jeudi 13 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2201987 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | SCP DUBOIS - MARRION- MOUROT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 juillet 2022, M. E C, représenté par Me Battle, demande au tribunal :
1°) de condamner le centre hospitalier régional universitaire de Nancy à lui verser la somme de 89 801,50 euros assortie des intérêts au taux légal à compter de la réception de sa demande indemnitaire préalable en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis en raison de la prise en charge de sa fracture de l'odontoïde à la suite de son accident de moto-cross, le 3 juin 2017 ;
2°) de mettre à la charge du centre hospitalier régional universitaire de Nancy les dépens de l'instance ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier régional universitaire de Nancy la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa prise en charge a été tardive en l'absence de suivi précis initial et d'une décision d'intervention chirurgicale plus précoce ;
- un manquement a été commis dans le suivi post-opératoire, notamment dès lors qu'il est sorti de l'hôpital, le 23 octobre 2017, sans minerve et sans corset ;
- ces agissements sont fautifs et de nature à engager la responsabilité du centre hospitalier régional universitaire de Nancy ;
- ces manquements lui ont occasionné des préjudices patrimoniaux temporaires constitués de frais d'assistance par tierce personne pour les périodes du 15 juin 2017 au 17 août 2017, évalués à la somme de 1 309,50 euros, du 17 août 2017 au 18 octobre 2017, évalués à la somme de 1 085 euros, et du 9 décembre 2017 au 20 février 2018, évalués à la somme de 1 204,50 euros et d'une perte de revenus pour la période du 15 juin 2017 au 3 juin 2018, évaluée à la somme de 21 871,68 euros ;
- ils lui ont occasionné des préjudices personnels temporaires constitués d'un déficit fonctionnel temporaire total évalué à la somme de 660 euros, d'un déficit fonctionnel temporaire partiel pour les périodes du 15 juin 2017 au 17 août 2017, évalués respectivement aux sommes de 1 309,50 euros, du 17 août 2017 au 18 octobre 2017, évalué à la somme de 1 023 euros, du 23 octobre 2017 au 6 décembre 2017, évalué à la somme de 726 euros, du 9 décembre 2017 au 20 février 2018, évalué à la somme de 1 204,50 euros, et du 20 février 2018 au 20 mai 2018, évalué à la somme de 587,40 euros, de souffrances endurées pour les périodes du 17 août 2017 au 18 octobre 2017, évaluées à la somme de 15 000 euros, et du 9 décembre 2017 au 20 février 2018, évaluées à la somme de 15 000 euros et d'un préjudice esthétique évalué à la somme de 15 000 euros jusqu'au 20 février 2018 et à la somme de 6 000 euros jusqu'au 3 juin 2018 ;
- ils lui ont occasionné des préjudices personnels permanents constitués d'un déficit fonctionnel permanent évalué à la somme de 7 900 euros et d'un préjudice esthétique permanent évalué à la somme de 1 500 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juillet 2022, le centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Nancy, représenté par Me Marrion, conclut à la réduction des prétentions indemnitaires de M. C et au rejet des conclusions au titre des dépens et des frais exposés au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient qu'il ne conteste pas son obligation indemnitaire au profit de M. C dans la limite des préjudices en lien avec les manquements commis par lui et que le requérant n'est pas fondé à demander l'indemnisation des préjudices liés à son accident initial.
La procédure a été communiquée à la caisse primaire d'assurance maladie de Meurthe-et-Moselle qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Wolff, rapporteure,
- les conclusions de Mme Marini, rapporteure publique,
- et les observations de Me Dubois, substituant Me Marrion, représentant le centre hospitalier régional universitaire de Nancy.
Considérant ce qui suit :
1. Le 3 juin 2017, M. C a été victime d'un accident de moto-cross à la suite duquel il a présenté plusieurs traumatismes dont une fracture de l'odontoïde pour laquelle il a été pris en charge par le centre hospitalier régional universitaire de Nancy et y a été hospitalisé une première fois jusqu'au 14 juin 2017. Dans le cadre des consultations de suivi médical, deux scanners, réalisés les 14 août et 3 octobre 2017, ont révélé un déplacement antérieur de l'odontoïde. Le 17 octobre 2017, M. C a fait l'objet d'une intervention chirurgicale d'ostéosynthèse cervicale pour laquelle il a été hospitalisé jusqu'au 23 octobre 2017. Devant l'absence d'amélioration de la fracture, il a de nouveau été hospitalisé du 5 au 9 décembre 2017 et une minerve thermoformée a été mise en place. Le 20 février 2018, l'immobilisation a été réduite avec prescription d'une minerve à trois points. Par une ordonnance du 18 juin 2020, le juge des référés du tribunal administratif de Nancy a ordonné qu'une expertise soit diligentée. Le Dr A, neurochirurgien, a déposé son rapport le 6 novembre 2020 par lequel il a conclu à l'existence de manquements dans la prise en charge de M. C par le centre hospitalier régional universitaire de Nancy et a fixé la date de consolidation du dommage au 16 avril 2019. Le 15 mars 2022, M. C a formé, par l'intermédiaire de son conseil, une demande indemnitaire préalable auprès du centre hospitalier régional universitaire de Nancy qui a été implicitement rejetée. Par sa requête, M. C demande au tribunal de condamner le centre hospitalier à l'indemniser des préjudices subis à raison des fautes commises dans la prise en charge de sa fracture de l'odontoïde à la suite de l'accident de moto-cross intervenu le 3 juin 2017.
Sur la responsabilité du centre hospitalier régional universitaire de Nancy :
2. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () ".
3. En premier lieu, le requérant, qui se borne à indiquer que sa prise en charge a été trop tardive, doit être regardé comme se prévalant d'une faute tenant au retard dans la réalisation de l'intervention chirurgicale. Il résulte des termes mêmes du rapport d'expertise du Dr A que l'absence de décision d'intervention chirurgicale plus rapide, lors de la consultation du 17 août 2017, peut être considérée comme génératrice de souffrances endurées et d'un déficit fonctionnel temporaire supplémentaires. Toutefois, il résulte également du rapport d'expertise que la prise en charge des fractures de l'odontoïde est particulièrement complexe et qu'à la suite de la première hospitalisation du 3 juin au 14 juin 2017, la prescription d'un corset et le traitement orthopédique étaient conformes aux règles de l'art, notamment dans la mesure où les scanners alors réalisés révélaient un alignement de la fracture. L'expert indique qu'à compter du 17 août 2017, compte tenu du déplacement de la fracture et de son aggravation, si une intervention chirurgicale pouvait être licite, le traitement orthopédique retenu était également envisageable. Enfin, l'expert précise que l'intervention chirurgicale réalisée le 17 octobre 2017 était en revanche devenue nécessaire devant l'absence de consolidation de la fracture. Dans ces conditions, M. C n'est donc pas fondé à soutenir que l'intervention chirurgicale réalisée le 17 octobre 2017 est intervenue tardivement.
4. En deuxième lieu, M. C indique qu'à la suite de son hospitalisation, le 15 juin 2017, aucune préconisation ne lui a été faite, notamment quant au port et au retrait du corset à domicile. L'expert relève qu'aucune prescription ne figure effectivement au dossier médical du requérant à ce titre. Toutefois, à supposer même que le requérant entende se prévaloir d'un tel manquement, il résulte également du rapport d'expertise que la prescription d'un corset et le traitement orthopédique mis en place à la suite de son hospitalisation en juin 2017 étaient adaptés, notamment dès lors que les scanners réalisés révélaient un alignement de la fracture de l'odontoïde. Il ne résulte pas de l'instruction que le corset thermoformé était mal réalisé. En outre, le suivi médical de M. C était programmé et il a été reçu en consultation de suivi le 14 août 2017. En tout état de cause, aucun lien n'est établi entre l'absence d'une telle prescription et l'état clinique de M. C quelques mois plus tard. Selon l'expert, la majoration du déplacement de l'odontoïde est la résultante du risque particulier que présente ce type de fracture et des facteurs de risque du patient, notamment le tabagisme. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir que le centre hospitalier a commis une faute dans le suivi initial de sa fracture de l'odontoïde.
5. En troisième lieu, M. C indique dans ses écritures qu'il aurait dû faire l'objet d'une intervention chirurgicale par un abord antérieur avec vissage. À supposer même que le requérant entende invoquer une faute dans la technique chirurgicale utilisée, il résulte toutefois du rapport d'expertise que le choix de la technique d'ostéosynthèse cervicale réalisée le 17 octobre 2017 était conforme aux règles de l'art, sans qu'il soit possible d'affirmer que le choix d'un abord antérieur avec vissage aurait conduit à une consolidation plus précoce. En outre, il ne résulte pas de l'instruction que le médecin traitant de M. C ou les praticiens des hôpitaux universitaires de Strasbourg, qu'il a consultés respectivement en décembre 2017, avril 2018 et mai 2018 aient affirmé la nécessité d'une intervention chirurgicale par vissage en première intention, alors d'ailleurs que compte tenu de la thérapeutique réalisée et de la complexité de la fracture de l'odontoïde, aucune nouvelle intervention chirurgicale n'a été prescrite. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir que le centre hospitalier régional universitaire aurait commis une faute au regard de la technique chirurgicale utilisée.
6. En dernier lieu, il résulte de l'instruction qu'à la suite de l'intervention chirurgicale d'ostéosynthèse cervicale du 17 octobre 2017, la minerve a été retirée et qu'aucun autre moyen de contention n'a été prescrit à M. C à sa sortie du centre hospitalier. L'expert relève que l'absence d'immobilisation complémentaire constitue une imprudence qui peut avoir généré un déplacement supplémentaire et empêché le début d'une consolidation en bonne position. M. C a d'ailleurs de nouveau été hospitalisé à compter du 6 décembre 2017, en raison de la majoration de sa fracture de l'odontoïde, pour faire réaliser une minerve thermoformée. Dans ces conditions, le requérant est seulement fondé à soutenir que le centre hospitalier régional universitaire de Nancy a commis une faute dans le suivi post-opératoire de nature à engager sa responsabilité, ce qu'il ne conteste pas d'ailleurs.
Sur les préjudices :
7. Il résulte du rapport d'expertise que l'état de santé de M. C doit être regardé consolidé au 16 avril 2019. Il résulte de ce qui a été dit au point 6 ci-dessus que seule l'absence de prescription d'un moyen de contention à l'issue de l'intervention chirurgicale du 17 octobre 2017 est fautive. Par suite, M. C est seulement fondé à demander l'indemnisation de ses préjudices en lien avec la faute commise.
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
8. En premier lieu, le rapport d'expertise évalue le besoin d'une assistance pour tierce personne à une durée d'une heure trente par jour, tous les jours pour les périodes du 15 juin 2017 au 18 octobre 2017 et du 9 décembre 2017 au 20 février 2018. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit au point 6 ci-dessus que seule l'absence de prescription d'un moyen de contention à l'issue de l'intervention chirurgicale du 17 octobre 2017 est fautive. M. C est ainsi fondé à demander l'indemnisation de ce chef de préjudice pour la seule période en lien avec la faute commise, du 9 décembre 2017 au 20 février 2018. Par suite, le centre hospitalier régional universitaire de Nancy sera condamné à indemniser M. C d'une somme de 1 629 euros au titre des frais d'assistance pour tierce personne pour cette période, en tenant compte des jours fériés et des congés payés.
9. En deuxième lieu, M. C demande l'indemnisation de la perte de revenus professionnels pour la période du 15 juin 2017 au 3 juin 2018. Toutefois, il résulte de l'instruction que ce chef de préjudice est en lien avec l'accident initial du 3 juin 2017 et non avec la faute commise par le centre hospitalier. Par suite, M. C n'est pas fondé à demander l'indemnisation de ce chef de préjudice.
En ce qui concerne les préjudices personnels :
10. En premier lieu, il résulte de l'instruction que M. C a été hospitalisé du 3 au 15 juin 2017, du 18 au 23 octobre 2017 et du 6 au 9 décembre 2017. En application de ce qui a été dit au point 6 ci-dessus, la responsabilité du centre hospitalier régional universitaire de Nancy est susceptible d'être engagée uniquement à raison du manquement lié à l'absence de prescription d'un moyen de contention, à l'issue de l'intervention chirurgicale du 17 octobre 2017. Si le requérant soutient que son hospitalisation de décembre 2017 lui a causé un déficit fonctionnel temporaire total, il résulte toutefois de l'instruction que cette hospitalisation avait pour objet la prescription et la pose d'un corset cervical adapté et le requérant n'établit pas avoir été en situation de handicap fonctionnel permanent sur cette période de trois jours. Par suite, la demande d'indemnisation à ce titre ne peut qu'être rejetée.
11. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que le déficit fonctionnel temporaire évalué par l'expert à 50% sur la période du 15 juin au 17 août 2017, du 17 août 2017 au 18 octobre 2017 et du 20 février 2018 au 20 mai 2018 est en lien avec l'accident initial. M. C est donc seulement fondé à être indemnisé au titre du déficit fonctionnel temporaire partiel évalué par l'expert à 50 % pour la période du 9 décembre 2017 au 20 février 2018, en lien avec le manquement du centre hospitalier. Par suite, le centre hospitalier régional universitaire de Nancy est condamné à indemniser M. C d'une somme de 481 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire partiel subi du 9 décembre 2017 au 20 février 2018.
12. En troisième lieu, M. C soutient qu'il a subi un préjudice esthétique temporaire et permanent. Il résulte toutefois du rapport d'expertise que ce chef de préjudice est en lien avec l'accident initial. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à demander une indemnisation à ce titre.
13. En quatrième lieu, il résulte des termes mêmes du rapport d'expertise que les souffrances endurées en lien avec l'accident initial sont évaluées à 3 sur une échelle de 1 sur 7 et que les souffrances endurées supplémentaires en lien avec l'absence de contention adaptée sont évaluées à une échelle de 3 ou 4 sur une échelle de 1 sur 7. Toutefois, il résulte de l'instruction, en particulier des dires de M. C, des différents certificats médicaux du Dr B de décembre 2017 et des hôpitaux universitaires de Strasbourg de mars et avril 2018 qu'il ne ressentait pas de douleur aux cervicales et qu'il ne présentait ni cervicalgie, ni signe clinique. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande d'indemnisation présentée par M. C au titre des souffrances endurées.
14. En dernier lieu, M. C demande l'indemnisation de son déficit fonctionnel permanent. Toutefois, il résulte de l'instruction que l'expert a évalué le déficit fonctionnel permanent du requérant à 5% et a précisé qu'il était en lien avec l'accident initial. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à demander l'indemnisation de ce chef de préjudice.
15. Il résulte de ce qui précède que le centre hospitalier régional universitaire de Nancy est condamné à indemniser M. C d'une somme de 2 110 euros en réparation des préjudices qu'il a subis.
Sur les intérêts :
16. M. C a droit aux intérêts au taux légal sur les sommes que le centre hospitalier régional universitaire de Nancy est condamné à lui verser à compter du 15 mars 2022, date de réception de la demande préalable.
Sur les dépens :
17. Il y a lieu de mettre à la charge définitive du centre hospitalier régional universitaire de Nancy les frais et honoraires de l'expertise ordonnée par le tribunal administratif de Nancy liquidés et taxés à la somme de 2 000 euros TTC par ordonnance de la présidente du tribunal administratif de Nancy du 23 novembre 2020.
Sur les frais de l'instance :
18. En application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu de mettre à la charge du centre hospitalier régional universitaire de Nancy une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Le centre hospitalier régional universitaire de Nancy est condamné à verser à M. C une somme de 2 110 euros en réparation de ses préjudices propres, assortie des intérêts au taux légal à compter de la date de réception de sa demande préalable le 15 mars 2022.
Article 2 : Les frais d'expertise, liquidés et taxés à la somme de 2 000 euros par ordonnance de la présidente du tribunal du 23 novembre 2020 sont mis à la charge du centre hospitalier régional universitaire de Nancy.
Article 3 : Le centre hospitalier régional universitaire de Nancy versera à M. C une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. E C, au centre hospitalier régional universitaire de Nancy et à la caisse primaire d'assurance maladie de Meurthe-et-Moselle.
Délibéré après l'audience publique du 23 mai 2024 à laquelle siégeaient :
M. Marti, président,
M. Durand, premier conseiller,
Mme Wolff, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.
La rapporteure,
É. WolffLe président,
D. Marti
La greffière,
M. D
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2201987
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026