mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2201913 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | ROLLAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 juillet 2022 à 9 heures, M. B A conteste l'arrêté du 4 juillet 2022 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trente-six mois.
Il soutient que :
- il ne peut pas rester en France car ayant aidé des chefs des prisons, il est menacé par les détenus ;
- il ne peut pas retourner au Maroc car il a été condamné à mort par la famille de son ex-épouse qui attend son retour ;
- il souhaite être reconduit vers la Libye.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 juillet 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Gottlieb, premier conseiller, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gottlieb, magistrat désigné,
- les observations de Me Rolland, avocat commis d'office représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant marocain né le 1er janvier 1985, a déclaré être entré en France le 10 janvier 2014. Par un arrêt du 8 mars 2018, la cour d'appel de Montpellier l'a condamné à une peine de sept ans d'emprisonnement pour des faits de violence aggravée par deux circonstances suivie d'incapacité. Alors qu'il était incarcéré au centre de détention d'Ecrouves, le préfet de Meurthe-et-Moselle a par un arrêté du 4 juillet 2022, fait obligation à M. A de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trente-six mois. Par la requête susvisée, M. A doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut désigner comme pays de renvoi : 1° Le pays dont l'étranger a la nationalité, sauf si l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ou la Cour nationale du droit d'asile lui a reconnu la qualité de réfugié ou lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire ou s'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'asile ; 2° Un autre pays pour lequel un document de voyage en cours de validité a été délivré en application d'un accord ou arrangement de réadmission européen ou bilatéral ; 3° Ou, avec l'accord de l'étranger, tout autre pays dans lequel il est légalement admissible. Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. "
3. D'une part, si M. A fait valoir qu'il ne peut pas retourner au Maroc en raison de la condamnation à mort dont il aurait fait l'objet de la part de la famille de son ex-épouse, il n'apporte aucun commencement de preuve à l'appui de cette allégation. D'autre part, si le requérant soutient qu'il souhaite être reconduit en Libye, il ne justifie pas, ni même n'allègue, y être légalement admissible.
4. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 4 juillet 2022 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trente-six mois.
D E C I D E:
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de Meurthe-et-Moselle.
Lu en audience publique le 13 juillet 2022 à 15 heures 20.
Le magistrat désigné,
R. Gottlieb La greffière,
L. Stupar
La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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