mardi 22 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2202228 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 1er août 2022 et 7 mai 2024, la société civile immobilière (SCI) RE.TRAI.TE, représentée par Me Remy, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de constater qu'il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions présentées dans sa requête introductive d'instance tendant à l'annulation de la décision du 17 août 2021 en tant que le préfet des Vosges y refusait de reconnaître la consistance légale du droit fondé en titre attaché au moulin de Brigeloup et tendant à ce que la consistance légale attachée à ce moulin soit fixée à 33,35 kW ;
2°) de juger ce que de droit s'agissant de l'application de l'article L. 214-18-1 du code de l'environnement aux ouvrages du moulin de Brigeloup ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- sa requête est recevable ;
- le moulin de Brigeloup dispose d'un droit fondé en titre ;
- la consistance légale du droit fondé en titre s'établit à 33,35 kW et la décision qui refusait de reconnaître cette consistance légale était entachée d'illégalité ; la préfète ayant adopté une décision le 26 février 2024 confirmant ce point, la requête est, dans cette mesure, dépourvue d'objet ;
- en application de l'article L. 214-18-1 du code de l'environnement, les ouvrages du moulin de Brigeloup étaient, à la date d'introduction de la requête, exonérés des obligations de rétablissement de la continuité écologique inhérente au classement de la rivière La Valdange, affluent de la Meurthe, en liste 2 en application du 2° du I de l'article L. 214-17 du code de l'environnement.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 février 2024, la préfète des Vosges conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que la décision du 17 août 2021 est confirmative des décisions précédemment notifiées à la requérante les 18 février 2019 et 22 juillet 2019 ;
- à titre subsidiaire, en ce qui concerne la consistance légale, dès lors que, par une décision du 26 février 2024, elle a confirmé le maintien de la puissance maximale brute initialement accordée le 28 juillet 2017 à 33,35 kW, il n'y a plus lieu à statuer sur la puissance maximale brute sollicitée par la requérante au sein de la requête ;
- en ce qui concerne le rétablissement de la continuité écologique, l'article L. 214-18-1 du code de l'environnement, prévoyant la dérogation dont la requérante demande le bénéfice, a été abrogé par la loi n° 2023-175 du 10 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- la loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Grandjean, rapporteure,
- les conclusions de M. Gottlieb, rapporteur public,
- les observations de Me Remy, représentant la SCI RE.TRAI.TE,
- et les observations de M. A, représentant la préfète des Vosges.
Considérant ce qui suit :
1. La société civile immobilière (SCI) RE.TRAI.TE, propriétaire du moulin de Brigeloup situé sur le territoire de la commune d'Étival-Clairefontaine (Vosges), a sollicité le 30 mai 2017 du préfet des Vosges la reconnaissance de l'existence du droit fondé en titre attaché à cet ouvrage et la fixation de la consistance légale de ce droit à 33,35 kW. Par un courrier du 28 juillet 2017, le préfet des Vosges a reconnu l'existence d'un droit fondé en titre attaché à cet ouvrage, a fixé la consistance légale de celui-ci à 33,35 kW et rappelé la nécessité de rétablir la continuité écologique dans un délai de trois ans suivant l'arrêté portant règlement d'eau de l'installation. A la suite d'une visite sur place des services de la direction départementale des territoires, par un second courrier du 18 février 2019, le préfet des Vosges a estimé erroné le calcul de la puissance maximale brute de l'installation et rappelé l'obligation de rétablir la continuité écologique. En réponse au recours gracieux présenté le 10 avril 2019 dans lequel la requérante maintenait que la consistance légale devait être fixée à 33,35 kW et demandait à voir appliquer les dispositions de l'article L. 214-18-1 du code de l'environnement exonérant les moulins équipés pour la production d'électricité de l'obligation de rétablissement de la continuité écologique, le préfet a confirmé sa position dans un courrier du 22 juillet 2019. Le 5 juillet 2021, la requérante a de nouveau sollicité le préfet des Vosges afin d'obtenir la reconnaissance de la consistance légale des ouvrages du moulin à 33,35 kW et la dispense des obligations liées au respect de la continuité écologique en application des dispositions de l'article L. 214-18-1 du code de l'environnement. Par un courrier du 17 août 2021, le préfet des Vosges a fait savoir à la requérante qu'à défaut de la réception d'éléments complémentaires, la consistance légale ne pouvait être établie et que le rétablissement de la continuité écologique était justifié. Par la requête susvisée, la SCI RE.TRAI.TE sollicite l'annulation de cette dernière décision.
Sur les conclusions tendant à la fixation de la consistance légale à 33,35 kW :
2. Il résulte de l'instruction que la préfète des Vosges a, postérieurement à l'introduction de l'instance, par une décision du 26 février 2024, confirmé à la requérante sa décision du 28 juillet 2017 portant reconnaissance d'une consistance légale de l'installation fondée en titre dénommée " Moulin de Brigeloup " à 33,35 kW. Dans ces conditions, les conclusions à fins d'annulation de la décision du 17 août 2021 relatives à la fixation de la consistance légale du droit fondé en titre attaché au moulin de Brigeloup ont perdu leur objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions tendant bénéficier des dispositions de l'article L. 214-18-1 du code de l'environnement :
3. Il appartient au juge du plein contentieux de la police de l'eau d'apprécier le respect des règles de procédure régissant la demande d'autorisation au regard des circonstances de fait et de droit en vigueur à la date de délivrance de l'autorisation. En revanche, le respect des règles de fond qui s'imposent à l'autorisation s'apprécie en fonction des considérations de droit et de fait en vigueur à sa date de sa décision.
4. Aux termes de l'article L. 214-17 du code de l'environnement : " I.- Après avis des conseils départementaux intéressés, des établissements publics territoriaux de bassin concernés, des comités de bassins (), l'autorité administrative établit, pour chaque bassin ou sous-bassin : / () 2° Une liste de cours d'eau, parties de cours d'eau ou canaux dans lesquels il est nécessaire d'assurer le transport suffisant des sédiments et la circulation des poissons migrateurs. Tout ouvrage doit y être géré, entretenu et équipé selon des règles définies par l'autorité administrative, en concertation avec le propriétaire ou, à défaut, l'exploitant, sans que puisse être remis en cause son usage actuel ou potentiel, en particulier aux fins de production d'énergie. S'agissant plus particulièrement des moulins à eau, l'entretien, la gestion et l'équipement des ouvrages de retenue sont les seules modalités prévues pour l'accomplissement des obligations relatives au franchissement par les poissons migrateurs et au transport suffisant des sédiments, à l'exclusion de toute autre, notamment de celles portant sur la destruction de ces ouvrages. / () III.- Les obligations () découlant du 2° du I s'appliquent, à l'issue d'un délai de cinq ans après la publication des listes, aux ouvrages existants régulièrement installés. Lorsque les travaux permettant l'accomplissement des obligations résultant du 2° du I n'ont pu être réalisés dans ce délai, mais que le dossier relatif aux propositions d'aménagement ou de changement de modalités de gestion de l'ouvrage a été déposé auprès des services chargés de la police de l'eau, le propriétaire ou, à défaut, l'exploitant de l'ouvrage dispose d'un délai supplémentaire de cinq ans pour les réaliser ".
5. Si l'article L. 214-18-1 du code de l'environnement exonérait l'ensemble des moulins à eau pouvant recevoir cette qualification et bénéficiant d'un droit de prise d'eau fondé en titre des obligations mentionnées au 2° du I de l'article L. 214-17 du même code destinées à assurer la continuité écologique des cours d'eau, cet article a été abrogé par la loi du 10 mars 2023 relative à l'accélération de la production d'énergies renouvelables. Dans ces conditions, la SCI RE.TRAI.TE, exploitante du moulin de Brigeloup disposant d'un droit fondé en titre implanté en dérivation de la rivière la Valdange, inscrite en " liste 2 ", n'est pas fondée, à la date du présent jugement, à se prévaloir de ces dispositions exonératoires. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions par la décision du 17 août 2021 ne peut être qu'écarté.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la préfète des Vosges, que les conclusions de la SCI RE.TRAI.TE tendant à l'annulation de la décision du 17 août 2021 en tant qu'elle lui refuse le bénéfice des dispositions de l'article L. 214-18-1 du code de l'environnement doivent être rejetées.
Sur les frais de l'instance :
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par la SCI RE.TRAI.TE au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er :Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision du 17 août 2021 en tant qu'elle porte sur la fixation de la consistance légale du droit fondé en titre.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la SCI RE.TRAI.TE est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société civile immobilière RE.TRAI.TE et à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques.
Copie en sera adressée, pour information, à la préfète des Vosges.
Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Grandjean, première conseillère,
Mme Jouguet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 octobre 2024.
La rapporteure,
G. Grandjean Le président,
B. Coudert
La greffière,
I. Varlet
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026