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AccueilJurisprudence administrativeN° TA54-2202706

Tribunal Administratif de Nancy — Décision N° TA54-2202706

mercredi 28 septembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Nancy
SectionTribunal Administratif de Nancy
N° DossierTA54-2202706
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduites à la frontière
Avocat requérantLE JUNTER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 septembre 2022 à 18 heures 24 et un mémoire complémentaire enregistré le 27 septembre 2022, M. D A demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté en date du 28 mars 2022 par lequel le préfet de l'Aube lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai à destination du pays dont il a la nationalité et lui a interdit le retour pendant une durée de deux ans ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours sous astreinte de 150 euros par jour de retard sur le fondement de l'article L. 911-2 du code de justice administrative ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'alinéa 2 de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Le requérant soutient que :

En ce qui concerne l'ensemble des décisions :

- la requête n'est pas tardive ;

- la compétence de leur auteur n'est pas établie ;

- elles sont insuffisamment motivées ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- la décision ne lui a pas été notifiée dans une langue qu'il comprend ; il ne sait pas lire le français ;

- la décision fondée sur l'article L. L 611-1 5e alinéa du CESEDA est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation car son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;

- le droit d'être entendu a été méconnu ;

- la décision est entachée d'une erreur de fait relative à sa situation personnelle ;

- la décision méconnaît l'article 8 de la CEDH ;

En ce qui concerne la décision portant refus d'un délai de départ volontaire :

- son comportement ne constitue pas une menace pour l'ordre public ;

- il ne présente pas de risque de fuite ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

- elle doit être annulée par exception d'illégalité ;

- elle méconnaît l'article 3 de la CEDH et l'article 3-1 de la convention contre la torture et autres traitements cruels et inhumains ;

- elle méconnaît l'article 8 de la CEDH ;

En ce qui concerne l'interdiction de retour :

- elle doit être annulée par exception d'illégalité ;

- elle est entachée d'une erreur de fait relative à sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant aux circonstances humanitaires ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant à la durée de l'interdiction ;

- elle méconnaît l'article 8 de la CEDH.

Par un mémoire en défense enregistré le 28 septembre 2022, le préfet de l'Aube conclut au rejet de la requête. Il soutient que la requête est tardive et que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. B pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu, au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Marti, magistrat désigné,

- les observations de Me Le Junter, avocate commise d'office représentant M. A qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et sollicite le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Elle ajoute que M. A a un enfant âgé de 2 ans qui réside en Espagne ;

- les observations de M. C, représentant le préfet de l'Aube, qui reprend l'argumentation du mémoire en défense.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique, conformément à l'article R. 776-26 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant guinéen né le 22 novembre 2003, est entré régulièrement en France au cours de l'année 2018 et a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance. Interpellé et placé en garde à vue, il a fait l'objet d'un arrêté du 23 juin 2021 par lequel le préfet de l'Aube lui a fait obligation de quitter sans délai le territoire français, a fixé le pays de renvoi et lui a interdit le retour sur le territoire pendant une durée de deux ans. Il a à nouveau été interpellé le 28 mars 2022 et placé en garde à vue pour des faits d'usage et détention de produits stupéfiants. Le 28 mars 2022, le préfet de l'Aube a repris à son encontre un arrêté ayant le même objet. Placé en centre de rétention administrative, M. A demande l'annulation de cet arrêté.

Sur le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () soit par la juridiction compétente ou son président ".

3. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, et alors qu'il n'a pas encore été statué sur sa demande d'aide juridictionnelle, il y a lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, sur le fondement de ces dispositions.

Sur les conclusions en annulation :

En ce qui concerne les moyens communs aux différentes décisions :

4. En premier lieu, l'arrêté litigieux a été signé par M. Christophe Borgus, secrétaire général de la préfecture de l'Aube, dûment habilité à cet effet par un arrêté préfectoral du 29 juillet 2021. Dès lors, le moyen tiré de l'absence de justification de la compétence de l'auteur est infondé et ne peut être qu'écarté.

5. En second lieu, les décisions contestées comportent les considérations de droit et de faits qui en constituent le fondement. Si M. A soutient que certains éléments relatifs à sa situation, notamment à son placement à l'aide sociale à l'enfance, à sa scolarité et à son enfant résidant en Espagne ne figurent pas dans l'arrêté, il ne démontre pas en avoir informé les services de la préfecture. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit, dès lors, être écarté.

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

6. En premier lieu, les conditions de notification d'une décision administrative sont sans incidence sur sa légalité. Par suite, le moyen tiré de ce que les décisions contestées n'auraient pas été notifiées au requérant dans une langue qu'il comprend doit être écarté comme étant inopérant.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ". Il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de leur violation par une autorité d'un Etat membre est inopérant. Il résulte, toutefois, également de la jurisprudence de la Cour de Justice que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.

8. En l'espèce, il ressort des termes du procès-verbal d'audition du 28 mars 2022, que M. A a été expressément invité à formuler des observations sur une éventuelle demande d'éloignement potentiellement assortie d'une mesure de placement en rétention administrative et sur les éléments qu'il entendait porter à la connaissance de l'administration. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de son droit d'être entendu, qu'il tient de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, manque en fait et doit être écarté.

9. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; / () / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public ; () ".

10. M. A soutient qu'il ne peut faire l'objet d'une mesure d'éloignement dès lors qu'il ne constitue pas une menace à l'ordre public. Pour prononcer l'obligation de quitter le territoire français en litige, le préfet de l'Aube s'est fondé, d'une part, sur la circonstance que le requérant, qui a déclaré être entré en France irrégulièrement, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour et, d'autre part, sur la circonstance que son comportement représente un trouble à l'ordre public. Il ressort des pièces du dossier que M. A est entré irrégulièrement sur le territoire français et n'établit pas être titulaire d'un titre de séjour. Si le préfet s'est également fondé sur la menace à l'ordre public, il ressort des pièces du dossier qu'il aurait pris la même décision en se fondant exclusivement sur le 1° de l'article L. 611-1 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, en prononçant une obligation de quitter le territoire français à l'encontre de M. A, le préfet de l'Aube n'a pas commis d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation.

11. En quatrième lieu, M. A soutient que son droit au respect de sa vie privée et familiale fait obstacle à ce que le préfet prononce une obligation de quitter le territoire français à son encontre. Il ne dispose toutefois d'aucun lien personnel ou familial sur le territoire tel que la décision en litige devrait être regardée comme portant une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Il n'est pas démontré qu'il serait toujours scolarisé, qu'il disposerait d'une insertion professionnelle et qu'il serait dépourvu d'attaches dans son pays d'origine. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français doivent être rejetées.

Sur la décision refusant le délai de départ volontaire :

13. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ;

2° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ;

3° L'étranger s'est maintenu sur le territoire français plus d'un mois après l'expiration de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour, sans en avoir demandé le renouvellement ;

4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; 6° L'étranger, entré irrégulièrement sur le territoire de l'un des États avec lesquels s'applique l'acquis de Schengen, fait l'objet d'une décision d'éloignement exécutoire prise par l'un des États ou s'est maintenu sur le territoire d'un de ces États sans justifier d'un droit de séjour ; 7° L'étranger a contrefait, falsifié ou établi sous un autre nom que le sien un titre de séjour ou un document d'identité ou de voyage ou a fait usage d'un tel titre ou document ; 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, qu'il a refusé de communiquer les renseignements permettant d'établir son identité ou sa situation au regard du droit de circulation et de séjour ou a communiqué des renseignements inexacts, qu'il a refusé de se soumettre aux opérations de relevé d'empreintes digitales ou de prise de photographie prévues au 3° de l'article L. 142-1, qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale ou qu'il s'est précédemment soustrait aux obligations prévues aux articles L. 721-6 à L. 721-8, L. 731-1, L. 731-3, L. 733-1 à L. 733-4, L. 733-6, L. 743-13 à L. 743-15 et L. 751-5. ". Il ressort des pièces du dossier que, comme il a été dit précédemment, M. A est entré irrégulièrement en France, n'a pas sollicité de titre de séjour. Il s'est en outre présenté sous diverses identités. Enfin, il a manifesté son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français et s'est opposé à son embarquement à destination de la Guinée le 23 septembre dernier. Dans ces conditions et indépendamment de la menace à l'ordre public que son comportement ferait naître, il existe un risque que M. A se soustraie à la mesure d'éloignement contestée et il n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que le préfet lui a refusé un délai de départ volontaire.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :

14. En premier lieu, le requérant n'ayant pas démontré l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, il n'est pas fondé à s'en prévaloir à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de renvoi.

15. En deuxième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre d'une décision fixant le pays de destination. Ce moyen doit, par suite, être écarté.

16. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines et traitements inhumains et dégradants ". Si M. A soutient qu'il encourt des risques pour sa sécurité en cas de retour en Guinée, il n'apporte à l'appui de ses affirmations aucun élément de nature à établir la réalité des risques auxquels il serait personnellement exposé en cas de retour dans son pays d'origine au sens de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, en fixant la Guinée comme pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office, le préfet de l'Aube n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

17. Pour les mêmes motifs qu'énoncés au point précédent, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée méconnaîtrait les stipulations de l'article 3 de la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants aux termes desquelles : " 1- Aucun Etat n'expulsera, ne refoulera ni n'extradera une personne vers un autre Etat où il y a des motifs sérieux de croire qu'elle risque d'être soumise à la torture ".

18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision fixant le pays de renvoi ne peuvent qu'être rejetées.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

19. En premier lieu, le requérant n'ayant pas démontré l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, il n'est pas fondé à s'en prévaloir à l'appui de ses conclusions dirigées contre l'interdiction de retour.

20. En deuxième lieu, l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français.

Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. "

21. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en fixant à deux ans la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français, compte tenu de l'arrivée récente de l'intéressé en France, de son absence d'insertion personnelle et professionnelle et de son interpellation pour des faits d'usage et de détention de stupéfiants, le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation.

22. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 28 mars 2022 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai à destination du pays dont il a la nationalité et lui interdisant le retour pendant une durée de deux ans.

Sur les frais du litige :

23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante au principal dans la présente instance, la somme que M. A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : M. A est admis à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au préfet de l'Aube.

Lu en audience publique le 28 septembre 2022 à 15 heures 38.

Le magistrat désigné,

D. B Le greffier,

L. Thomas

La République mande et ordonne au préfet de l'Aube, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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