vendredi 11 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2202835 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
| Avocat requérant | RANSON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 30 septembre 2022 et des mémoires complémentaires enregistrés les 23 avril et 24 mai 2024 et 27 mars 2025, la société civile immobilière (SCI) Gingko et M. B A, représentés par Me Ranson, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler la décision du 8 septembre 2022 par laquelle le maire de la commune de Gérardmer a retiré le permis de construire qui leur avait été accordé par un arrêté du 20 juin 2022 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Gérardmer la somme de 6 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision est entachée d'un vice d'incompétence et d'un vice de forme, en l'absence de signature de l'autorité conforme aux dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le permis de construire n'a pas été obtenu par fraude, dès lors que la carte de représentation des zones humides visée est dépourvue de portée normative et n'est pas annexée au plan local d'urbanisme applicable à leur demande, qu'une erreur dans le tracé délimitant l'emplacement de la zone humide, mentionnée dans la demande de permis de construire, à la supposer établie, n'a pas été sciemment commise dans le but de tromper l'administration ;
- la surface dédiée aux places de stationnement est conforme aux dispositions de l'article 12UH du plan local d'urbanisme de la commune ;
- la décision est entachée d'un détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense enregistré le 15 février 2024, la commune de Gérardmer, représentée par Me Zoubeidi-Defert, conclut au non-lieu à statuer.
Elle fait valoir qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la requête dès lors que les requérants ont renoncé à la réalisation du projet initial en déposant une nouvelle demande de permis de construire pour la réalisation d'un chalet et non de deux, qui a été accordé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jouguet, rapporteure,
- et les conclusions de M. Gottlieb, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A et la SCI Gingko ont déposé le 31 mars 2022, une demande de permis de construire en vue de la construction de deux maisons individuelles et deux carports sur la parcelle cadastrée OD n° 2169 située 155 et 155A chemin de la Rayée au lieudit " le Pré Xette " à Gérardmer (Vosges). Par un arrêté du 20 juin 2022, le maire de la commune de Gérardmer a accordé le permis de construire sollicité. Puis, par une décision du 8 septembre 2022, le maire de la commune de Gérardmer a retiré ce permis de construire. Par la requête visée ci-dessus, M. A et la SCI Gingko demandent l'annulation de cette décision de retrait.
Sur l'exception de non-lieu :
2. La circonstance que les requérants ont déposé une demande de permis de construire en vue de la construction d'un seul chalet sur le même terrain d'assiette que celui du projet objet de la décision contestée, qui leur a été accordé, n'a pas eu pour effet de rendre sans objet les conclusions de leur requête tendant à l'annulation de la décision de retrait du 8 septembre 2022, dès lors que l'autorisation ainsi accordée ne peut être regardée comme équivalant à celle initialement consentie et objet de la décision de retrait contestée. L'exception de non-lieu à statuer opposée par la commune de Gérardmer doit, en conséquence, être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ". Aux termes de l'article L. 212-2 du même code : " Sont dispensés de la signature de leur auteur, dès lors qu'ils comportent ses prénom, nom et qualité ainsi que la mention du service auquel celui-ci appartient, les actes suivants : / 1° Les décisions administratives qui sont notifiées au public par l'intermédiaire d'un téléservice conforme à l'article L. 112-9 et aux articles 9 à 12 de l'ordonnance n° 2005-1516 du 8 décembre 2005 relative aux échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives et entre les autorités administratives ainsi que les actes préparatoires à ces décisions ; / 2° Quelles que soient les modalités selon lesquelles ils sont portés à la connaissance des intéressés, les avis à tiers détenteur, les oppositions à tiers détenteur, les oppositions administratives, les saisies à tiers détenteur et les avis de saisie, adressés tant au tiers saisi qu'au redevable, les lettres de relance relatives à l'assiette ou au recouvrement, les avis de mise en recouvrement, les mises en demeure de souscrire une déclaration ou d'effectuer un paiement, les décisions d'admission totale ou partielle d'une réclamation et les demandes de documents et de renseignements pouvant être obtenus par la mise en œuvre du droit de communication prévu au chapitre II du titre II de la première partie du livre des procédures fiscales ".
4. D'une part, il résulte de ces dispositions que le destinataire d'une décision administrative doit pouvoir constater que son auteur l'a signée. En l'espèce, si la décision en litige mentionne les nom, prénom et qualité de son auteur, elle ne comporte pas sa signature. En outre, il n'est ni établi ni soutenu par la commune de Gérardmer que cette décision serait au nombre de celles énumérées par les dispositions précitées de l'article L. 212-2 du code des relations entre le public et l'administration, ou qu'il s'agirait d'une simple ampliation, dont l'original serait revêtu de la signature de son auteur. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que la décision de retrait contestée méconnaît les dispositions précitées de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration.
5. D'autre part, l'absence de signature ne permet pas au tribunal de s'assurer que la décision contestée a été prise par une autorité compétente. M. A et la SCI Gingko sont dès lors également fondés à soutenir que la décision en litige est entachée d'un vice d'incompétence.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire ". Aux termes de l'article 12UH du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune de Gérardmer : " Le stationnement des véhicules correspondant aux besoins des constructions et installations doit être assuré en dehors du domaine public, sur des emplacements aménagés sur le terrain. / Le nombre de places de stationnement situées dans la construction principale ou dans une annexe doit être supérieur ou égal au nombre de places aménagées hors construction. / La superficie minimale à prendre en compte pour le stationnement d'un véhicule est de 25 m² y compris les accès. Elle est ramenée à 15 m² lorsque la place de stationnement est directement accessible depuis la voie publique ou située dans une construction principale ou dans une annexe () ".
7. D'une part, pour retirer le permis de construire accordé aux requérants en date du 20 juin 2022, le maire de la commune de Gérardmer s'est fondé sur un premier motif tiré de ce que la demande de permis de construire faisait mention de la prise en compte d'une zone humide, dont il a été constaté que le tracé n'était pas conforme, révélant une manœuvre de nature à tromper l'administration. Il ressort toutefois des pièces du dossier, sans que cela ne soit contesté par la commune de Gérardmer, que le PLU applicable au jour de l'arrêté délivrant le permis de construire retiré par la décision en litige, est celui approuvé par délibération du conseil municipal du 18 juin 2015, qui ne mentionne aucune zone humide sur la commune de Gérardmer. Il est par ailleurs constant que la cartographie des zones humides de ladite commune a fait l'objet d'une intégration au PLU par une modification approuvée par le conseil municipal en date du 11 juillet 2022. Dans ces conditions, les requérants sont fondés à soutenir que le permis obtenu le 20 juin 2022 n'a pas pu être obtenu par fraude, dès lors qu'aucun tracé de zone humide n'était opposable à leur demande et que l'existence d'une telle zone était sans incidence sur la délivrance de l'autorisation d'urbanisme sollicitée.
8. D'autre part, pour retirer le permis de construire accordé aux requérants en date du 20 juin 2022, le maire de la commune de Gérardmer s'est fondé sur un second motif, tiré de ce que le permis de construire ne respectait pas l'article 12UH du PLU, dès lors que les annexes accueillant chacune trois places de parking couvertes non closes, ne mesurent que 39 mètres carrés. Il ressort cependant des pièces du dossier, et plus particulièrement du plan de masse PC2, que si les deux carports, qui abritent chacun trois places de parking, ne représentent qu'une surface globale de 78 mètres carrés, soit 13 mètres carrés par place de stationnement, ceux-ci sont implantés de part et d'autre d'une cour d'accès à la voirie publique, mesurant 51 mètres carrés. Les requérants sont dès lors fondés à faire valoir que les places de stationnement couvertes par les carports respectent la surface minimale de 15 mètres carrés, accès compris, pour chaque place, telle que prescrite par les dispositions précitées de l'article 12UH du PLU.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la SCI Gingko et M. A sont fondés à solliciter l'annulation de la décision du 8 septembre 2022 par laquelle le maire de la commune de Gérardmer a retiré le permis de construire qui leur a été accordé par un arrêté du 20 juin 2022. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, en l'état du dossier, aucun autre moyen ne paraît susceptible de fonder l'annulation de la décision contestée.
Sur les frais de l'instance :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Gérardmer une somme globale de 1 500 euros au titre des frais exposés par la SCI Gingko et M. A et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er :La décision du 8 septembre 2022 du maire de la commune de Gérardmer est annulée.
Article 2 : La commune de Gérardmer versera la somme globale de 1 500 euros à la SCI Gingko et à M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de la SCI Gingko et de M. A est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié la société civile immobilière Gingko, à M. B A et à la commune de Gérardmer.
Délibéré après l'audience du 24 juin 2025, à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Milin-Rance, première conseillère,
Mme Jouguet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2025.
La rapporteure,
A. JouguetLe président,
B. Coudert
La greffière,
A. Mathieu
La République mande et ordonne à la préfète des Vosges en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026