jeudi 27 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2203051 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | ASSFAM – GROUPE SOS SOLIDARITÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 24 octobre 2022 enregistrée le même jour au greffe du tribunal sous le n° 2203051, le magistrat délégué du tribunal administratif de Besançon a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. D C.
Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal de Besançon le 23 octobre 2022 à 00 heures 27, M. D C, représenté par Me Diaz, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 octobre 2022 en tant que le préfet de la Haute-Saône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a prolongé d'une durée de deux ans l'interdiction de retour sur le territoire français dont il faisait l'objet ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à son conseil, Me Diaz, lequel renonce dans cette hypothèse à percevoir le montant de l'aide juridictionnelle en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le préfet a commis une erreur de droit et une erreur d'appréciation dans l'application des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde et des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le préfet a méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Le préfet de la Haute-Saône a produit des pièces qui ont été enregistrées et communiquées le 27 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Sousa Pereira, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A B
- les observations de Me Champy, substituant Me Diaz l'avocat de M. C qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et indique qu'elle sollicite le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
- les observations de M. C, assisté d'un interprète en langue géorgienne, qui précise qu'il souhaite pouvoir travailler et s'occuper de ses enfants, qu'il continue d'entretenir des relations avec sa nouvelle femme qui réside en Géorgie et retournera la voir régulièrement.
- et les observations de Me Morel, représentant le préfet de la Haute-Saône, qui conclut au rejet de la requête ; que le requérant a fait l'objet de plusieurs condamnations d'emprisonnement pour des faits de vol, qu'il a vécu séparé de son épouse pendant plusieurs années ; que la cellule familiale peut se reconstituer en Géorgie.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant géorgien né le 21 septembre 1982, est entré à plusieurs reprises sur le territoire français de manière irrégulière. Il est entré une première fois en France en 2002 pour y solliciter l'asile. Sa demande a été rejetée tant par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), le 16 octobre 2002, que par la Cour nationale du droit d'asile, le 9 janvier 2004. Il a fait l'objet le 21 janvier 2004 par le préfet des Pyrénées-Atlantiques d'un arrêté portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français. Il a été condamné à quatre mois d'emprisonnement, le 17 février 2005, pour des faits de vol et de vol en réunion. Il s'est installé en Espagne pendant plusieurs années et n'est revenu en France qu'au cours de l'année 2014. Le 26 août 2014, il a été condamné à une peine de huit mois d'emprisonnement dont six mois avec sursis pour tentative de vol aggravé. Le 25 juin 2015, il a sollicité un titre de séjour " vie privée et familiale " et par un arrêté du 1er octobre 2015 le préfet de la Meuse a pris à son encontre un arrêté portant refus de séjour avec obligation de quitter le territoire français sans délai. Le recours dirigé contre cet arrêté a été rejeté par le tribunal administratif de Nancy le 26 octobre 2015. Il a ensuite déposé le 24 novembre 2015 une demande de carte de séjour temporaire auprès du préfet de la Haute-Saône. Le 25 avril 2016, la préfète de la Haute-Saône a pris à son encontre un arrêté portant refus de séjour avec obligation de quitter le territoire français dans le délai de 30 jours à destination du pays dont il a la nationalité ou de tout autre pays pour lequel il serait admissible. Après le rejet de sa demande de réexamen de sa demande d'asile, M. C a de nouveau fait l'objet, le 31 mai 2017, d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai et fixant le pays de renvoi. Il a fait l'objet d'une nouvelle mesure d'éloignement assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français puis a été condamné, le 4 juillet 2019, pour usage illicite de stupéfiants et offre ou cession non autorisée de stupéfiants et détention. A sa sortie de détention, il a été placé en rétention et contraint de quitter le territoire français le 29 novembre 2019. Il est à nouveau entré irrégulièrement sur le territoire français au cours du mois de février 2020 et a été interpellé par les services de gendarmerie pour des faits de port d'arme prohibé, le 6 avril 2021. Il a alors fait l'objet, le 7 avril 2021, d'une mesure d'éloignement assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Il a quitté le territoire français de façon contrainte le 23 avril 2021. Il est à nouveau entré sur le territoire français et a été à nouveau interpellé, le 20 octobre 2022, par les services de police pour des faits de conduite sous emprise de stupéfiants et usurpation d'identité. Par un arrêté du 21 octobre 2022, M. C a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi et a prolongé pour une durée de deux ans l'interdiction de retour sur le territoire français dont il faisait l'objet. Placé au centre de rétention administrative de Metz, M. C demande d'annuler l'arrêté du 21 octobre 2022 en tant que le préfet de la Haute-Saône l'a obligé à quitter le territoire français sans délai et a prolongé d'une durée de deux ans l'interdiction de retour sur le territoire français dont il faisait l'objet.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. En raison de l'urgence, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les autres conclusions :
4. M. C soutient qu'il vit en France avec sa famille depuis 2009, que son épouse et ses trois enfants résident régulièrement sur le territoire français et qu'il est le seul en capacité de prendre en charge son enfant mineur, âgé de sept ans, lorsque l'état de santé de son épouse, qui souffre d'une polyarthrite rhumatoïde invalidante, ne lui permet pas de s'en occuper. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. C a été condamné, à plusieurs reprises, à des peines d'emprisonnement entre 2005 et 2019 pour faits de vol et vol aggravé et usage et détention illicite de stupéfiants. Ces faits, commis au cours d'une période récente, sont, par leur répétition et leur relative gravité, de nature à démontrer une absence de volonté réelle d'insertion en France, le requérant ne justifiant, à cet égard, d'aucune insertion professionnelle stable et ancienne sur le territoire. En outre, il ressort des pièces du dossier que le requérant a vécu de nombreuses années séparé de la mère de ses enfants et de ces derniers lorsqu'il est parti vivre en Espagne. Par ailleurs, si l'épouse du requérant présente, en raison de son état de santé, des difficultés dans la réalisation des actes de la vie courante, il ressort des pièces du dossier que l'enfant mineur du requérant réside avec les autres enfants majeurs du couple, qui n'établissent pas, par la production d'une simple attestation, être dans l'impossibilité d'aider leur mère à s'en occuper. Enfin, M. C n'est pas dépourvu de toute attache familiale dans son pays d'origine où réside sa nouvelle épouse. Il a d'ailleurs déclaré au cours de l'audience qu'il entretient des relations avec celle-ciet qu'il continuera de lui rendre visite. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale et aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Le requérant n'est pas davantage fondé, pour les mêmes motifs, à soutenir que le préfet a porté une atteinte à l'intérêt supérieur de son enfant. Les moyens doivent ainsi être écartés.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. C tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de la Haute-Saône doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions que le requérant présente au titre des frais non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : M. C est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C et au préfet de la Haute-Saône.
Lu en audience publique le 27 octobre 2022 à 17 heures 50.
La magistrate désignée,
C. Sousa B Le greffier,
L. Thomas
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Saône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026