jeudi 10 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2203069 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CORSIGLIA |
Vu la procédure suivante :
A une requête enregistrée le 25 octobre 2022, M. C B, représenté A Me Corsiglia, demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre la décision née du silence gardé A le préfet de Meurthe-et-Moselle sur la demande de renouvellement de récépissé constatant la reconnaissance du bénéfice de la protection subsidiaire A l'OFPRA dans l'attente de la délivrance de son titre de séjour ;
3°) de suspendre la décision née du silence gardé A le préfet de Meurthe-et-Moselle sur sa demande de délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle en tant que bénéficiaire de la protection subsidiaire accordée A l'OFPRA ;
4°) d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer, sans délai, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros A jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'urgence :
- le bénéfice de la protection subsidiaire lui ayant été accordé A l'OFPRA, le non renouvellement du récépissé de demande de titre de séjour qui lui a été accordé dans l'attente de la délivrance d'un titre de séjour le place en situation irrégulière et l'empêche de travailler ;
En ce qui concerne le moyen propre à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée :
- la décision de refus de renouvellement du récépissé de demande de titre de séjour qui lui a été antérieurement accordé dans l'attente de la délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle en qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire est contraire à l'article R. 431-15-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
A des mémoires en défense, enregistrés les 4 et 7 novembre 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que le renouvellement de son récépissé constatant la reconnaissance d'une protection internationale lui a été accordé le 3 novembre 2022 pour une durée de trois mois et que la délivrance d'une carte de séjour pluriannuelle est dans l'attente d'une attestation d'état civil A l'OFPRA.
Vu
- la requête enregistrée le 24 octobre 2022 sous le n° 2203061 A laquelle M. B demande l'annulation des décisions implicites A lesquelles le préfet de Meurthe-et-Moselle a refusé de renouveler son récépissé de demande de titre de séjour en qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire accordée A l'OFPRA et lui a refusé la délivrance d'une carte pluriannuelle au titre de la protection subsidiaire ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n°2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Guidi, première conseillère, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative pour statuer sur les demandes de référés.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 7 novembre 2022 à 15h00 :
- le rapport de Mme Guidi, juge des référés,
- les observations de Me Corsiglia, représentant M. B qui demande le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, se désiste de ses conclusions tendant à la suspension de la décision implicite refusant de lui délivrer une carte pluriannuelle au titre de la protection subsidiaire et soutient en outre que la durée de validité du récépissé n'est que de trois mois alors que l'article R. 431-15-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit la délivrance de plein droit d'un récépissé de six mois renouvelable ce qui justifie qu'il soit enjoint au préfet de Meurthe-et-Moselle de lui délivrer un récépissé de demande de carte pluriannuelle au titre de la protection subsidiaire d'une durée de six mois.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, à 15h15.
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit A le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit A la juridiction compétente ou son président " et aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence (). L'admission provisoire est accordée A le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme A l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
2. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin de suspension d'exécution :
En ce qui concerne la décision de refus implicite de délivrance d'une carte pluriannuelle au titre de la protection subsidiaire :
3. Le désistement de M. B tendant à la suspension de la décision de refus implicite de délivrance d'une carte pluriannuelle au titre de la protection subsidiaire est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
En ce qui concerne la décision implicite de refus de renouvellement de récépissé de demande de carte pluriannuelle de séjour au titre de la protection subsidiaire :
4. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été convoqué A les services de la préfecture de Meurthe-et-Moselle le 3 novembre 2022 et qu'à cette occasion son récépissé de demande de carte pluriannuelle de séjour au titre de la protection subsidiaire d'une durée de trois mois lui a été délivré, dans l'attente de l'acte d'état civil devant être fourni A l'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) pour la délivrance d'une carte pluriannuelle au titre de la protection subsidiaire. Dans ces conditions, en l'absence d'urgence, les conclusions à fin de suspension présentées A M. B doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le renouvellement de son récépissé de demande de carte de séjour pluriannuelle d'une durée de trois mois renouvelable ayant été délivré à M. B dans l'attente de l'acte d'état civil à fournir A l'OFPRA, il n'y a pas lieu d'enjoindre au préfet de Meurthe-et-Moselle de lui renouveler son récépissé pour une durée de six mois.
Sur les frais de l'instance :
7. M. B étant provisoirement admis à l'aide juridictionnelle, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Corsiglia, avocate de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Corsiglia de la somme de 1 000 euros. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B A le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à M. B.
O R D O N N E:
Article 1er : Le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire est accordé à M. B.
Article 2 : Il est donné acte du désistement de M. B de ses conclusions tendant à la suspension de la décision de refus implicite de délivrance d'une carte pluriannuelle au titre de la protection subsidiaire.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Corsiglia renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, l'Etat versera à Me Cosiglia, avocate de M. B, une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B A le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros sera versée à M. B.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. B est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Corsiglia.
Copie pour information sera adressée au préfet de Meurthe-et-Moselle.
Fait à Nancy, le 10 novembre 2022.
La juge des référés,
L. Guidi
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026