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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2202420

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2202420

jeudi 21 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2202420
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique (Chambre 3)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 août 2022, Mme B A conteste, d'une part, la décision du 1er août 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales de Meurthe-et-Moselle ne lui a accordé qu'une remise partielle de sa dette d'un montant initial de 1 564,73 euros correspondant à un trop perçu d'allocation de logement sociale au titre de la période allant du 1er juillet 2021 au 30 avril 2022, d'autre part, la décision implicite de rejet née du silence gardé par l'administration pendant un délai de deux mois sur sa demande du 11 mai 2022 par laquelle elle a contesté le bien-fondé de cet indu.

Elle soutient que :

- elle ne comprend pas l'indu qui lui a été notifié ni l'erreur qui lui est reprochée ;

- l'erreur qui lui est reprochée ne lui est pas imputable ;

- elle est de bonne foi ;

- elle soutient que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser sa dette.

Par un mémoire en défense enregistré le 12 octobre 2023, la caisse d'allocations familiales de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Sousa Pereira, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La magistrate statuant seule a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Sousa Pereira a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée après l'appel de l'affaire à l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A a bénéficié d'aide personnelle au logement depuis le mois de novembre 2003. Après que l'intéressée a informé la CAF de ce qu'elle exerçait une activité professionnelle depuis le mois de mai 2021 en complément de son bénéfice à l'allocation d'aide au retour à l'emploi, un indu d'allocation de logement sociale (ALS) d'un montant de 1 564,73 euros lui a été notifié le 5 mai 2022 au titre de la période allant du 1er juillet 2021 au 30 avril 2022. Mme A a formé un recours auprès de la commission de recours amiable, contestant l'indu lui ayant été notifié en sollicitant une remise gracieuse de sa dette. Par une décision du 1er août 2022, la CAF de Meurthe-et-Moselle lui a accordé une remise partielle d'un montant de 391,18 euros et a laissé à sa charge la somme de 1 173,55 euros. Par sa requête, Mme A doit être regardée comme demandant au tribunal, d'une part, d'annuler cette décision du 1er août 2022 et de faire droit à sa demande de remise totale et, d'autre part, d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par l'administration pendant un délai de deux mois sur sa demande remettant en cause le bien-fondé de l'indu litigieux.

Sur le bien-fondé de l'indu litigieux :

2. Aux termes de l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation : " Les aides personnelles au logement ainsi que les primes accordées aux bénéficiaires de ces aides afin qu'ils déménagent pour s'assurer des conditions de logement plus adaptées sont régies par le présent livre. / Les aides personnelles au logement comprennent : / () / 2° Les allocations de logement : / () b) L'allocation de logement sociale ". Aux termes de l'article R. 822-2 du même code : " Les ressources prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont celles dont bénéficient le demandeur ou l'allocataire, son conjoint et les personnes vivant habituelle au foyer. () ".

3. Il résulte de l'instruction que l'indu litigieux résulte d'omissions déclaratives quant à la reprise par Mme A de son travail depuis le 17 mai 2021. Si la requérante soutient qu'elle ne comprend pas l'origine de cet indu, ni l'erreur qui lui est reprochée, elle ne conteste toutefois pas avoir déclaré à tort être au chômage et, ainsi, avoir perçu des aides au logement sur la base d'une situation déclarée sans rapport avec sa situation réelle. Dans ces conditions, Mme A ne démontre pas que l'indu qui lui a été notifié ne serait pas justifié.

Sur la demande de remise de dette :

4. Aux termes de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ".Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve des dispositions des quatrième à neuvième alinéas de l'article L. 133-4-1, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution (). / Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations ".

5. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.

6. En premier lieu, la circonstance alléguée par Mme A selon laquelle elle ne serait pas responsable de l'erreur à l'origine de l'indu litigieux ne crée aucun droit à la remise de la dette au profit de l'intéressée, qui reste débitrice de cette somme.

7. En second lieu, Mme A soutient que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser l'indu en litige. Si Mme A, qui déclare percevoir 1 458 euros par mois de salaire et d'indemnités chômage, produit plusieurs justificatifs attestant de certaines de ses charges, il ne résulte pas de l'instruction qu'elle serait dans une situation de précarité telle qu'elle se trouverait dans l'impossibilité de faire face au remboursement de la somme qui lui est réclamée, dont le solde s'élève à 1 173,55 euros compte tenu des remboursements déjà effectués. Il est par ailleurs loisible à l'intéressée, si elle le juge utile, de solliciter auprès des services de la CAF de Meurthe-et-Moselle la mise en place d'un échéancier adapté à sa situation. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir qu'une remise supplémentaire de sa dette devrait lui être accordée.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la caisse d'allocations familiales de Meurthe-et-Moselle.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 décembre 2023.

La magistrate déléguée,

C. Sousa Pereira

Le greffier,

P. Lepage

La République mande et ordonne au ministre délégué de la transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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