lundi 25 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2202538 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique (Chambre 3) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 septembre 2022, Mme B A demande au tribunal :
1°) d'annuler la dette qui lui a été notifiée par la caisse d'allocations familiales (CAF) de Meurthe-et-Moselle correspondant à un indu de prime d'activité d'un montant initial de 4 488,93 euros au titre de la période allant du 1er mai 2019 au 30 avril 2020 ;
2°) d'enjoindre à la CAF de Meurthe-et-Moselle de lui restituer les sommes qui ont été retenues sur ses prestations en vue du remboursement de l'indu de prime d'activité.
Elle soutient que :
- elle est de bonne foi dès lors que les services de la CAF lui ont indiqué, lorsqu'elle s'est rapprochée de ces derniers pour obtenir des explications quant à l'augmentation importante et soudaine du montant de sa prime d'activité, que ces versements étaient justifiés au regard de sa situation familiale ; elle hébergeait, à cette époque, sa mère et son frère ;
- sa situation financière ne lui permet pas de rembourser sa dette, la CAF procédant, depuis le 1er février 2021, a des retenues conséquentes sur ses prestations.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 décembre 2023, la caisse d'allocations familiales de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- les conclusions de Mme A contestant le bien-fondé de l'indu litigieux sont irrecevables dès lors, d'une part, qu'elles sont tardives et, d'autre part, qu'elles n'ont pas été précédées d'un recours administratif préalable obligatoire ;
- les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Sousa Pereira, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate statuant seule a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Sousa Pereira a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 772-9 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a bénéficié de la prime d'activité. A la suite d'un contrôle de situation de l'intéressée, la caisse d'allocations familiales (CAF) de Meurthe-et-Moselle a constaté une différence entre les ressources annuelles déclarées pour son conjoint au titre de l'année 2019 auprès de l'administration fiscale et les déclarations trimestrielles effectuées par Mme A sur la même période afin de bénéficier de la prime d'activité. Par une décision du 11 janvier 2021, un indu de prime d'activité d'un montant de 4 488, 93 euros lui a ainsi été notifié au titre de la période allant du 1er mai 2019 au 30 avril 2020. La requérante a sollicité, à plusieurs reprises, une remise de sa dette, qui lui a été refusée par des décisions des 16 juillet 2021, 1er août 2022 et 24 novembre 2022. Par la présente requête, Mme A doit être regardée comme demandant au tribunal, d'une part, l'annulation de ces dernières décisions, d'autre part, à ce qu'il soit enjoint à la CAF de Meurthe-et-Moselle de lui restituer les sommes qui ont été retenues sur ses prestations en vue du recouvrement de l'indu litigieux.
2. Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". Aux termes de l'article L. 845-3 du même code : " Tout paiement indu de prime d'activité est récupéré par l'organisme chargé de son service. () La créance peut être remise ou réduite par l'organisme mentionné au premier alinéa du présent article, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration ".
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu de prestation ou d'allocation versée au titre de l'aide sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre partie à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur ou sa bonne foi justifie que lui soit accordée une remise ou une réduction supplémentaire.
4. Si la requérante se prévaut de ses difficultés financières dès lors qu'elle a deux enfants à charge et que son activité d'autoentrepreneur ne lui permet pas de se verser de salaire, l'intéressée ne produit aucun justificatif de ses ressources et de ses charges, alors que la CAF fait valoir en défense que les ressources moyennes du foyer de Mme A, lesquelles comprennent également les revenus de son conjoint, s'élèvent à 2 500 euros par mois en moyenne. Dans ces conditions, et alors que la bonne foi de Mme A n'est pas remise en cause, cette dernière n'établit pas qu'elle serait dans l'impossibilité de faire face au remboursement de l'indu qui lui est réclamé. Il est par ailleurs possible à l'intéressée, si elle le juge utile, de solliciter auprès de la CAF de Meurthe-et-Moselle la mise en place d'un échéancier adapté à sa situation financière. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elle devrait se voir accorder une remise partielle ou totale de l'indu en litige, ni qu'elle devrait se voir restituer les sommes qui ont été retenues sur ses prestations sociales en vue du recouvrement de l'indu en litige.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la ministre du travail, de la santé et des solidarités.
Copie en sera adressée, pour information, à la caisse d'allocations familiales de Meurthe-et-Moselle.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 mars 2024.
La magistrate déléguée,
C. Sousa Pereira
Le greffier,
P. Lepage
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
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01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026