lundi 6 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2202249 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique (Chambre 3) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 juillet 2022, M. A B conteste la décision du 10 juin 2022 par laquelle la mutualité sociale agricole de Lorraine a refusé de lui accorder la remise de sa dette d'un montant de 1 252,20 euros correspondant à un indu de prime d'activité au titre de la période allant du 1er janvier 2020 au 30 juin 2020.
Il soutient qu'il a dûment déclaré ses ressources et que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser sa dette.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 août 2022, la mutualité sociale agricole de Lorraine conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Sousa Pereira, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate statuant seule a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Sousa Pereira a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative
Considérant ce qui suit :
1. M. B a bénéficié de la prime d'activité. A la suite d'un contrôle de sa situation ayant conduit à la régularisation du montant des allocations chômage qu'il a perçues, la mutualité sociale agricole (MSA) de Lorraine lui a notifié, par une décision du 14 août 2020, un indu d'un montant de 1 245,96 euros correspondant à un trop-perçu de prime d'activité au titre de la période allant du 1er janvier 2020 au 30 juin 2020. M. B a formé un recours auprès de la commission de recours amiable demandant une remise gracieuse de sa dette. Par une décision du 10 juin 2022, la MSA de Lorraine a rejeté cette demande. Par sa requête, M. B doit être regardé comme demandant au tribunal, d'une part, d'annuler cette décision du 10 juin 2022 et, d'autre part, de lui accorder la remise de sa dette.
2. Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". Aux termes de l'article L. 845-3 du même code : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur ou sa bonne foi justifie que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
4. D'une part, si M. B soutient qu'il a correctement déclaré ses revenus incluant ses allocations chômage et que l'indu litigieux provient d'une erreur de la MSA de Lorraine, ces circonstances, à les supposer avérées, ne créent aucun droit à la remise de dette au profit de l'intéressé qui reste débiteur des sommes qui lui ont été indûment versées.
5. D'autre part, M. B soutient que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser le trop-perçu de prime d'activité qui lui est réclamé. Il ne produit toutefois aucun justificatif ni aucune estimation de ses ressources et de ses charges de nature à établir une situation de précarité telle qu'elle nécessiterait de lui accorder une remise de sa dette. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'il devrait se voir accorder une remise partielle ou totale de l'indu en litige.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la ministre des solidarités et des familles.
Copie en sera adressée, pour information, à la mutualité sociale agricole de Lorraine.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 novembre 2023.
La magistrate déléguée,
C. Sousa Pereira
La greffière,
L. Bourger La République mande et ordonne à la ministre des solidarités et des familles en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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