jeudi 17 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2202612 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | FOURNIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 12 septembre 2022 et 27 juin 2023, M. C D, Mme B D et MM. A et Bilal D, représentés par Me Fournier, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 juillet 2022 par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de délivrer un titre de séjour à M. C D ;
2°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle, à titre principal, de leur délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à titre subsidiaire, de les admettre exceptionnellement au séjour et de leur délivrer le titre de séjour y afférant ou, à titre plus subsidiaire encore, de délivrer à M. C D et à Mme B D une carte de séjour d'un an portant la mention " salarié ", ou, à titre infiniment subsidiaire, de délivrer à M. A D un titre de séjour valable un an afin de lui permettre de poursuivre ses soins sur le territoire national ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros à leur verser en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision du 13 juillet 2022 méconnaît les dispositions de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 313-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'état de santé de M. A D ne peut être pris en charge de manière satisfaisante dans son pays d'origine et nécessite un suivi médical en France.
Par un mémoire en défense enregistré le 30 juin 2023, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient d'une part, que les conclusions en tant qu'elles sont présentées par Mme D et MM. A et Bilal D sont irrecevables et, d'autre part, que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par un courrier du 30 juin 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions présentées par Mme D et MM. A et Bilal D, qui ne justifient pas d'un intérêt à agir à l'encontre de la décision portant refus de séjour prise à l'encontre de leur époux et de leur père.
Des observations en réponse au moyen d'ordre public ont été enregistrées le 6 juillet 2023 pour les consorts D et ont été communiquées au préfet de Meurthe-et-Moselle.
Des observations en réponse au moyen d'ordre public ont été enregistrées pour le préfet de Meurthe-et-Moselle le 6 juillet 2023 et n'ont pas été communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fabas, rapporteure,
- et les observations de Me Fournier, représentant les consorts D.
Considérant ce qui suit :
1. M. C D, ressortissant algérien né en 1970, a déclaré être entré en France en 2015 accompagné de son épouse et de leur fils mineur. Par une décision du 16 juillet 2018, le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de délivrer le titre de séjour sollicité par l'intéressé, qui se prévalait de l'état de santé de son fils mineur. La requête présentée par M. D à l'encontre de cette décision a été rejetée par un jugement du tribunal administratif de Nancy n° 1900975 du 23 juin 2020. Le 27 janvier 2022, M. D a présenté une nouvelle demande de titre de séjour en se prévalant des éléments de sa vie privée. Par une décision du 13 juillet 2022, dont les consorts D demandent l'annulation, le préfet de Meurthe-et-Moselle a rejeté la demande de M. D.
Sur la recevabilité de la requête en tant qu'elle est présentée par Mme D et MM. A et Bilal D :
2. Ainsi que les parties en ont été informées par un courrier du 30 juin 2023, la requête est irrecevable en tant qu'elle est présentée par Mme D et MM. A et Bilal D, qui ne justifient pas d'un intérêt à agir à l'encontre de la décision portant refus de séjour prise à l'encontre de leur époux et de leur père. Elle ne peut donc, dans cette mesure, qu'être rejetée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. L'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui prévoit qu'une carte de séjour temporaire peut être délivrée à l'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, ne s'applique pas aux ressortissants algériens, dont la situation est régie de manière exclusive par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Le moyen tiré de ce que la décision serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, désormais codifié à l'article L. 435-1, doit donc être écarté comme inopérant. Toutefois, bien que cet accord ne prévoie pas de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, un préfet peut délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit et dispose à cette fin d'un pouvoir discrétionnaire pour apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.
4. D'une part, il résulte des termes de la décision attaquée que le préfet de Meurthe-et-Moselle a examiné l'opportunité de délivrer un titre de séjour à M. D au titre de son pouvoir discrétionnaire. D'autre part, il ressort des pièces du dossier, en particulier du certificat médical établi par le Dr E, postérieur à la décision attaquée mais révélant des faits antérieurs à celle-ci, que le fils du requérant est atteint d'une fibrodysplasie ossifiante progressive, maladie orpheline se traduisant par une ossification progressive des muscles, qui engage son pronostic vital et qu'une régularisation urgente de sa situation administrative est nécessaire pour l'inclure dans un protocole de recherche clinique thérapeutique représentant une réelle chance de voir son pronostic fonctionnel et vital s'améliorer dans la mesure où sa maladie ne peut être traitée dans son pays d'origine. Ainsi, compte-tenu des circonstances très particulières de l'espèce, en refusant de faire usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation, le préfet a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de celle-ci sur la situation M. D et ce dernier est fondé à en demander, pour ce motif, l'annulation.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que M. D est fondé à demander l'annulation de la décision du préfet de Meurthe-et-Moselle du 13 juillet 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement implique d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de délivrer à M. D un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais d'instance :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. D de la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête, en tant qu'elle est présentée par Mme D et MM. A et Bilal D, est rejetée.
Article 2 : La décision du 13 juillet 2022 du préfet de Meurthe-et-Moselle est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de Meurthe-et-Moselle de délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " à M. D dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : L'Etat versera à M. D la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C D, à Mme B D, à M. A D et au préfet de Meurthe-et-Moselle.
Délibéré après l'audience du 7 juillet 2023, à laquelle siégeaient :
M. Di Candia, président,
Mme Fabas, conseillère,
M. Bastian, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 août 2023.
La rapporteure,
L. Fabas Le président,
O. Di Candia
Le greffier,
P. Lepage
La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°220261
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026