mercredi 24 août 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2202384 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | FRITSCH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 20 août 2022 à 11 heures 27 et le 23 août 2022, M. B A demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 19 août 2022 par lequel le préfet de la Côte d'Or l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Côte d'Or de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai de 15 jours suivant la notification de la décision à intervenir, en application des dispositions des articles L. 911-2 et L. 911-3 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, à charge pour son conseil de renoncer au bénéfice de l'aide juridictionnelle en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
En ce qui concerne toutes les décisions :
- la compétence de l'auteur des décisions n'est pas établie ;
- les décisions sont insuffisamment motivées ;
- les décisions ne lui ont pas été notifiées dans une langue qu'il comprend ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- le préfet a méconnu son droit à être entendu ;
- le préfet ne démontre pas avoir procédé à un examen individuel et sérieux de sa situation ;
- la décision porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision refusant un délai de départ volontaire :
- son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public ;
- le préfet a commis une erreur d'appréciation quant au risque de fuite ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit au regard de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du droit à un procès équitable ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- la décision est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;
- la décision a été prise en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision a été prise en méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision a été prise en méconnaissance de l'article 3-1 de la convention contre la torture et autres traitements cruels et inhumains ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision est fondée sur une décision portant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;
- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation quant à la durée de l'interdiction de retour et quant aux circonstances humanitaires ;
- la décision méconnaît le droit constitutionnel d'asile ;
- la décision méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 août 2022, le préfet de la Côte d'Or conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- l'accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Grandjean, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Grandjean, magistrate désignée,
- les observations de Me Fritsch, avocate commise d'office, représentant M. A qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens, qui insiste sur les moyens tirés de la méconnaissance du droit d'être entendu dès lors que l'audition par les services de la police a été d'une très courte durée, de l'absence de trouble à l'ordre public, de la stabilité de la situation personnelle et familiale en France du requérant et sur le droit dont il dispose d'assister à l'audience du tribunal correctionnel auquel il est convoqué le 22 janvier 2023 ;
- les observations de M. A, assisté d'un interprète en langue arabe ;
- et les observations de M. E, représentant le préfet de la Côte d'Or, qui conclut aux mêmes fins que le mémoire en défense, par les mêmes moyens.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant tunisien né le 12 mars 1989, est entré régulièrement en France le 5 mai 2015 sous couvert d'un passeport en cours de validité et revêtu d'un visa de long séjour en qualité de conjoint d'une ressortissante française. Il s'est vu délivrer, en cette qualité, une carte de résident valable du 14 avril 2017 au 13 avril 2027. À la suite de plusieurs condamnations pénales entre 2017 et 2020 le préfet de la Côte d'Or a décidé, par arrêté du 1er mars 2021, de retirer cette carte de résident et lui a délivré une carte de séjour temporaire valable du 12 avril 2021 au 11 avril 2022. Par un jugement du tribunal administratif de Dijon en date du 25 novembre 2021, la requête formée par l'intéressé contre la décision lui retirant sa carte de résident de dix ans a été rejetée. Par un arrêté du 19 août 2022, le préfet de la Côte d'Or lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. Par la requête susvisée, M. A, placé en rétention administrative par une décision du même jour, demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions :
2. En premier lieu, l'arrêté est signé par M. D C, préfet de la Côte d'Or, qui, en vertu de l'article R. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a compétence pour édicter et signer les décisions en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées ne peut qu'être écarté.
3. En deuxième lieu, les conditions de notification d'une décision sont sans incidence sur la légalité de celle-ci. Le requérant ne peut ainsi utilement faire valoir que les décisions contestées n'auraient pas été notifiées dans une langue qu'il comprend. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier que M. A a déclaré savoir parler, lire et écrire le français. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
4. En troisième lieu, l'arrêté attaqué, qui n'a pas à viser toutes les circonstances de fait de la situation du requérant, mentionne de manière suffisamment précise les considérations de droit et de fait qui fondent les décisions portant obligation de quitter le territoire français, refusant de lui accorder un délai de départ volontaire, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de retour sur le territoire français édictées à son encontre. La circonstance que l'arrêté ne viserait pas l'accord franco-tunisien, alors au demeurant que le préfet n'a pas fait application des dispositions de cet accord qui renvoie sur tous les points qu'il ne traite pas à la législation nationale, est sans influence sur la légalité des décisions en litige. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de ces décisions manque ainsi en fait et doit, par suite, être écarté.
En ce qui concerne les moyens propres à la contestation de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision d'éloignement implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité de son séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Il n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement.
6. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier du formulaire de renseignement administratif établi le 19 août 2022, que M. A a été informé de ce que le préfet de la Côte d'Or était susceptible de prendre à son encontre une mesure d'éloignement et qu'il a alors été mis à même de présenter, de manière utile et effective, ses observations sur l'irrégularité de son séjour et les motifs pouvant justifier que le préfet s'abstienne de prendre cette mesure d'éloignement. Ainsi, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'il aurait été privé du droit d'être entendu. Le moyen manque ainsi en fait et doit, par suite, être écarté.
7. En deuxième lieu, il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de l'arrêté attaqué que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation du requérant avant de prendre une mesure d'éloignement à son encontre. Par suite ce moyen doit être écarté.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / () ".
9. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré en France en 2015 à l'âge de vingt-cinq ans et a été admis à y séjourner en qualité de conjoint de Français. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le divorce a été prononcé le 9 avril 2021 et que l'intéressé est sans enfant en France. S'il soutient entretenir une relation avec une autre ressortissante française avec laquelle il aurait un projet de mariage, il n'apporte la preuve ni de la durée de cette relation et de leur vie commune, ni des démarches alléguées en vue de leur mariage. Le requérant ne se prévaut par ailleurs d'aucun autre lien familial en France et ne démontre pas être dépourvu de toute attache familiale dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-cinq ans. Enfin, la circonstance qu'il établisse, par un avis d'imposition et des bulletins de salaires, avoir disposé de quelques revenus en 2017, en juin et juillet 2018 et en janvier 2021 en qualité de salarié intérimaire ne peut suffire à démontrer une insertion professionnelle particulière en France. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la décision faisant obligation à M. A de quitter le territoire français méconnaîtrait son droit à une vie privée et familiale normale tel que garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens propres à la contestation de la décision refusant un délai de départ volontaire :
10. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () / 3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ; / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / () ".
11. En premier lieu, si M. A fait valoir qu'il ne présente aucun risque de fuite et que son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé n'a pas honoré, à trois reprises, les rendez-vous délivrés en vue du renouvellement de son titre de séjour qui a expiré le 12 avril 2022. Il ressort également du formulaire de renseignement administratif du 19 août 2022 qu'il a expressément déclaré ne pas vouloir regagner la Tunisie et rester en France. Enfin, compte tenu du trouble à l'ordre public, établi par le préfet, généré par le comportement de l'intéressé condamné à plusieurs reprises depuis 2017, notamment pour violences aggravées, port d'arme blanche et usage illicite de stupéfiants, le moyen tiré de ce que le préfet de la Côte d'Or aurait méconnu les dispositions précitées de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en commettant une erreur d'appréciation quant au risque de soustraction à la mesure d'éloignement prononcée et à la menace à l'ordre public doit être écarté.
12. En second lieu, si le requérant soutient que la décision attaquée serait de nature à porter atteinte à son droit à un procès équitable, tel que garanti par les stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales selon lesquelles " tout accusé a droit notamment à () se défendre lui-même ou avoir l'assistance d'un défenseur de son choix () ", dans la mesure où la décision attaquée l'empêcherait d'être présent lors d'une audience du tribunal correctionnel de Dijon à laquelle il est convoqué en janvier 2023, il ne saurait toutefois utilement se prévaloir de ces stipulations dès lors que le droit à un procès équitable n'implique pas nécessairement que l'étranger puisse se maintenir sur le territoire français jusqu'à l'audience pour laquelle il dispose en outre de la faculté de se faire représenter par un conseil, de solliciter un visa pour cette occasion ou de solliciter le renvoi de l'audience. Ainsi, le moyen tiré de la violation de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens propres à la contestation de la décision fixant le pays de destination :
13. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
14. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article 3 de la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants : " 1. Aucun Etat partie n'expulsera, ne refoulera, ni n'extradera une personne vers un autre État où il y a des motifs sérieux de croire qu'elle risque d'être soumise à la torture () ".
15. Toutefois, si le requérant soutient risquer, en cas de retour en Tunisie, de subir des traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il n'établit pas être personnellement exposé à de tels traitements en se bornant à exposer qu'il y a été menacé, avant son départ pour la France en 2015, par un voisin qui aurait réprouvé son mode de vie. Ainsi, la réalité des risques allégués ne ressort d'aucune des pièces du dossier. Par suite, les moyens tirés de ce que le préfet aurait méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3-1 de la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants doivent être écartés.
16. En dernier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre d'une décision fixant le pays de destination. Ce moyen doit, par suite, être écarté.
En ce qui concerne les moyens propres à la contestation de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
17. En premier lieu, il résulte des points 2 à 9 du présent jugement que l'exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écartée.
18. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 9 du présent jugement, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut, en tout état de cause, qu'être écarté.
19. En troisième lieu, ni la durée du séjour du requérant en France, ni la circonstance qu'il vivrait en concubinage avec une ressortissante française depuis 2020, alors en outre qu'il n'apporte aucun élément de nature à établir la réalité de cette situation, ne constituent des circonstances humanitaires au sens des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui feraient obstacle à ce que puisse être prononcée une interdiction de retour sur le territoire français.
20. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9 ci-dessus, dès lors que l'intéressé ne justifie d'aucune insertion sociale et familiale sur le territoire français et eu égard à son comportement qui constitue une menace pour l'ordre public, le préfet n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en fixant la durée de l'interdiction de retour à trois années.
21. En dernier lieu, si le requérant soutient que la mesure d'interdiction de retour sur le territoire français porterait une atteinte grave et disproportionnée au droit constitutionnel d'asile dès lors qu'elle fait obstacle à son retour en France afin d'y solliciter l'asile, il résulte de l'article L. 613-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'autorité administrative peut à tout moment abroger une interdiction de retour sur le territoire français. Par ailleurs le refus d'entrée sur le territoire français ne fait pas obstacle, ainsi que le prévoient les articles L. 352-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, au dépôt d'une demande d'asile à la frontière, comme l'a relevé le Conseil constitutionnel dans sa décision n° 2011-631 DC du 9 juin 2011, aux termes de laquelle il a, dans ses motifs et son dispositif, déclaré conformes à la Constitution les dispositions désormais codifiées aux articles L. 612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile relatives à l'interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de la violation du droit constitutionnel d'asile doit être écarté.
22. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation des décisions du 19 août 2020 prises par le préfet de la Côte d'Or doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
23. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Il s'ensuit que les conclusions susvisées ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais d'instance :
24. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie tenue aux dépens ou la partie perdante, la somme demandée par M. A au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de la Côte d'Or.
Lu en audience publique le 24 août 2022 à 16 heures 00.
La magistrate désignée,
G. GrandjeanLa greffière,
L. Stupar
La République mande et ordonne au préfet de la Côte d'Or en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026