lundi 18 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2201768 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL CLAISSE & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 23 juin 2022, M. C B, représenté par Me Maamouri, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 9 juin 2022 par laquelle le conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a rejeté sa demande de renouvellement de carte professionnelle d'agent de sécurité ;
2°) d'enjoindre au CNAPS de lui délivrer une carte professionnelle d'agent de sécurité dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du CNAPS la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que la décision aura pour conséquence immédiate de le priver de son emploi, de le priver de ses revenus ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée en ce que :
* elle a été prise par une autorité incompétente ;
* elle a été prise en méconnaissance du principe du contradictoire ;
* elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant à la question de savoir si les condamnations pour lesquelles il a été condamné portent sur des faits incompatibles avec l'exercice de ses fonctions.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 juillet 2022, le Conseil national des activités privées de sécurité, représenté par la SELARL Centaure, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 500 euros soit mise à la charge de M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors qu'il n'a pas été diligent dans le cadre de sa demande de renouvellement, que la perte de son emploi pourra s'accompagner d'un revenu de remplacement, que sa convocation à un entretien préalable de licenciement est sans lien avec la décision attaquée, que le requérant ne justifie pas ne pas pouvoir exercer un emploi dans un autre domaine que celui de la sécurité privée et que l'intérêt public commande que l'exécution de la décision se poursuive ;
- aucun des moyens soulevés n'est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée.
Vu :
- la requête enregistrée le 23 juin 2022 sous le n° 2201769 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Di Candia, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer en matière de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 8 juillet 2022 à 10h45 :
- le rapport de M. Di Candia, juge des référés,
- les observations de Me Maamouri, pour M. B, ainsi que M. B lui-même ;
- et les observations de Me Zekri, substituant la SELARL Centaure.
La clôture de l'instruction a été différée une première fois au 11 juillet 2022 à 18h00.
Le Conseil national des activités privées de sécurité a produit une pièce complémentaire.
Par un courriel enregistré le 11 juillet 2022 à 17h35, M. B a produit un mémoire et des pièces complémentaires.
En raison d'une opération de maintenance de l'application Télérecours, ce mémoire et ces pièces n'ont pu être communiqués avant l'heure de la clôture d'instruction précitée.
Par une ordonnance du 12 juillet 2022, le juge des référés a procédé à la réouverture et à la clôture d'instruction, de sorte que la clôture d'instruction a été différée une seconde fois au 15 juillet 2022 à 12h00.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, agent de sécurité employé en contrat à durée indéterminée depuis le 1er juillet 2020 chez A, a sollicité le renouvellement de sa carte professionnelle d'agent de sécurité privée auprès du conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) le 21 avril 2022. Par une décision du 9 juin 2022, le directeur du CNAPS a refusé de renouveler sa carte professionnelle au motif qu'il avait été condamné à deux reprises pour conduite sous l'empire d'un état alcoolique, les 3 et 26 avril 2019. Par la présente requête, M. B demande au juge des référés de suspendre, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de cette décision.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi de conclusions tendant à la suspension d'un acte administratif, d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. En premier lieu, M. B justifie suffisamment que l'exécution de la décision attaquée affecte de manière grave et immédiate sa situation dès lors que celle-ci le prive de l'exercice de sa profession et aura des conséquences sur sa situation financière. En effet, il ressort des pièces du dossier, notamment du courrier de son employeur du 7 juillet 2022 que la cause de son licenciement n'est directement liée qu'à l'intervention de la décision contestée. En outre, à supposer que la décision de son employeur soit irrévocable, le requérant fait valoir qu'il souhaite poursuivre l'exercice d'une activité dans le secteur de la sécurité privée, où il justifie d'une expérience professionnelle. Dans ces conditions, et à supposer même que, ainsi que le soutient le CNAPS, le requérant puisse prétendre à des indemnités de licenciement ou à des indemnités chômage en cas de licenciement, le refus opposé à sa demande de renouvellement de carte professionnelle est susceptible, dans les circonstances de l'espèce, de porter une atteinte suffisamment grave et immédiate à la situation de M. B. L'autorité administrative ne se prévaut par ailleurs pas de circonstances particulières faisant apparaître l'intérêt public qui s'attacherait à ce que cette décision conserve tous ses effets jusqu'à ce qu'il soit statué sur la demande d'annulation. Par suite, la condition d'urgence exigée par les dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doit être regardée comme remplie.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de la sécurité intérieure : " Sont soumises aux dispositions du présent titre, dès lors qu'elles ne sont pas exercées par un service public administratif, les activités qui consistent : 1° A fournir des services ayant pour objet la surveillance humaine ou la surveillance par des systèmes électroniques de sécurité ou le gardiennage de biens meubles ou immeubles ainsi que la sécurité des personnes se trouvant dans ces immeubles ou dans les véhicules de transport public de personnes ; () ". Aux termes de l'article L. 612-20 du même code : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : / 1° S'il a fait l'objet d'une condamnation à une peine correctionnelle ou à une peine criminelle inscrite au bulletin n°2 du casier judiciaire ou, pour les ressortissants étrangers, dans un document équivalent, pour des motifs incompatibles avec l'exercice des fonctions ; () ".
6. En l'état de l'instruction, le moyen invoqué, tiré de ce qu'en refusant de renouveler la carte professionnelle de M. B, le directeur du CNAPS a fait une inexacte application des dispositions précitées est propre à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision du 9 juin 2022 dont la suspension est demandée.
7. Il résulte de ce qui précède que les deux conditions auxquelles l'article L. 521-1 du code de justice administrative subordonne la suspension d'une décision administrative étant réunies, il y a lieu de suspendre l'exécution de la décision du 9 juin 2022 par laquelle le directeur du CNAPS a refusé de renouvelé la carte professionnelle de M. B.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
8. Aux termes de l'article L. 511-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire () ". Il appartient au juge des référés d'assortir sa décision de suspension des seules obligations provisoires qui en découlent pour l'administration.
9. L'exécution de la présente ordonnance implique que le Conseil national des activités privées de sécurité procède au réexamen de la demande de renouvellement de sa carte professionnelle d'agent de sécurité présentée par M. B et, dans l'attente d'une nouvelle décision, lui délivre une carte provisoire.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le Conseil national des activités privées de sécurité demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge du Conseil national des activités privées de sécurité une somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : L'exécution de la décision du 9 juin 2022 du directeur du Conseil national des activités privées de sécurité est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête n° 2201769.
Article 2 : Il est enjoint au Conseil national des activités privées de sécurité de réexaminer, au regard des motifs de la présente ordonnance, la demande de renouvellement de sa carte professionnelle présentée par M. B et, dans l'attente d'une nouvelle décision, de lui délivrer une carte provisoire.
Article 3 : Le Conseil national des activités privées de sécurité versera à M. B une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions du Conseil national des activités privées de sécurité présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Fait à Nancy, le 18 juillet 2022.
Le juge des référés,
O. Di Candia
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-Mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026