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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2202014

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2202014

jeudi 21 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2202014
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduites à la frontière

Texte intégral

Vu la procédure suivante:

Par une requête, enregistrée le 13 juillet 2022 à 10 heures 10, M. E B, représenté par Me Lévi-Cyferman, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 7 juin 2022 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français, dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il sera reconduit ;

2°) d'annuler l'arrêté du 6 juillet 2022 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle l'a assigné à résidence dans le département de Meurthe-et-Moselle pendant une durée de quarante-cinq jours ;

3°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer un titre de séjour avec autorisation de travail, et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation administrative et de lui délivrer, le temps de cet examen, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions :

- l'arrêté est entaché d'incompétence ;

- il est insuffisamment motivé ;

- le préfet n'a pas procédé à l'examen de sa situation personnelle.

En ce qui concerne la décision portant refus de séjour :

- cette décision a été prise au terme d'une procédure qui méconnaît l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- le préfet a méconnu le droit au respect de sa vie privée et familiale protégé par

l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le préfet a méconnu la gravité de son état de santé ;

- le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences du refus de délivrance d'un titre de séjour sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- par exception d'illégalité, la décision portant obligation de quitter le territoire français devra être annulée ;

- il n'a pas pu faire valoir ses observations avant l'intervention de cette décision en méconnaissance de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne.

En ce qui concerne la décision lui octroyant un délai de départ volontaire :

- le préfet s'est estimé en situation de compétence liée en n'examinant pas s'il y avait lieu de prolonger le délai de départ volontaire de trente jours ;

En ce qui concerne la décision d'assignation à résidence :

- la décision doit être annulée par exception d'illégalité ;

- la décision est illégale en raison des contraintes incompatibles avec son état de santé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 18 juillet 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;

- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- la directive n° 2008/115/CE du Parlement européen et du Conseil du

16 décembre 2008 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Denizot, premier conseiller, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8, L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- et les observations de Me Lévi-Cyferman, représentant M. B, qui reprend l'argumentation de la requête et ajoute que la décision attaquée ne mentionne pas la présence, sur le territoire français, de la sœur de l'intéressé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, né le 9 août 1990, et sa mère, Mme B, née le 14 mars 1960, ressortissants géorgiens, sont entrés sur le territoire français le 14 juillet 2016, munis de leur passeport en cours de validité. Ayant sollicité le bénéfice de l'asile, leurs demandes ont été rejetées par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 7 juillet 2017 et par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 26 juin 2018. Par un arrêté du 19 septembre 2018, le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé l'admission au séjour de M. B, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé d'office. Par un jugement du 31 décembre 2018, le tribunal administratif de Nancy a rejeté les conclusions de la requête tendant à l'annulation de cet arrêté. Dans le dernier état de la procédure, le 12 octobre 2020, M. B a de nouveau sollicité son admission au séjour en se prévalant de son état de santé. Par un arrêté du 7 juin 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé d'admettre M. B au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et a fixé le pays à destination duquel il pourra être renvoyé. Par un arrêté du 6 juillet 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle a assigné M. B dans le département de Meurthe-et-Moselle pour une durée de quarante-cinq jours. Par sa requête, M. B demande l'annulation de ces deux derniers arrêtés.

Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ".

3. En raison de l'urgence à statuer sur la présente requête, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur l'étendue du litige :

4. Aux termes des dispositions de l'article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions et délais prévus au présent chapitre, demander au tribunal administratif l'annulation de cette décision, ainsi que l'annulation de la décision relative au séjour, de la décision relative au délai de départ volontaire et de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent le cas échéant. () ". Aux termes des dispositions de l'article L. 614-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français est notifiée avec une décision d'assignation à résidence prise en application de l'article L. 731-1 ou une décision de placement en rétention prise en application de l'article L. 741-1, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de ces mesures ". Aux termes de l'article L. 614-9 du même code : " Le président du tribunal administratif, ou le magistrat qu'il désigne à cette fin parmi les membres de sa juridiction, (), statue au plus tard quatre-vingt-seize heures à compter de l'expiration du délai de recours. / Dans le cas où la décision d'assignation à résidence ou de placement en rétention intervient en cours d'instance, le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cette fin statue dans un délai de cent quarante-quatre heures à compter de la notification de cette décision par l'autorité administrative au tribunal ". Aux termes de l'article R. 776-17 du code de justice administrative au sein de la section III " dispositions applicables en cas de placement en rétention ou d'assignation à résidence " : " Lorsque l'étranger est placé en rétention ou assigné à résidence après avoir introduit un recours contre la décision portant obligation de quitter le territoire ou après avoir déposé une demande d'aide juridictionnelle en vue de l'introduction d'un tel recours, la procédure se poursuit selon les règles prévues par la présente section. Les actes de procédure précédemment accomplis demeurent valables. () Toutefois, lorsque le requérant a formé des conclusions contre la décision relative au séjour notifiée avec une obligation de quitter le territoire, il est statué sur cette décision dans les conditions prévues à la sous-section 1 ou à la sous-section 2 de la section 2, selon le fondement de l'obligation de quitter le territoire () ".

5. Il résulte des dispositions précitées des articles L. 614-8 et L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article R. 776-17 du code de justice administrative qu'il appartient au magistrat désigné par le président du tribunal administratif de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination, portant interdiction de retour sur le territoire français et assignant à résidence, dont il pourrait être saisi. Toutefois, il ne lui appartient pas de se prononcer sur les conclusions tendant à l'annulation d'un refus de séjour. Ainsi, il n'y a lieu de statuer que sur les conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation des décisions du 7 juin 2022 portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination et du 6 juillet 2022 l'assignant à résidence, ainsi que sur les conclusions à fin d'injonction et tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 dont elles sont assorties. Par suite, les conclusions dirigées contre la décision du 7 juin 2022 par laquelle le préfet de

Meurthe-et-Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour doivent être réservées jusqu'en fin d'instance devant une formation collégiale du tribunal administratif de Nancy.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions contestées :

6. En premier lieu, les arrêtés contestés ont été signés par M. Le Goff, secrétaire général, auquel le préfet de Meurthe-et-Moselle a, par un arrêté du 8 septembre 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le lendemain, délégué sa signature à l'effet de signer, notamment, les décisions en matière d'éloignement et d'assignation à résidence des étrangers. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des arrêtés attaqués doit être écarté.

7. En second lieu, les décisions contestées comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent les fondements. Ces décisions, même si elles ne mentionnent pas la présence de la sœur du requérant en France, sont donc suffisamment motivées contrairement à ce qu'allègue le requérant. En outre, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes des décisions attaquéesque le préfet de Meurthe-et-Moselle n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé.

En ce qui concerne l'exception d'illégalité de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour :

8. En premier lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ".

9. La décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour intervient en réponse à la demande de titre de séjour présentée par M. B. Par suite, M. B ne peut utilement invoquer la méconnaissance de la procédure contradictoire préalable prévue par les dispositions précitées de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration à l'appui de ses conclusions dirigées contre cette décision. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu'être écarté comme inopérant.

10. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / () Si le collège de médecins estime dans son avis que les conditions précitées sont réunies, l'autorité administrative ne peut refuser la délivrance du titre de séjour que par une décision spécialement motivée. () ".

11. Il ressort des pièces du dossier que, pour refuser de délivrer un titre de séjour à

M. B en raison de son état de santé, le préfet de Meurthe-et-Moselle s'est fondé sur l'avis du 18 février 2022 du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, confirmant un précédent avis du 16 juillet 2018, et qui a estimé que si l'état de santé de M. B nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut pouvait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, il pouvait effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine.

12. Les certificats médicaux dont se prévaut M. B, qui se réfère également à des documents très généraux sur la situation en Géorgie, établis par des médecins spécialisés ne précisent pas que l'intéressé ne pourrait pas bénéficier d'un traitement médical en Géorgie et sont insuffisamment circonstanciés pour établir que le traitement nécessaire à son état de santé y serait indisponible. Ils ne permettent donc pas à eux seuls de remettre en cause l'avis du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. En outre, le préfet produit une fiche établissant que la pathologie dont est affecté l'intéressé est prise en charge en Géorgie, pays dans lequel M. B pourra y poursuivre son traitement notamment médicamenteux. Au demeurant, il ressort également des pièces du dossier, et plus particulièrement d'un compte-rendu d'hospitalisation du 20 janvier 2017, que la pathologie de M. B avait déjà été prise en charge à trois reprises, en Géorgie, avant l'année 2017. Par suite, le préfet de Meurthe-et-Moselle n'a pas fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en refusant de délivrer à M. B le titre de séjour qu'il sollicitait sur le fondement de ces dispositions.

13. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1°) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2°) Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Il ressort des pièces du dossier que si M. B est arrivé en France au cours du mois de juillet 2016, l'intéressé s'y est maintenu irrégulièrement, à la suite du rejet de sa demande d'asile. M. B, célibataire et sans enfant, ne justifie d'aucune intégration particulière dans la société française. La mère du requérant réside également de manière irrégulière sur le territoire français et fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français prise à son encontre le 6 juillet 2022. Par suite, la décision de refus de séjour n'a pas porté au droit au respect de la vie privée et familiale de l'intéressé une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels cette décision a été prise. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut donc qu'être écarté.

14. En dernier lieu, pour les mêmes motifs qu'exposés précédemment, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet de Meurthe-et-Moselle aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour sur la situation personnelle de M. B.

15. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

16. Le droit de toute personne à présenter, de manière utile et effective, ses observations écrites ou orales au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible de lui faire grief, garanti notamment par la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, implique seulement que l'intéressé, informé de ce qu'une telle décision est susceptible d'être prise à son encontre, soit en mesure de présenter des observations écrites ou de solliciter un entretien pour faire valoir ses observations orales. La régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision est prise n'est affectée que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, lorsqu'il sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, l'étranger, du fait même de l'accomplissement de cette démarche qui tend à son maintien en France, ne saurait ignorer qu'en cas de refus, il pourra faire l'objet d'une mesure d'éloignement. Il doit produire, à l'appui de sa demande, les éléments susceptibles de venir à son soutien et peut ensuite faire valoir des éléments nouveaux ou complémentaires. En l'espèce, M. B n'établit pas qu'il a été privé de la possibilité de mieux faire valoir sa défense dans une mesure telle que la procédure administrative aurait pu aboutir à un résultat différent. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne la décision accordant un délai de départ volontaire :

17. En premier lieu, M. B ne peut utilement se prévaloir directement des dispositions précises et inconditionnelles de la directive du 16 décembre 2008 au soutien de son moyen tiré de la compétence liée du préfet lorsqu'il lui a accordé un délai de départ volontaire de trente jours dès lors qu'à la date de la décision attaquée, cette directive avait été transposée en droit interne.

18. En second lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de la décision contestée que le préfet de Meurthe-et-Moselle, qui a examiné la possibilité de prolonger le délai de départ volontaire au-delà d'un mois, se serait estimé en situation de compétence liée en refusant d'accorder un délai de départ volontaire à M. B.

En ce qui concerne la décision d'assignation à résidence :

19. En premier lieu, pour les mêmes motifs qu'exposés précédemment, il n'est pas établi que les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français seraient illégales. Par suite, M. B n'est pas fondé à en exciper l'illégalité à l'encontre de la décision l'assignant à résidence.

20. En second lieu, la décision contestée assigne M. B à résidence dans le département de Meurthe-et-Moselle pour une durée de quarante-cinq jours et l'astreint à se maintenir quotidiennement à son domicile de 6 heures à 9 heures, dans la commune de Toul, et l'oblige à se présenter tous les lundis et mercredis au commissariat de police de Toul. Il ressort des pièces du dossier que M. B est affecté de problèmes de santé pour lesquels le collège des médecins de l'OFII a estimé que l'intéressé pouvait voyager sans risque vers son pays d'origine. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier, et notamment des derniers documents médicaux dont se prévaut le requérant, que les difficultés liées à l'état de santé de l'intéressé rendraient impossible tout déplacement, à raison de deux fois par semaine, vers un commissariat de police situé dans la même commune dans laquelle M. B réside. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que, compte tenu de son état de santé, les modalités par lesquelles le préfet de Meurthe-et-Moselle l'a assigné à résidence seraient disproportionnées.

21. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions du 7 juin 2022 l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de renvoi et du 6 juillet 2022 l'assignant à résidence. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'application des dispositions de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique doivent également être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Les conclusions de la requête de M. B tendant à l'annulation de la décision refusant de l'admettre au séjour, ainsi que les conclusions à fin d'injonction et tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 qui s'y rapportent, sont réservées jusqu'en fin d'instance pour être jugées devant une formation collégiale du tribunal administratif de Nancy.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. E B et au préfet de Meurthe-et-Moselle.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 21 juillet 2022.

Le magistrat désigné,

A. A La greffière,

L. Stupar

La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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