mardi 8 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2202998 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | TADIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 octobre 2022, M. A B, représenté par Me Alligné, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'exécution de l'arrêté du 19 juillet 2022 par lequel le maire de Montmédy a ordonné le placement de son chien en fourrière ;
2°) de décider que l'ordonnance sera exécutoire dès qu'elle aura été rendue, en application de l'article R. 522-13 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Montmédy la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est remplie dès lors que son chien " Narko " est enfermé depuis le 19 juillet 2022 dans un box collectif exigu de la fourrière ALDPA, soumis au froid et au vent ainsi qu'aux attaques de ses congénères enfermés avec lui ;
- il existe un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée, laquelle est entachée :
* d'une erreur de droit et d'un détournement de procédure, dès lors que son chien, qui n'est ni un chien de garde, ni un chien dont l'article 2 de l'arrêté du 27 avril 1999 définit la liste, n'est pas au nombre des chiens dangereux susceptibles d'être placés en fourrière ;
* d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que son chien ne peut matériellement pas être responsable des faits qui lui sont reprochés.
Par un mémoire en défense enregistré le 4 novembre 2022, la commune de Montmédy, représentée par Me Tadic, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- eu égard à la dangerosité du chien " Narko ", il y a urgence à ne pas suspendre l'exécution de l'arrêté attaqué et à maintenir ce chien dans un lieu adapté à sa garde ;
- il n'y a pas de doute sérieux sur la légalité de la décision dès lors que :
* l'arrêté ne souffre d'aucun détournement de procédure, l'article L. 211-11 du code rural et de la pêche s'appliquant à tous les animaux, et non uniquement, comme c'est le cas de l'article L. 211-12 du même code, aux chiens d'attaque et aux chiens de garde ;
* l'arrêté n'est entaché d'aucune erreur manifeste d'appréciation dès lors que le chien " Narko " a mordu à de nombreuses reprises.
Vu :
- la requête n° 2202981 enregistrée le 16 octobre 2022 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Di Candia, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer en matière de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 7 novembre 2022 à 9h30 :
- le rapport de M. Di Candia, juge des référés ;
- les observations de Me Alligné, représentant M. B, qui reprend les mêmes termes de ses écritures, qu'il développe, insiste sur la non dangerosité de " Narko " et sur le fait que rien ne permet d'établir qu'il est à l'origine de la morsure survenue en juillet 2022 ;
- les observations de Me Tadic, représentant la commune de Montmédy, qui reprend les termes de ses écritures et insiste au contraire sur l'absence d'urgence à suspendre l'arrêté, le fait que M. B est convoqué devant le tribunal judiciaire de Verdun pour répondre du comportement de son chien et que rien ne justifie de prendre le moindre risque, l'intéressé n'établissant pas que les conditions de détention de son chien ne seraient pas satisfaisantes.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique du 7 novembre 2022 à 9h55.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions aux fins de suspension :
1. Par un arrêté n° 125/2022 du 19 juillet 2022, le maire de Montmédy, se fondant sur les dispositions combinées de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales et des articles L. 211-11 et suivants du code rural et de la pêche maritime, a ordonné le placement du chien dénommé " Narko ", appartenant à M. A B, en fourrière en estimant que celui-ci était responsable de la morsure dont a été victime un habitant de la commune le 16 juillet 2022 après avoir déjà mordu par le passé. Par sa requête, M. B demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. Aux termes de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : () 7° le soin d'obvier ou de remédier aux événements fâcheux qui pourraient être occasionnés par la divagation des animaux malfaisants ou féroces ". Aux termes de l'article L. 211-11 du code rural et de la pêche maritime : " I.- Si un animal est susceptible, compte tenu des modalités de sa garde, de présenter un danger pour les personnes ou les animaux domestiques, le maire () peut prescrire à son propriétaire ou à son détenteur de prendre des mesures de nature à prévenir le danger. Il peut à ce titre, à la suite de l'évaluation comportementale d'un chien réalisée en application de l'article L. 211-14-1, imposer à son propriétaire ou à son détenteur de suivre la formation et d'obtenir l'attestation d'aptitude prévues au I de l'article L. 211-13-1. / En cas d'inexécution, par le propriétaire ou le détenteur de l'animal, des mesures prescrites, le maire peut, par arrêté, placer l'animal dans un lieu de dépôt adapté à l'accueil et à la garde de celui-ci. / Si, à l'issue d'un délai franc de garde de huit jours ouvrés, le propriétaire ou le détenteur ne présente pas toutes les garanties quant à l'application des mesures prescrites, le maire autorise le gestionnaire du lieu de dépôt, après avis d'un vétérinaire désigné par le préfet, soit à faire procéder à l'euthanasie de l'animal, soit à en disposer dans les conditions prévues au II de l'article L. 211-25. / Le propriétaire ou le détenteur de l'animal est invité à présenter ses observations avant la mise en œuvre des dispositions du deuxième alinéa du présent I. / II. - En cas de danger grave et immédiat pour les personnes ou les animaux domestiques, le maire ou à défaut le préfet peut ordonner par arrêté que l'animal soit placé dans un lieu de dépôt adapté à la garde de celui-ci et, le cas échéant, faire procéder à son euthanasie. /Est réputé présenter un danger grave et immédiat tout chien appartenant à une des catégories mentionnées à l'article L. 211-12, qui est détenu par une personne mentionnée à l'article L. 211-13 ou qui se trouve dans un lieu où sa présence est interdite par le I de l'article L. 211-16, ou qui circule sans être muselé et tenu en laisse dans les conditions prévues par le II du même article, ou dont le propriétaire ou le détenteur n'est pas titulaire de l'attestation d'aptitude prévue au I de l'article L. 211-13-1. /L'euthanasie peut intervenir sans délai, après avis d'un vétérinaire désigné par le préfet. Cet avis doit être donné au plus tard quarante-huit heures après le placement de l'animal. A défaut, l'avis est réputé favorable à l'euthanasie () ". Ces dispositions confient à l'autorité de police municipale le soin de faire cesser les troubles à l'ordre public et de prévenir les risques à la sécurité publique résultant du danger que présente pour les personnes et les animaux domestiques le comportement d'animaux, compte tenu des modalités de leur garde.
4. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire, à la date à laquelle le juge des référés se prononce.
5. Il n'est pas contesté que le chien dénommé " Narko " appartenant à M. B a mordu des passants au moins à deux reprises, en août 2019 à la Plagne Tarentaise, et en janvier 2021 à Montmédy. Par ailleurs, si M. B conteste que les trois autres morsures constatées sur le territoire de la commune, dont la dernière est survenue le 16 juillet 2022, soient imputables à son chien, il n'apporte au soutien de ses allégations que les témoignages de ses amis, qui ne concernent que le dernier accident, ainsi que les comptes rendus des évaluations comportementales effectuées les 5 octobre 2021 et 25 janvier 2022 sur le chien " Narko " selon lesquels celui-ci ne présenterait qu'un risque mineur de dangerosité, compte tenu des modalités de garde de ce dernier, imposant de ne promener le chien qu'en laisse avec une muselière, de la morphologie du chien et sous réserve de l'achat d'un collier anti-aboiement. Toutefois, la commune de Montmédy produit quant à elle plusieurs éléments concordants émanant des différentes victimes de leurs morsures propres à établir que le chien " Narko " a été identifié comme l'auteur de ces morsures. Enfin, la commune de Montmédy précise sans être contredite que M. B doit comparaître en janvier 2023 devant le tribunal judiciaire de Verdun pour les blessures occasionnées par son chien en juillet 2022. Au regard de l'ensemble de ces éléments, l'animal " Narko " doit être regardé comme susceptible de présenter, compte tenu de ses modalités de garde, un danger pour les personnes et les animaux domestiques. Si l'exécution de cet arrêté attaqué du 19 juillet 2022 décidant du placement du chien " Narko " en fourrière conduit à son enfermement, cette circonstance ne saurait à elle seule caractériser une situation d'urgence au regard de la nécessité pour le maire de Montmédy de faire cesser les troubles occasionnés, et ce d'autant que M. B ne produit aucun élément de nature à établir le caractère insatisfaisant des conditions dans lesquelles est enfermé son chien. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué du 19 juillet 2022 ne peut être regardé comme portant à la situation du requérant une atteinte suffisamment grave et immédiate pour que la condition d'urgence soit regardée comme satisfaite. L'une des conditions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'étant pas remplie, les conclusions de la requête n° 2202998 de M. B tendant à la suspension dudit arrêté ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions tendant à ce que l'ordonnance soit déclarée immédiatement exécutoire :
6. Aux termes de l'article R. 522-13 du code de justice administrative : " L'ordonnance prend effet à partir du jour où la partie qui doit s'y conformer en reçoit notification. Toutefois, le juge des référés peut décider qu'elle sera exécutoire aussitôt qu'elle aura été rendue () ".
7. Les conclusions de la requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative étant rejetées, il n'y a pas lieu, pour le juge des référés de décider que l'ordonnance sera exécutoire aussitôt qu'elle aura été rendue.
Sur les frais d'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme demandée par M. B, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, soit mise à la charge de la commune de Montmédy, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. B, qui est la partie perdante, la somme de 1 000 euros à verser à la commune de Montmédy en application de ces mêmes dispositions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera à la commune de Montmédy la somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la commune de Montmédy.
Fait à Nancy, le 8 novembre 2022.
Le juge des référés,
O. Di Candia
La République mande et ordonne à la préfète de la Meuse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026