mardi 19 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2202021 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | LAPREVOTTE |
Vu la procédure suivante:
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 juillet 2022 à 10 heures 29 et
18 juillet 2022, M. D F demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 mai 2022 par lequel le préfet de la région Bretagne, préfet d'Ille-et-Vilaine l'a transféré aux autorités italiennes, responsables de l'examen de sa demande d'asile ;
2°) d'enjoindre au préfet de la région Bretagne, préfet d'Ille-et-Vilaine de lui permettre de déposer sa demande d'asile en France ;
3°) d'enjoindre au préfet de la région Bretagne, préfet d'Ille et Vilaine de lui remettre tout effet personnel qui serait en la possession de l'administration ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros sur le fondement combiné des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- la décision n'est pas suffisamment motivée ;
- la décision n'a pas été notifiée dans une langue qu'il comprenait ;
- la décision est illégale en l'absence d'échange d'informations suffisantes au regard des articles 31 et 32 du règlement européen du 26 juin 2013 ;
- il n'a pas reçu les informations prévues par l'article 4 du règlement du 26 juin 2013 ;
- la décision est illégale en l'absence de respect des critères hiérarchiques ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation
- le préfet a commis une erreur dans l'appréciation de l'article 3§2 du règlement du 26 juin 2013 car il existence des défaillances systémiques dans l'examen de sa demande d'asile en Italie ;
- le préfet a commis une erreur d'appréciation en s'estimant en compétence liée et en n'appliquant pas la clause discrétionnaire prévue par l'article 17 du règlement précité ;
- la décision porte une atteinte grave et manifestement illégale au droit d'asile du fait de la responsabilité de la France dans l'examen de sa demande d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juillet 2022, le préfet de la région Bretagne, préfet d'Ille-et-Vilaine conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. F ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales ;
;
- le règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Denizot, premier conseiller, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9,
L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8, L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les observations de :
o Me Caglar, avocate commise d'office, représentant M. F, qui reprend l'argumentation de la requête et sollicite l'admission de son client au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire et soutient, en outre, que M. F n'a pas bénéficié d'un entretien individuel prévu par l'article 5 du règlement européen du 26 juin 2013 ;
o de M. B, représentant le préfet d'Ille-et-Vilaine, qui reprend l'argumentation en défense et ajoute que, en application du b) du 2 de l'article 5 du règlement du 26 juin 2013, le préfet n'était pas tenu d'organiser un entretien individuel et que, en tout état, de cause, cet entretien s'est déroulé le 10 décembre 2021.
Considérant ce qui suit :
1. M. F, ressortissant soudanais né le 4 novembre 1998, serait entré irrégulièrement en France, le 4 mars 2021 a fait l'objet d'un premier transfert aux autorités italiennes le 17 novembre 2021. Par la suite, dans le dernier état de la procédure, M. F a sollicité de nouveau, auprès de la préfecture de police de Paris, la reconnaissance du statut de réfugié. Par un arrêté en date du 19 mai 2022, le préfet de la région Bretagne, préfet
d'Ille-et-Vilaine l'a transféré aux autorités italiennes. Placé dans les locaux du centre de rétention administrative de Metz par un arrêté du 13 juillet 2022, M. F demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la demande d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente ou son président ".
3. En raison de l'urgence à statuer sur la présente requête, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. F au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, l'arrêté contesté, dont le préfet produit une copie lisible en cours d'instance, est signé par Mme E A qui disposait, par un arrêté du 13 mai 2022 publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, d'une délégation de signature du préfet d'Ille-et-Vilaine pour signer la décision contestée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
5. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué vise le règlement UE n° 604/2013 du 26 juin 2013, le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ainsi que le règlement (CE)
n° 1560/2003 du 2 septembre 2003 portant modalités d'application du règlement n° 343/2003 du Conseil établissant les critères et mécanismes de détermination de l'État membre responsable d'une demande d'asile. L'arrêté contesté fait état que la consultation du fichier Eurodac a fait apparaître que M. F a franchi irrégulièrement la frontière italienne dans la période précédant les douze mois de dépôt de sa première demande d'asile. L'arrêté contesté précise également que les autorités italiennes, qui ont accepté implicitement la reprise en charge de l'intéressé, devaient être regardées comme les autorités responsables de l'examen de la demande d'asile de M. F. Cette décision de transfert, qui comprend les éléments de droit et de faits sur lesquels elle se fonde, est donc suffisamment motivée, contrairement à ce que soutient le requérant.
6. En troisième lieu, les conditions de notification d'une décision administrative, qui n'ont d'effet que sur la computation du délai de recours, sont sans incidence sur la légalité de la décision. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté contesté n'aurait pas été notifié à
M. F dans une langue qu'il comprend, qui manque en fait, doit être écarté comme inopérant.
7. En quatrième lieu, il résulte des dispositions des articles 31 et 32 du règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 que l'Etat membre procédant au transfert d'un ressortissant étranger communique à l'Etat membre responsable de l'examen de sa demande les données à caractère personnel le concernant afin de s'assurer que l'Etat membre responsable soit en mesure d'apporter une assistance suffisante à cette personne, y compris les soins de santé urgents indispensables à la sauvegarde de ses intérêts essentiels. Ces articles, relatifs aux modalités d'exécution du transfert de la personne qui fait l'objet d'une décision de remise, prévoient qu'une fois la décision prise les données sont communiquées à l'Etat membre responsable dans un délai raisonnable avant l'exécution du transfert et renvoient notamment au point 9 de l'article 34, relatif au partage d'information, qui prévoit que le demandeur a le droit de former un recours ou de déposer une plainte devant les autorités ou les juridictions compétentes de l'Etat membre qui lui a refusé le droit d'accès aux données le concernant ou le droit d'en obtenir la rectification ou l'effacement.
8. Ainsi, d'une part, l'absence de transmission de données relatives à l'état de santé est sans incidence sur la légalité de la décision de transfert et, d'autre part, le respect de ces dispositions est sanctionné par une procédure spécifique. Par suite, M. F ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions précitées des articles 31 et 32 du règlement (UE) n°604/2013 à l'appui de la contestation de la décision ordonnant son transfert aux autorités suédoises. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit donc être écarté.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 4 du règlement du 26 juin 2013 : " 1. Dès qu'une demande de protection internationale est introduite au sens de l'article 20, paragraphe 2, dans un Etat membre, ses autorités compétentes informent le demandeur de l'application du présent règlement, et notamment: / a) des objectifs du présent règlement et des conséquences de la présentation d'une autre demande dans un Etat membre différent ainsi que des conséquences du passage d'un État membre à un autre pendant les phases au cours desquelles l'Etat membre responsable en vertu du présent règlement est déterminé et la demande de protection internationale est examinée ; / b) des critères de détermination de l'Etat membre responsable, de la hiérarchie de ces critères au cours des différentes étapes de la procédure et de leur durée, y compris du fait qu'une demande de protection internationale introduite dans un État membre peut mener à la désignation de cet Etat membre comme responsable en vertu du présent règlement même si cette responsabilité n'est pas fondée sur ces critères ; / c) de l'entretien individuel en vertu de l'article 5 et de la possibilité de fournir des informations sur la présence de membres de la famille, de proches ou de tout autre parent dans les Etats membres, y compris des moyens par lesquels le demandeur peut fournir ces informations ; / d) de la possibilité de contester une décision de transfert et, le cas échéant, de demander une suspension du transfert ; / e) du fait que les autorités compétentes des Etats membres peuvent échanger des données le concernant aux seules fins d'exécuter leurs obligations découlant du présent règlement ; / f) de l'existence du droit d'accès aux données le concernant et du droit de demander que ces données soient rectifiées si elles sont inexactes ou supprimées si elles ont fait l'objet d'un traitement illicite, ainsi que des procédures à suivre pour exercer ces droits, y compris des coordonnées des autorités visées à l'article 35 et des autorités nationales chargées de la protection des données qui sont compétentes pour examiner les réclamations relatives à la protection des données à caractère personnel. / 2. Les informations visées au paragraphe 1 sont données par écrit, dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Les Etats membres utilisent la brochure commune rédigée à cet effet en vertu du paragraphe 3. () ". Il résulte de ces dispositions que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application de ce règlement doit se voir remettre, dès le début de la procédure, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de l'article 4 du règlement du 26 juin 2013 précité. Eu égard à leur nature, la délivrance de ces informations constitue une garantie pour le demandeur d'asile.
10. Il ressort des pièces du dossier que M. F, capable de comprendre la langue arabe, a reçu, le 10 décembre 2021, date de sa présentation en préfecture de police de Paris, ainsi que l'atteste la signature apposée sur la première page des documents produits par le préfet, la brochure A intitulée " J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - quel pays sera responsable de ma demande d'asile " et la brochure B intitulée " Je suis sous procédure Dublin - Qu'est-ce-que cela signifie ' ", rédigées en langue arabe. Ces documents standardisés comportent l'ensemble des exigences prévues par l'article 4 précité. Par suite le moyen tiré de ce que M. F n'aurait pas reçu les informations requises par l'article 4 du règlement du 26 juin 2013 dans une langue qu'il comprend doit être écarté.
11. En sixième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement du 26 juin 2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'Etat membre responsable, l'Etat membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. () 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national () ". Il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a bénéficié, le 10 décembre 2021 lors de sa présentation en préfecture, d'un entretien individuel, dont il a signé le résumé et au cours duquel il a pu faire valoir ses observations. Cet entretien, qui s'est déroulé postérieurement à la première décision de transfert et antérieurement à la décision de transfert contestée dans le cadre de la présente instance, a été mené en langue arabe, langue comprise par l'intéressé. Dès lors, le moyen tiré de ce que M. F n'aurait pas bénéficié d'un entretien individuel au sens de l'article 5 du règlement du 26 juin 2013 doit être écarté.
12. En septième lieu, si M. F soutient que la décision contestée ne respecte pas les critères hiérarchiques, il n'assortit cependant son moyen d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.
13. En huitième lieu, aux termes de l'article 3 du règlement n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 : " () 2. () / Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'Etat membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet Etat membre des défaillance systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'Etat membre procédant à la détermination de l'Etat membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre Etat membre peut être désigné comme responsable () ".
14. L'Italie est un Etat membre de l'Union européenne et partie tant à la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés complétée par le protocole de New-York qu'à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il doit donc être présumé que le traitement réservé aux demandeurs d'asile dans cet Etat membre est conforme aux exigences de ces conventions internationales et à celles de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne. Si cette présomption peut être renversée et s'il y a des raisons sérieuses de croire qu'il existe des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et dans les conditions d'accueil des demandeurs d'asile dans l'Etat membre responsable, impliquant un traitement inhumain ou dégradant, M. F n'établit nullement, en se bornant à faire état de considérations convenues et générales et se prévalant d'un rapport Aida sur la situation des demandeurs d'asile en Italie en 2021, qu'il existerait des motifs sérieux et avérés de croire que sa demande d'asile ne seraient pas traitée par les autorités italiennes dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile. Par suite, le préfet de la région Bretagne, préfet d'Ille-et-Vilaine n'a pas méconnu les dispositions de l'article 3 du règlement
précité en ordonnant le transfert de M. F vers l'Italie.
15. En neuvième lieu, aux termes de l'article 3 du règlement n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 : " 1. Les Etats membres examinent toute demande de protection internationale présentée par un ressortissant de pays tiers ou par un apatride sur le territoire de l'un quelconque d'entre eux (). La demande est examinée par un seul État membre, qui est celui que les critères énoncés au chapitre III désignent comme responsable. ". Aux termes de l'article 17 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement () ". La faculté laissée à chaque Etat membre, par ces dispositions, de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant d'un pays tiers, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans ce règlement, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile.
16. Il ressort des termes de l'arrêté contesté que le préfet de la région Bretagne, préfet d'Ille-et-Vilaine a expressément examiné la possibilité de faire application de la clause dérogatoire prévue par les dispositions précitées et ne s'est pas estimé en situation de compétence liée.
M. F, dont l'épouse ne réside pas en France et qui a déclaré n'avoir aucun membre de sa famille en France et sans problème établi de santé particulier, n'établit pas que le préfet de la région Bretagne, préfet d'Ille-et-Vilaine aurait entaché son arrêté d'une erreur manifeste en ne faisant pas application de la clause dérogatoire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées ne peut qu'être écarté.
17. En dernier lieu, le requérant ne fait valoir aucun élément qui établirait que le préfet de la région Bretagne, préfet d'Ille-et-Vilaine aurait porté une atteinte à son droit constitutionnel d'asile dans l'examen auquel il a procédé. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'asile ne peut qu'être écarté.
18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté attaqué contestée ne peuvent qu'être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D É C I D E :
Article 1er : M. F est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D F et au préfet de la région Bretagne, préfet d'Ille-et-Vilaine.
Lu en audience publique le 19 juillet 2022 à 15 heures 15.
Le magistrat désigné,
A. CLa greffière,
L. Stupar
La République mande et ordonne au préfet de la région Bretagne, préfet d'Ille et Vilaine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026