mardi 10 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2203044 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 1 |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 octobre 2022, Mme B A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 20 mai 2022 par lequel la préfète de la Meuse a déclaré non réalisable l'opération projetée dans sa demande de certificat d'urbanisme opérationnel du 10 décembre 2021 consistant en la construction d'une maison d'habitation d'environ 110 m2 de surface sur une parcelle cadastrée ZD 27 au lieu-dit " la Rogie " à Neuville-lès-Vaucouleurs (Meuse).
Elle soutient que :
- le terrain est situé dans le village où résident ses parents âgés et malades ;
- le maire de la commune s'est engagé à raccorder le terrain en eau et en électricité ;
- le terrain est situé à côté d'une autre propriété avec maison.
Par un mémoire en défense enregistré le 6 mars 2023, la préfète de la Meuse conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jouguet, rapporteure,
- et les conclusions de M. Gottlieb, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par une demande du 10 décembre 2021, Mme A a sollicité un certificat d'urbanisme opérationnel en vue de la construction d'une maison d'habitation d'environ 110 m2 de surface sur une parcelle cadastrée ZD 27 au lieu-dit " la Rogie " à Neuville-lès-Vaucouleurs (Meuse). Par un arrêté du 20 mai 2022, la préfète de la Meuse a déclaré l'opération de construction non réalisable. Par la requête susvisée, Mme A demande l'annulation de cet arrêté.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme : " lorsque compte-tenu de la destination de la construction, des travaux portant sur les réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou de distribution d'électricité sont nécessaires pour assurer la desserte du projet, le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé si l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quels délai et par quelle collectivité publique et par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés ". Il résulte de ces dispositions qu'un certificat d'urbanisme négatif doit être délivré lorsque, d'une part, des travaux d'extension ou de renforcement de la capacité des réseaux publics de distribution d'eau, d'assainissement ou d'électricité sont nécessaires à la desserte de la construction projetée et, d'autre part, lorsque l'autorité compétente n'est pas en mesure d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou par quel concessionnaire de service public ces travaux doivent être exécutés, après avoir, le cas échéant, accompli les diligences appropriées pour recueillir les informations nécessaires à son appréciation. L'autorité compétente peut refuser de délivrer le certificat d'urbanisme opérationnel demandé pour un projet qui exige une modification de la consistance d'un réseau public qui, compte tenu de ses perspectives d'urbanisation et de développement, ne correspond pas aux besoins de la collectivité. Il appartient à l'autorité compétente pour délivrer le certificat d'urbanisme d'apprécier si les équipements publics existants ou prévus susceptibles de desservir le terrain concerné permettent ou non la construction sur ce terrain. Si elle estime que tel n'est pas le cas, cette autorité peut, sous le contrôle du juge, déclarer que le terrain est inconstructible ou non utilisable pour cette opération, alors même qu'aucune règle d'urbanisme n'imposerait le refus de toute construction ou autorisation.
3. Par ailleurs, en vertu des dispositions de l'article L. 332-6 du code de l'urbanisme, les bénéficiaires d'autorisations de construire peuvent être tenus de réaliser et de financer les équipements propres à l'opération autorisée mentionnés à l'article L. 332-15 dudit code. Il résulte de ce dernier article que, pour l'alimentation en eau et électricité, relèvent des équipements propres à l'opération ceux qui sont nécessaires à la viabilité et à l'équipement de la construction ou du terrain jusqu'au branchement sur le réseau public d'eau et d'électricité qui existe au droit du terrain, en empruntant, le cas échéant, des voies privées ou en usant de servitudes, ou, dans les conditions définies au troisième alinéa de l'article L. 332-15 du code de l'urbanisme, en empruntant, en tout ou partie, des voies ou emprises publiques, sous réserve dans ce dernier cas que le raccordement n'excède pas cent mètres. En revanche, pour l'application de ces dispositions, les autres équipements de raccordement aux réseaux publics d'eau et d'électricité, notamment les ouvrages d'extension ou de branchement en basse tension, et, le cas échéant, le renforcement des réseaux existants, ont le caractère d'équipements publics.
4. Il ressort des pièces du dossier que, saisi pour avis par le service instructeur, ENEDIS a indiqué le 17 décembre 2021, sur la base d'une puissance de raccordement de 12 kVA en monophasé ou 36 kVA en triphasé, d'une part, que la distance entre le réseau existant et la parcelle d'assiette du projet ne permet pas un raccordement au réseau public de distribution d'électricité avec un simple branchement conforme à la norme NFC 14-100, et, d'autre part, que la distance entre le poste de distribution public le plus proche et le point de raccordement au réseau étant supérieure à 250 mètres, une étude spécifique sera réalisée lors de l'instruction de l'autorisation d'urbanisme ou de la demande de raccordement. Selon les résultats de cette étude, des travaux de création d'un poste de distribution public seraient potentiellement nécessaires. Si Mme A soutient que le maire de la commune s'est engagé à raccorder le terrain d'assiette du projet au réseau d'électricité, elle n'apporte aucun élément au soutien de cette allégation et ne remet ainsi pas en cause les termes de l'arrêté en litige selon laquelle le terrain n'est pas desservi par le réseau public d'électricité et qu'aucun élément ne permet d'indiquer dans quel délai et par quelle collectivité publique ou concessionnaire de service public les travaux d'extension seront réalisés. Il suit de là que c'est sans commettre d'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme précité que la préfète de la Meuse a déclaré l'opération non-réalisable pour ce premier motif.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme : " En l'absence de plan local d'urbanisme, de tout document d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale, les constructions ne peuvent être autorisées que dans les parties urbanisées de la commune ". Doivent être regardées comme des parties urbanisées de la commune, pour l'application des dispositions précitées, celles qui comportent déjà un nombre et une densité significatifs de constructions. En dehors des cas où elles relèvent des exceptions expressément et limitativement prévues par l'article L. 111-4 du code de l'urbanisme, les constructions ne peuvent être autorisées dès lors que leur réalisation a pour effet d'étendre la partie actuellement urbanisée de la commune. Pour apprécier si un projet a pour effet d'étendre la partie urbanisée de la commune, il est tenu compte de sa proximité avec les constructions existantes situées dans les parties urbanisées, ainsi que du nombre et de la densité des constructions projetées.
6. Mme A, en affirmant que le terrain d'assiette du projet est situé à côté d'une autre propriété avec maison, doit être regardée comme soutenant que celui-ci ne se situe pas en dehors des parties urbanisées de la commune. Il est constant que la commune de Neuville-lès-Vaucouleurs n'est pas couverte par un plan local d'urbanisme, un document en tenant lieu ou une carte communale. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que la parcelle ZD 27 faisant l'objet du certificat d'urbanisme défavorable contesté, est située à l'écart du centre de la commune de Neuville-lès-Vaucouleurs, à la sortie ouest de l'agglomération. Elle est bordée à l'ouest et au sud par un vaste espace de parcelles agricoles, et au nord par la rue Bonvie, au-delà de laquelle se trouvent des parcelles vierges ainsi que le cimetière. Si la requérante soutient que le terrain d'assiette est situé à côté d'une autre propriété avec maison, il ressort des pièces du dossier que celui-ci est séparé de deux maisons se situant à l'est par une parcelle agricole ZD 29 non construite, et que les maisons évoquées sont elles-mêmes déconnectées de la partie urbanisée de la commune, édifiées de façon dispersée et ne représentent pas un nombre et une densité significatifs de constructions. En outre, comme il a été énoncé précédemment, et ainsi que le précise l'avis du maire en date du 10 décembre 2021, le terrain n'est pas desservi par les réseaux d'électricité et d'assainissement. Dans ces conditions, le projet de construction envisagé par Mme A, compte tenu de son implantation dans une vaste zone agricole non construite et de sa distance par rapport au centre de la commune ne peut être regardé comme étant situé dans les parties urbanisées de la commune de Neuville-lès-Vaucouleurs. Il suit de là que la préfète de la Meuse a fait une exacte application des dispositions de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme en déclarant l'opération non-réalisable pour ce second motif.
7. En troisième lieu, la circonstance que les parents de la requérante, âgés et malades, résident dans la commune de Neuville-lès-Vaucouleurs, et qu'elle pourrait par suite, être plus proche d'eux en cas de besoin, est sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué.
8. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation du certificat d'urbanisme opérationnel défavorable du 20 mai 2022.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la ministre du logement et de la rénovation urbaine.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet de la Meuse et à la commune de Neuville-lès-Vaucouleurs.
Délibéré après l'audience du 19 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Coudert, président,
Mme Milin-Rance, première conseillère,
Mme Jouguet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 décembre 2024.
La rapporteure,
A. JouguetLe président,
B. Coudert
La greffière,
I. Varlet
La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026