jeudi 17 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2203061 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Chambre 3 |
| Avocat requérant | CORSIGLIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 24 octobre 2022 et 23 janvier 2023, M. B A, représenté par Me Corsiglia, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a implicitement refusé de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle ;
2°) d'annuler la décision par laquelle le préfet de Meurthe-et-Moselle a implicitement refusé de procéder au renouvellement de son récépissé " bénéficiaire de la protection subsidiaire " ;
3°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle, à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour pluriannuelle dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, ou, à titre subsidiaire, de renouveler son récépissé dès notification du jugement à intervenir, le tout sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil, Me Corsiglia, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- les décisions implicites sont entachées d'un défaut de motivation ;
- la décision implicite de refus de renouvellement de son récépissé méconnaît les dispositions de l'article R. 431-15-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision implicite de refus de séjour méconnaît les dispositions des articles L. 424-9 et R. 424-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 novembre 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que, d'une part, les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet du renouvellement du récépissé sont devenues sans objet dès lors que le récépissé de M. A a été renouvelé le 3 novembre 2022 et, d'autre part, que les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite de refus de séjour sont dirigées contre une décision inexistante dès lors que le dossier de M. A n'est pas complet.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 novembre 2022 du bureau d'aide juridictionnelle.
Par un mémoire enregistré le 30 juin 2023, M. A déclare se désister de ses conclusions à fin d'annulation et de celles formulées à fin d'injonction sous astreinte.
Un mémoire en défense a été enregistré le 30 juin 2023 pour le préfet de Meurthe-et-Moselle et n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Fabas, conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant ivoirien né le 2 décembre 2001, est entré en France le 15 juin 2017. Par une décision du 17 janvier 2022, la Cour nationale du droit d'asile lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire. A la suite de cette décision, M. A a sollicité la délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle portant la mention " bénéficiaire de la protection subsidiaire " sur le fondement des dispositions de l'article L. 424-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il s'est vu remettre un récépissé valable jusqu'au 3 octobre 2022. Le 30 septembre 2022, il a sollicité le renouvellement de son récépissé mais n'a pas obtenu de réponse de la part de la préfecture de Meurthe-et-Moselle. Par sa requête, M. A demande au tribunal d'annuler, d'une part, la décision par laquelle le préfet a implicitement refusé de procéder au renouvellement de son récépissé et, d'autre part, la décision par laquelle le préfet a implicitement refusé de lui délivrer le titre de séjour qu'il sollicitait.
Sur le désistement :
2. Par un mémoire du 30 juin 2023, M. A déclare se désister de sa requête introduite le 24 octobre 2022 en ce qui concerne ses conclusions à fin d'annulation et celles présentées à fin d'injonction sous astreinte. Ce désistement est pur et simple et rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les frais de l'instance :
3. M. A ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, son avocate, Me Corsiglia, peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Corsiglia, avocate de M. A, de la somme de 1 000 euros sur le fondement de ces dispositions, sous réserve que cette dernière renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions à fin d'annulation et des conclusions à fin d'injonction sous astreinte formulées par M. A.
Article 2 : L'Etat versera à Me Corsiglia, avocate de M. A, une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve que celle-ci renonce à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Corsiglia et au préfet de Meurthe-et-Moselle.
Délibéré après l'audience publique du 7 juillet 2023 à laquelle siégeaient :
M. Di Candia, président,
Mme Fabas, conseillère,
M. Bastian, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 août 2023.
La rapporteure,
L. Fabas Le président,
O. Di CandiaLe greffier,
P. Lepage
La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2203061
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