jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2201876 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | LEHMANN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 4 juillet 2022 et le 20 juillet 2022, M. A C, représenté par Me Lehmann, demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération en date du 30 juin 2022 du jury d'examen de licence accès santé UL2 en tant qu'elle l'a déclaré ajourné à la session 1 de l'année 2021-2022 ;
2°) d'enjoindre à l'université de Lorraine de l'admettre provisoirement en seconde année d'études de santé au sein de la filière médecine, dans l'attente du jugement sur le fond ;
3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
4°) de mettre à la charge de l'université de Lorraine une somme de 1 500 euros sur le fondement des articles L.761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée dès lors qu'il a seulement été informé à l'issue du second groupe d'épreuves que sa moyenne était de 11,257 sur 20 sans aucune précision concernant sa note d'oral, ni sur son classement ;
- il résulte des décisions du conseil d'administration de l'université, que le nombre de LAS2 devant être au minimum égal à 30% du nombre total d'étudiants admis en deuxième année des études de santé pour la filière de médecine, soit 61 étudiants, son classement de 18 sur 35 à l'issue du premier groupe d'épreuves devait lui permettre l'accès à la seconde année ;
- si le collegium santé du 21 septembre 2021 précise que le jury peut classer moins de candidats que de places à pourvoir en fonction du niveau d'exigence fixé par le jury, une telle position est contraire au décret et à l'arrêté du 4 novembre 2019 ; de telles modalités sur lesquelles est fondée la décision du jury sont illégales, ce qui entraine l'illégalité de cette décision.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 septembre 2022, la présidente de l'université de Lorraine conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que le requérant n'a pas confirmé le maintien au fond de sa requête ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, par une décision du bureau de l'aide juridictionnelle du 2 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2019-1125 du 4 novembre 2019relatif à l'accès aux formations de médecine, de pharmacie, d'odontologie et de maïeutique ;
- l'arrêté du 4 novembre 2019 relatif à l'accès aux formations de médecine, de pharmacie, d'odontologie et de maïeutique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. B ;
- les conclusions de Mme Florence Milin-Rance, rapporteure publique ;
- et les observations de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C est étudiant en deuxième année de licence de sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS) au sein de l'université de Lorraine et suit, en parallèle, le cursus de seconde année de licence accès santé (LAS) dans le but d'intégrer la seconde année de médecine. Par une décision du 30 juin 2022, le jury d'examen de la licence accès santé de l'université de Lorraine l'a ajourné pour l'année 2021-2022 de sorte qu'il lui est impossible d'accéder à la seconde année de la filière médecine. Par sa requête, M. C demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle par une décision du bureau d'aide juridictionnelle en date du 2 août 2022. Par suite, il n'y a plus lieu de prononcer son admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions indemnitaires :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / 2° Infligent une sanction ; / 3° Subordonnent l'octroi d'une autorisation à des conditions restrictives ou imposent des sujétions ; / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; / 5° Opposent une prescription, une forclusion ou une déchéance ; / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; / 7° Refusent une autorisation, sauf lorsque la communication des motifs pourrait être de nature à porter atteinte à l'un des secrets ou intérêts protégés par les dispositions du a au f du 2° de l'article L. 311-5 ; / 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire ".
4. Les délibérations d'un jury d'examen chargé d'apprécier les mérites des candidats n'entrent dans aucune des catégories de décisions défavorables par les dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration et n'ont dès lors pas à être motivées. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté comme inopérant.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 631-1 du code de l'éducation : " II.- Les titulaires des grades, titres ou diplômes, dont la liste est établie par un arrêté des ministres chargés de l'enseignement supérieur et de la santé, peuvent être admis en deuxième ou troisième année de premier cycle des formations de médecine, de pharmacie, d'odontologie ou de maïeutique, sur le fondement du quatrième alinéa de l'article L. 631-1 dans les conditions prévues à l'article R. 631-1-3 ". Aux termes de l'article R. 631-1-1 du code de l'éducation : " III.-Pour chaque formation de médecine, de pharmacie, d'odontologie et de maïeutique, le nombre de places en deuxième ou troisième année du premier cycle est réparti entre les parcours de formation mentionnés à l'article R. 631-1 de façon à garantir la diversification des voies d'accès. Cette répartition est effectuée en précisant le nombre de places proposées pour chaque parcours, ou pour des groupes de parcours. Un arrêté des ministres en charge de la santé et de l'enseignement supérieur fixe le nombre de places proposées pour chaque formation de médecine, de pharmacie, d'odontologie et de maïeutique, pour un parcours ou un groupe de parcours qui ne peut excéder 50 % du nombre total de places proposées ". Par ailleurs, en vertu du IV de l'article 6 du décret n°2019-1125 : " IV.- Pendant une durée de deux ans à compter de la rentrée universitaire 2020, les universités peuvent, sur demande motivée, être autorisées à déroger au pourcentage mentionné au premier alinéa du III de l'article R. 631-1-1 du code de l'éducation dans sa rédaction résultant du présent décret, dans la limite de 70 % du nombre total de places proposées. Un arrêté des ministres chargés de la santé et de l'enseignement supérieur dresse la liste des universités autorisées à déroger ainsi que le pourcentage appliqué pour chacune d'elles ". L'article 4 de l'arrêté du 4 novembre 2019 relatif à l'accès aux formations de médecine, de pharmacie, d'odontologie et de maïeutique prévoit : " Les universités qui dispensent des formations de médecine, de pharmacie, d'odontologie ou de maïeutique peuvent proposer pour chacune d'elle un nombre de places pour des étudiants inscrits à des formations mentionnées au 3° de l'article 631-1 du code de l'éducation. Elles définissent alors pour chacune des formations de médecine, de pharmacie, d'odontologie ou de maïeutique les unités d'enseignements permettant d'acquérir les crédits ECTS mentionnés au II de l'article 1er du présent arrêté () ". Le II de l'article 7 du même texte dispose : " Les universités répartissent pour chacun des groupes de parcours et pour chacune des formations de médecine, de pharmacie, d'odontologie et de maïeutique un nombre minimal de places de façon à répondre aux objectifs de diversification ci -dessous. Au moins 30 % des places sont réservées à des étudiants ayant validé au plus 60 crédits ECTS, le cas échéant majorés des crédits ECTS mentionnés au II de l'article 1er du présent arrêté. Ces places sont réparties dans deux groupes distincts de parcours dont au moins un relevant du 1° de l'article R. 631-1 du code de l'éducation. Au moins 30 % des places sont réservées à des étudiants ayant validé au moins 120 crédits ECTS. Au plus 50 % des places sont attribuées à des étudiants inscrits dans une même formation mentionnée aux 1° ou 3° du I de l'article R. 631-1 du code de l'éducation, ou inscrits dans une formation mentionnée au 2° du I de l'article R. 631-1 du code de l'éducation () ". Et l'article 12 de ce même arrêté indique : " () IV. - lorsque le nombre de candidats ou leurs résultats ne permet pas de remplir la totalité de la capacité d'accueil d'une formation de médecine, de pharmacie, d'odontologie et de maïeutique pour un groupe de parcours de formation antérieur, l'admission peut être proposée aux candidats figurant sur une liste complémentaire d'un autre groupe de parcours, en respectant les conditions de diversification prévues à l'article 7 du présent arrêté. ".
6. Il résulte de ces dispositions que les étudiants inscrits en parcours licence accès santé peuvent, dans la limite d'un nombre maximal de places disponibles, fixé par l'université qui dispense la formation de médecine, être admis à intégrer la seconde année de médecine.
7. Il ressort des pièce du dossier que, par délibération du 22 juin 2021, le conseil d'administration de l'université de Lorraine a fixé, pour l'année 2021/2022, les capacités totales d'accueil en études de santé pour les filières médecine, maïeutique, odontologie et pharmacie à 380 places pour les parcours définis au I de l'article R. 631-1 du code de l'éducation, ces places étant réparties comme suit : 30 % pour les étudiants de LAS et 70% pour les étudiants du parcours accès santé spécifique (PASS). Le nombre de 30 % définissant la capacité maximale de places disponibles pour les étudiants de LAS, le jury a choisi de fixer, pour l'année en litige, un niveau d'exigence à une moyenne de 12/20 en mineure santé à l'issue des épreuves orales et de ne pourvoir qu'une fraction seulement des postes ouverts au concours pour les étudiants de LAS. M. C soutient que son classement de 18 sur 35 à l'issue du premier groupe d'épreuves devait lui permettre l'accès à la seconde année et que la décision du collégium santé du 21 septembre 2021 précisant que le jury peut classer moins de candidats que de places à pourvoir en fonction du niveau d'exigence fixé par le jury, est contraire au décret et à l'arrêté du 4 novembre 2019. Toutefois, tout jury est en droit, dans l'exercice de son pouvoir souverain d'appréciation des mérites des candidats, de ne pourvoir qu'une partie seulement des places ouvertes à un concours s'il estime, après appréciation de l'ensemble des opérations du concours et pour des motifs tirés du résultat des épreuves, que la moyenne des notes obtenues par certains candidats ne justifie pas leur admission. Il ressort des pièces du dossier que M. C a obtenu une moyenne de 11,257/20 à l'issue du second groupe d'épreuve, inférieure au seuil minimal de 12/20 retenu par le jury. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir que le jury du concours de LAS aurait commis une erreur de droit ou d'appréciation en l'ajournant à la session 1 de l'année 2021-2022.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense, que les conclusions d'annulation de la requête doivent être rejetées.
Sur les conclusions d'injonction :
9. Le présent jugement, qui ne fait pas droit aux conclusions de la requête, n'appelle aucune mesure d'exécution au sens des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Par suite, les conclusions présentées par les requérants à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées
Sur les frais de l'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'université de Lorraine, qui n'a pas la qualité de partie perdante, au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire présentée par M. C.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à l'université de Lorraine.
Délibéré après l'audience du 18 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Marti, président,
M. Durand, premier conseiller,
Mme Marini, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 novembre 2022.
Le rapporteur,
F. B
Le président,
D. Marti
Le greffier,
F. Richard
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N°2201876
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026