vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2202150 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 2 |
| Avocat requérant | SELARL KNITTEL - FOURAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 26 juillet 2022, Mme A C, représentée par Me Knittel, demande au tribunal d'annuler le titre de perception n°057000 006 053 054 485571 2021 0023843 émis le 1er décembre 2021, la décision du 7 mars 2022, portant rejet de sa réclamation préalable, ainsi que la décision portant rejet du recours gracieux formé contre cette dernière décision.
Elle soutient que :
- le titre de perception et la décision portant rejet de sa réclamation préalable sont insuffisamment motivés ;
- la réclamation formalisée par le titre de perception est tardive et porte atteinte à ses droits acquis.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2023, le recteur de l'académie de Nancy-Metz conclut au rejet de la requête.
Il soutient que
- la juridiction administrative n'est pas compétente pour connaître des conclusions d'annulation du titre de perception, en tant qu'il tend au remboursement des indemnités journalières de sécurité sociale perçues par Mme C, dès lors que ce litige relève de la seule compétence des juridictions judiciaires ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Frédéric Durand, rapporteur,
- les conclusions de Mme Céline Marini, rapporteure publique,
- et les observations de Me Luisin, substituant Me Knittel, représentant Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C exerce les fonctions d'accompagnant des élèves en situation de handicap. Le 1er décembre 2021 un titre de perception a été émis à son encontre, tendant au recouvrement de la somme globale de 7 130,86 euros et correspondant à concurrence de 2 018,79 euros et de 1 377,63 euros à un indu de rémunération et à concurrence de 3 313,95 euros au recouvrement des indemnités journalières de sécurité sociale perçues par l'intéressée. Mme C a formé un recours préalable contre cette décision, le 22 décembre suivant, qui a été explicitement rejeté le 7 mars 2022. L'intéressé a alors saisi l'administration d'un recours gracieux, qui a été implicitement rejeté. Par sa requête, Mme C demande au tribunal d'annuler le titre de perception émis le 1er décembre 2021, la décision du 7 mars 2022, portant rejet de sa réclamation préalable, ainsi que la décision portant rejet du recours gracieux formé contre cette décision.
Sur les conclusions d'annulation dirigées contre le titre de perception du 1er décembre 2021, en tant qu'il porte sur les indemnités journalières :
2. Aux termes de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale : " Le contentieux de la sécurité sociale comprend les litiges relatifs : / 1° A l'application des législations et réglementations de sécurité sociale et de mutualité sociale agricole ; () ". Aux termes de l'article L. 142-8 de ce code : " Le juge judiciaire connaît des contestations relatives : / 1° Au contentieux de la sécurité sociale défini à l'article L. 142-1 ; () ". Ces articles attribuent compétence au juge judiciaire pour connaître des litiges relevant du contentieux de la sécurité sociale. En ce qui concerne les fonctionnaires ou agents de l'Etat et des collectivités publiques, le critère de la compétence du juge judiciaire est lié, non à la qualité des personnes en cause, mais à la nature même du différend.
3. Le titre exécutoire en litige a partiellement pour objet d'obtenir le remboursement des indemnités journalières perçues par la requérante à concurrence de la somme de 3 313,95 euros. Il en résulte que les conclusions dirigées contre ce titre, en tant qu'il met à la charge de Mme C une somme de 3 313,95 euros correspondant à des trop-perçus d'indemnités journalières de sécurité sociale, se rattachent à la répétition de prestations versées à une assurée sociale, en application du code de la sécurité sociale. Un tel litige relève de la compétence des juridictions judiciaires. Par suite, comme le soulève le recteur en défense, il y a lieu de rejeter ces conclusions comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Sur les conclusions d'annulation dirigée contre le titre de perception du 1er décembre 2021, en tant qu'il porte sur des indus de rémunération :
4. En premier lieu, aux termes de l'article 24 du décret n°2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique : " () Toute créance liquidée faisant l'objet d'une déclaration ou d'un ordre de recouvrer indique les bases de la liquidation () ".
5. D'une part, le titre litigieux a pour objet de recouvrer des indus de rémunération, pour le mois de décembre 2020 ainsi qu'au titre de la période allant de mars à juin 2021. Le titre, qui précise les mois considérés ainsi que le montant des indus de rémunération et indique avec une précision suffisante les bases de la créance dont le recteur poursuit le paiement. D'autre part, si Mme C soutient que la décision du 7 mars 2022 portant rejet de sa réclamation préalable ne précise pas les bases de la liquidation, cette circonstance n'est pas de nature à remettre en cause la légalité du titre de perception litigieux. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
6. En second lieu, aux termes de l'article L. 711-6 du code général de la fonction publique : " Les sommes indument perçues par un agent public en matière de rémunération donnent lieu à remboursement dans les conditions fixées par l'article 37-1 de la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations ". Aux termes de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 : " Les créances résultant de paiements indus effectués par les personnes publiques en matière de rémunération de leurs agents peuvent être répétées dans un délai de deux années à compter du premier jour du mois suivant celui de la date de mise en paiement du versement erroné, y compris lorsque ces créances ont pour origine une décision créatrice de droits irrégulière devenue définitive () ".
7. A supposer que Mme C entende se prévaloir de la prescription de la créance, il résulte de l'instruction que les indus les plus anciens dont le service cherche le recouvrement datent d'août 2020 et qu'à la date du titre de perception, soit décembre 2021, le délai de deux ans pour procéder à la répétition de l'indu n'était pas expiré.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation du titre de perception du 1er décembre 2021, en tant qu'il porte sur des indus de rémunération doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et à la ministre de l'éducation nationale.
Copie en sera adressée, pour information, au recteur de l'académie de Nancy-Metz.
Délibéré après l'audience du 7 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Davesne, président,
M. Durand, premier conseiller,
Mme Wolff, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.
Le rapporteur,
F. Durand
Le président,
S. DavesneLa greffière,
M. B
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale, en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N°2202150
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026