchement. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions litigieuses manque en fait et doit être écarté.
3. En second lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de l'arrêté attaqué, qui comporte de manière suffisamment précise et non stéréotypée les considérations de droit et de fait qui fondent le refus de séjour et l'obligation de quitter le territoire français, qui sont ainsi suffisamment motivées, que le préfet se serait abstenu de procéder à un examen particulier de la situation du requérant avant de refuser de lui renouveler son titre de séjour en qualité d'étudiant et de lui faire obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / () ".
5. Le requérant n'a obtenu aucun diplôme au terme de quatre années d'études après une réorientation et a demandé le renouvellement de ses droits au séjour au titre de l'année 2021/2022 pour suivre pour la quatrième année consécutive la première année de licence " Administration économique et sociale ". Par ailleurs, M. B n'apporte pas d'éléments suffisamment probants justifiant des démarches infructueuses qu'il aurait accomplies pour trouver un stage dans le cadre du BTS Banque initialement suivi ou une entreprise d'accueil afin de poursuivre une formation en alternance en BTS " QSE " pour expliquer l'impossibilité dans laquelle il se serait trouvé de poursuivre ses études dans le cadre de ce cursus, lequel, en tout état de cause, n'a été envisagé qu'au titre de l'année 2018/2019. Enfin, le requérant ne se prévaut d'aucune circonstance particulière susceptible d'expliquer ses échecs successifs à obtenir la première année de licence " Administration économique et sociale ". Par suite, M. B ne peut être regardé comme justifiant du caractère effectif et sérieux de ses études et n'est ainsi pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur d'appréciation sur ce point.
6. En second lieu, dès lors que le titre de séjour portant la mention " étudiant " ne donne pas vocation à s'installer durablement en France, que M. B n'invoque aucun motif sérieux expliquant l'absence de progression dans ses études et qu'il ne démontre pas être dépourvu d'attaches familiales au Gabon où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-et-un ans, il ne ressort par des pièces du dossier qu'en refusant de renouveler le titre de séjour qui avait été délivré à M. B en sa qualité d'étudiant, le préfet de Meurthe-et-Moselle aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
7. En premier lieu, les moyens dirigés contre la décision de refus de titre de séjour ayant été écartés, l'exception d'illégalité de cette décision, invoquée par le requérant à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français, doit également être écartée.
8. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux mentionnés au point 6 du présent jugement, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commise le préfet doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation des décisions du 30 mars 2022 prises par le préfet de Meurthe-et-Moselle doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction, celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique et, en tout état de cause, celles tendant à la condamnation de l'État aux entiers dépens, ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de Meurthe-et-Moselle.
Copie en sera adressée, pour information, au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience publique du 2 septembre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Grandjean, première conseillère,
M. Gottlieb, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2022.
La rapporteure,
G. A Le président,
B. Coudert
La greffière,
I. Varlet
La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026