lundi 6 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2202478 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique (Chambre 3) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 30 août et 9 décembre 2022, Mme A B conteste la décision du 30 juin 2022 par laquelle la présidente du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle a rejeté sa demande de remise de dette qu'elle a présentée pour la somme de 17 107,48 euros relative à un indu de revenu de solidarité active.
Elle soutient qu'elle est de bonne foi et que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser sa dette.
Par un mémoire enregistré le 26 janvier 2023, le directeur départemental des finances publiques de Meurthe-et-Moselle a présenté des observations.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mai 2023, le département de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le département doit être mis hors de cause en ce qui concerne les contestations relatives aux indus de prestations familiales et de prime exceptionnelle de fin d'année ;
- la requérante n'établit pas la précarité de sa situation financière, qui l'empêcherait de rembourser sa dette.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Sousa Pereira, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate statuant seule a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Sousa Pereira a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a bénéficié du revenu de solidarité active (RSA), de prestations familiales et de la prime exceptionnelle de fin d'année. A la suite d'un contrôle de situation ayant révélé que l'intéressée avait omis de déclarer des loyers qu'elle a perçus, la caisse d'allocations familiales (CAF) de Meurthe-et-Moselle lui a notifié, par une décision du 1er septembre 2021, des indus de 17 107,48 euros correspond à un trop-perçu de RSA pour la période allant du 1er septembre 2018 au 31 août 2021, de 375,22 euros correspondant à un trop-perçu de prestations familiales pour la période allant du 1er septembre au 31 octobre 2018 et de 152,45 euros correspondant à un trop-perçu de la prime exceptionnelle de fin d'année qui lui a été versée à la fin de l'année 2018. Mme B a formé un recours administratif auprès du département de Meurthe-et-Moselle, sollicitant uniquement la remise gracieuse des indus de RSA. Par une décision du 30 juin 2022, le département a refusé de faire droit à sa demande. Mme B doit être regardée comme demandant un tribunal, d'une part, d'annuler cette décision et, d'autre part, de lui accorder la remise totale de sa dette s'agissant des trop-perçus de RSA.
2. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " Tout paiement indu de revenu de solidarité active est récupéré par l'organisme chargé du service de celui-ci ainsi que, dans les conditions définies au présent article, par les collectivités débitrices du revenu de solidarité active. () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration () ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de revenu de solidarité active, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a manqué à ses obligations déclaratives, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des éléments dépourvus d'incidence sur le droit de l'intéressé au revenu de solidarité active ou sur son montant, de tenir compte de la nature des éléments ainsi omis, de l'information reçue et notamment, le cas échéant, de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les éléments omis.
4. La requérante soutient que sa situation financière ne lui permet pas de rembourser sa dette dès lors qu'elle ne touche que 650 euros par mois et qu'elle rembourse déjà une pénalité auprès de la CAF à raison de 100 euros par mois. Toutefois, elle ne produit aucune pièce permettant d'apprécier dans son ensemble sa situation financière. Dès lors, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la circonstance, opposée par le département de Meurthe-et-Moselle dans la décision litigieuse, selon laquelle Mme B se serait livrée à une manœuvre frauduleuse, la requérante ne démontre pas, en tout état de cause, être dans l'impossibilité de rembourser la somme qui lui est réclamée. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir qu'une remise totale de sa dette devrait lui être accordée.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme Mme A B et au département de Meurthe-et-Moselle.
Copie en sera adressée, pour information, à la caisse d'allocations familiales de Meurthe-et-Moselle.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 novembre 2023.
La magistrate déléguée,
C. Sousa Pereira
La greffière,
L. Bourger
La République mande et ordonne à la préfète de Meurthe-et-Moselle en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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