LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2202152

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2202152

vendredi 4 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2202152
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationChambre 2
Avocat requérantDUBAUX

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Nancy a rejeté la requête du GAEC du petit noyer contestant le refus de la préfète de la région Grand-Est de l'autoriser à exploiter des parcelles à Gremilly. Le tribunal a jugé que la décision attaquée était suffisamment motivée, en visant les textes applicables et en précisant les motifs de fait, et que le moyen tiré d'une erreur de fait était inopérant. Il a également estimé que la préfète n'avait pas commis d'erreur d'appréciation en se fondant sur l'étude économique du GAEC d'Etraye, qui démontrait une perte de plus de 3 % de son excédent brut d'exploitation, justifiant le refus au regard des objectifs du contrôle des structures agricoles prévus par le code rural et de la pêche maritime.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête du 26 juillet 2022, le groupement agricole d'exploitation en commun (GAEC) du petit noyer, représenté par Me Dubaux, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 23 février 2022 par lequel la préfète de la région Grand-Est lui a refusé l'autorisation d'exploiter les parcelles B27p-28 situées sur la commune de Gremilly, ensemble la décision implicite portant rejet du recours gracieux formé contre cette décision ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision est insuffisamment motivée, en méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration et des articles L. 331-3 et R. 331-6 du code rural ;

- la préfète a commis une erreur de fait en suggérant qu'il n'avait pas fourni d'étude économique démontrant la viabilité économique de son projet ;

- la préfète a commis une erreur d'appréciation en considérant que la perte du droit d'exploiter les surfaces litigieuses entrainera, pour le GAEC d'Etraye, une perte de plus de 3 % de son excédent brut d'exploitation ; les terres litigieuses ont une surface de 17 ha, ont un faible potentiel et génèrent un fermage dérisoire.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 août 2024, la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par un mémoire distinct, présenté au titre des dispositions de l'article R. 412-2-1 du code de justice administrative, la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin, a présenté les motifs du refus de communication dans une version non biffée de l'étude économique du GAEC d'Etraye.

La préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin, a communiqué, sous enveloppe, la pièce non biffée qu'elle entendait soustraire au contradictoire. Cette pièce a été enregistrée le 16 décembre 2024.

La procédure a été communiquée au GAEC d'Etraye qui n'a pas présenté d'observations.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code rural et de la pêche maritime ;

- l'arrêté du 27 juin 2016 du préfet de la région Alsace - Champagne-Ardenne - Lorraine portant sur le schéma directeur régional des exploitations agricoles de Lorraine, applicable aux départements de Meurthe-et-Moselle, de la Meuse, de la Moselle et des Vosges ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Frédéric Durand, rapporteur,

- et les conclusions de Mme Céline Marini, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Le 27 octobre 2021, le GAEC du petit noyer a sollicité l'autorisation d'exploiter les parcelles B27-p28 situées sur le territoire de la commune de Gremilly, propriété de l'un de ses associés et exploitées par le GAEC d'Etraye. Le 23 février 2022, la préfète de la région Grand-Est a rejeté cette demande. Le 20 avril 2022, le GAEC du petit noyer a formé un recours gracieux contre cette décision, qui a été implicitement rejeté. Par sa requête, le GAEC du petit noyer demande au tribunal d'annuler la décision de la préfète de la région Grand-Est du 23 février 2022, ensemble le rejet du recours gracieux formé contre cette décision.

Sur les conclusions d'annulation :

2. En premier lieu, la décision contestée du 23 février 2022 vise les textes dont elle fait application, et notamment les articles L. 331-1 à L. 331-12 et R. 331-1 à R. 331-8 du code rural et de la pêche maritime, ainsi que l'arrêté du 27 juin 2016 portant schéma directeur régional des exploitations agricoles (SDREA) de Lorraine. Elle mentionne également les parcelles concernées par la demande présentée par le GAEC du petit noyer et précise que l'étude économique présentée par le GAEC d'Etraye établit que l'opération envisagée par son concurrent compromet la viabilité de son exploitation avec une perte de plus de 3% d'excédent brut d'exploitation (EBE). La décision attaquée comporte ainsi l'ensemble des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.

3. En deuxième lieu, pour refuser l'autorisation sollicitée la préfète de la région Grand Est, préfète du Bas-Rhin, s'est fondée sur la circonstance que l'étude économique présentée par le GAEC d'Etraye établit que l'opération envisagée par le GAEC du petit noyer compromet la viabilité de son exploitation avec une perte de plus de 3%. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de faite commise par la préfète doit être écarté comme inopérante.

4. En dernier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 331-1 du code rural et de la pêche maritime : " Le contrôle des structures des exploitations agricoles s'applique à la mise en valeur des terres agricoles ou des ateliers de production hors sol au sein d'une exploitation agricole, quels que soient la forme ou le mode d'organisation juridique de celle-ci et le titre en vertu duquel la mise en valeur est assurée. L'objectif principal du contrôle des structures est de favoriser l'installation d'agriculteurs, y compris ceux engagés dans une démarche d'installation progressive. Ce contrôle a aussi pour objectifs de : 1° Consolider ou maintenir les exploitations afin de permettre à celles-ci d'atteindre ou de conserver une dimension économique viable au regard des critères du schéma directeur régional des exploitations agricoles () ". Aux termes de l'article L. 331-3-1 du même code : " L'autorisation mentionnée à l'article L. 331-2 peut être refusée : 1° Lorsqu'il existe un candidat à la reprise ou un preneur en place répondant à un rang de priorité supérieur au regard du schéma directeur régional des structures agricoles mentionné à l'article L. 312-1 ; 2° Lorsque l'opération compromet la viabilité de l'exploitation du preneur en place () ".

5. D'autre part, aux termes de l'article 4 de l'arrêté du préfet de la région Lorraine-Champagne-Ardenne-Alsace du 27 juin 2016, portant schéma directeur régional des structures agricoles (SDREA) de Lorraine : " 42 - Modalités d'examen des candidatures concurrentes : () Les priorités sont organisées différemment lorsque sont en présence des dossiers concurrents exclusivement d'installation, exclusivement d'agrandissement, ou bien lorsque sont en présence des dossiers concurrents d'installation et d'agrandissement. Les cas de reprise de foncier par les propriétaires sur des fonds occupés pour des projets d'installation ou d'agrandissement sont examinés à part. Les groupes de priorité selon les situations sont présentées en annexe 4. () ". Les critères utilisés dans le cas de reprise de propriétés familiales non libres sont, en priorité, l'existence d'une étude économique réalisée par le repreneur et le niveau de perte d'excédent brut d'exploitation (EBE) pour le preneur en place. En vertu du D de l'annexe 4, relatif aux situations d'une reprise familiale souhaitée par un propriétaire suite à un congé pour reprise personnelle avec refus du preneur en place de libérer les biens, l'existence d'une perte brute de plus de 3 % de l'EBE pour l'exploitant précédent est de nature à justifier légalement le refus opposé au projet du repreneur.

6. Pour refuser l'autorisation sollicitée, la préfète de la région Grand Est s'est fondée sur l'étude économique présentée par le GAEC d'Etraye, preneur en place. Il ressort des pièces du dossier que la perte du droit d'exploiter la parcelle litigeuse générerait une diminution de l'EBE du GAEC d'Etraye de 11,78 %, ce dernier passant de 219 445 euros à 193 584 euros. La circonstance que la parcelle litigieuse ait un faible potentiel et génère un fermage dérisoire n'est pas de nature à remettre en cause les conclusions de l'étude économique établie par le cabinet d'expertise comptable Cerfrance adheo. Dans ces conditions, la préfète pouvait légalement, au vu de cette seule constatation, refuser l'autorisation sollicitée par le GAEC du petit noyer.

7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de l'arrêté de la préfète de la région Grand-Est, préfète du Bas-Rhin, du 23 février 2022, ensemble la décision portant rejet du recours gracieux formé contre cette décision, doivent être rejetées.

Sur les frais de l'instance :

8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, au titre des frais exposés par GAEC du petit noyer et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête du GAEC du petit noyer est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié au GAEC du petit noyer, au GAEC d'Etraye et à la ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.

Copie pour information sera adressée au préfet de la région Grand Est, préfet du Bas-Rhin.

Délibéré après l'audience du 16 juin 2025, à laquelle siégeaient :

M. Goujon-Fischer, président,

M. Durand, premier conseiller,

Mme Wolff, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2025.

Le rapporteur,

F. Durand

Le président,

J.-F. Goujon-Fischer

Le greffier,

F. Richard

La République mande et ordonne à la ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

N°220215

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions