jeudi 2 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2202777 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique (Chambre 1) |
| Avocat requérant | GEHIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 septembre 2022, M. B C, représenté par Me Géhin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 juin 2022 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de procéder à l'échange de son permis de conduire algérien contre un permis de conduire français ;
2°) d'enjoindre au préfet de la Loire-Atlantique de lui délivrer un permis de conduire français dans les cinq jours suivant la notification du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de statuer à nouveau sur la demande ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros à verser à son conseil en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision contestée est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée tant en droit qu'en fait ;
- elle est entachée d'une erreur de fait, d'une erreur d'appréciation et d'une erreur de droit dès lors que son permis de conduire algérien n'est pas falsifié.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 octobre 2022, le préfet de la Loire-Atlantique conclut au non-lieu à statuer.
Il fait valoir que la décision de refus en litige a été abrogée et que l'instruction de la demande d'échange de permis a été rouverte.
Par un courrier du 31 octobre 2022, le magistrat désigné a invité M. C à confirmer expressément le maintien de ses conclusions, sur le fondement des dispositions de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative.
Par un mémoire complémentaire enregistré le 14 novembre 2022, M. C indique, d'une part, qu'il sera statué ce que de droit sur les conclusions d'annulation susceptibles de devenir sans objet et, d'autre part, en tout état de cause, qu'il maintient ses conclusions présentées sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision en date du 16 septembre 2022 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nancy.
Vu :
- l'ordonnance du juge des référés n° 2202776 du 14 octobre 2022 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- l'arrêté du 12 janvier 2012 fixant les conditions de reconnaissance et d'échange des permis de conduire délivrés par les États n'appartenant ni à l'Union européenne, ni à l'Espace économique européen ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Coudert, vice-président, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant algérien, est titulaire d'un certificat de résidence algérien délivré le 26 juillet 2021. Dans le délai d'un an à compter de cette date, il a demandé l'échange de son permis de conduire, délivré le 11 mars 1989 et renouvelé le 5 décembre 2012 par les autorités algériennes, contre un permis de conduire français. Par une décision du 16 juin 2022 dont M. C demande l'annulation, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé de faire droit à cette demande.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'administration abroge l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet la requête formée à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.
3. Si le préfet de la Loire-Atlantique fait valoir dans son mémoire en défense que la décision du 16 juin 2022 a été abrogée par décision du 25 octobre 2022, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision en litige n'aurait reçu aucune exécution antérieurement à sa suspension par l'ordonnance du 14 octobre 2022 du juge des référés du tribunal. Il suit de là que l'exception de non-lieu opposée par le préfet doit être écartée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 16 juin 2022 :
4. Aux termes de l'article 7 de l'arrêté du 12 janvier 2012 susvisé : " A. - Avant tout échange, l'autorité administrative compétente s'assure de l'authenticité du titre de conduite et, en cas de doute, de la validité des droits. / B. - Pour vérifier l'authenticité du titre de conduite, l'autorité administrative compétente sollicite, le cas échéant, l'aide d'un service spécialisé dans la détection de la fraude documentaire. () / D. - Néanmoins, quand bien même l'authenticité du titre de conduite est établie, l'autorité administrative compétente peut, avant de se prononcer sur la demande d'échange, en cas de doute selon les informations dont elle dispose, consulter l'autorité étrangère ayant délivré le titre afin de s'assurer des droits de conduite de son titulaire. La demande auprès des autorités étrangères est transmise, sous couvert du ministre chargé des affaires étrangères, service de la valise diplomatique, au consulat de France compétent qui la transmet aux autorités compétentes et avise l'autorité administrative compétente de la date de cette transmission. La demande peut être adressée également par courriel soit aux autorités consulaires françaises, soit lorsque les circonstances le permettent, directement aux autorités compétentes de l'État de délivrance. () / E. - Si le caractère frauduleux du titre est établi, l'échange n'a pas lieu et le titre est retiré par l'autorité administrative compétente, qui saisit le procureur de la République en le lui transmettant ".
5. Il résulte de ces dispositions qu'en cas de doute sur l'authenticité du titre dont l'échange est demandé, le préfet fait procéder à son analyse avec l'aide d'un service spécialisé dans la détection de la fraude documentaire et peut compléter son analyse en consultant par la voie diplomatique l'autorité étrangère qui a délivré le titre. L'intéressé peut, lors de l'instruction de sa demande par l'administration comme à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir contre une décision refusant l'échange pour absence d'authenticité du titre, apporter la preuve de son authenticité par tout moyen présentant des garanties suffisantes. Cette possibilité lui est ouverte y compris dans le cas où l'autorité étrangère, consultée par le préfet, n'a pas répondu. Si des documents produits par l'intéressé et présentés comme des attestations de l'autorité étrangère ne peuvent être pris en considération que s'ils présentent eux-mêmes des garanties suffisantes d'authenticité, ils ne sauraient être écartés au seul motif qu'ils n'ont pas été transmis aux autorités françaises par la voie diplomatique.
6. En l'espèce, le préfet de la Loire-Atlantique a refusé d'échanger le permis de conduire algérien de M. C au motif que ce permis, conforme au modèle de référence, avait subi des altérations et devait être regardé comme une falsification. Il ressort des pièces du dossier que l'altération portée au permis de conduire du requérant consiste en une réécriture, au stylo, de son mois de naissance. M. C a produit, à l'appui de sa requête, plusieurs documents justifiant de son état-civil et de sa date de naissance, conforme à celle indiquée sur son titre de conduite, ainsi que deux certificats de capacité de permis de conduire établis par le Consul Général à Strasbourg en mai et octobre 2022 et un certificat de capacité établi en juin 2022 par la daïra de Miliana en Algérie. Ces documents, dont l'authenticité n'est pas contestée, suffisent à remettre en cause le caractère falsifié du permis de conduire dont l'échange est demandé. Dans ces conditions, M. C est fondé à soutenir que le préfet de la Loire-Atlantique, en rejetant sa demande d'échange de son permis de conduire au motif que son permis de conduire algérien était falsifié, a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. C est fondé à demander l'annulation pour excès de pouvoir de la décision du 16 juin 2022.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
8. Le motif d'annulation retenu au point 6 du présent jugement n'implique pas qu'il soit fait droit à la demande d'échange de permis de M. C mais seulement que le préfet réexamine sa demande. Il résulte toutefois de l'instruction et n'est pas contesté par le requérant, que, par sa décision du 25 octobre 2022, le préfet de la Loire-Atlantique a invité l'intéressé à produire les éléments nécessaires afin de pouvoir rouvrir l'instruction de sa demande d'échange. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de prononcer la mesure d'injonction sollicitée.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
9. M. C a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. En conséquence, son conseil peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Géhin, conseil de M. C, d'une somme de 1 200 euros, sous réserve de sa renonciation à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 16 juin 2022 par laquelle le préfet de la Loire-Atlantique a refusé d'échanger le permis de conduire de M. C est annulée.
Article 2 : Sous réserve que Me Géhin, avocat de M. C, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle, l'Etat lui versera la somme de 1 200 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Géhin.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet de la Loire-Atlantique.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 février 2023.
Le magistrat désigné,
B. A
La greffière,
I. Varlet
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026