vendredi 4 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nancy |
| Section | Tribunal Administratif de Nancy |
| N° Dossier | TA54-2203111 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduites à la frontière |
| Avocat requérant | SCP VASSEUR - PETIT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 29 octobre 2022, M. C A, représenté par Me Cathala, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 27 octobre 2022 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois ;
2°) d'annuler l'arrêté du 27 octobre 2022 par lequel le préfet de Meurthe-et-Moselle l'a assigné à résidence au sein du territoire de la communauté de communes de Longlaville pour une durée de quarante-cinq jours et l'a astreint à se maintenir quotidiennement de 6 heures à 9 heures à son domicile et à se présenter chaque mardi et jeudi à 10 heures 10 auprès du commissariat de Briey ;
3°) de lui accorder le concours d'un des deux avocats désignés d'office de la permanence " étrangers " mise en place par l'ordre des avocats du barreau de Nancy ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à l'avocat ainsi désigné au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, ce dernier renonçant alors à percevoir l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'ensemble des décisions :
- la compétence du signataire des décisions n'est pas établie ;
- les décisions ont été prises en méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- les décisions ont été prises en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- la décision a été prise en méconnaissance du principe général du droit à être entendu ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision a été prise à la suite d'un examen insuffisant de sa situation personnelle ;
- la décision est entachée d'une erreur de droit ou à tout le moins d'une erreur manifeste d'appréciation compte tenu de la gravité de ses effets sur sa situation personnelle dès lors qu'il justifie d'une insertion en France et d'un travail ;
En ce qui concerne la décision refusant un délai de départ volontaire :
- les motifs justifiant cette décision manquent en fait ;
- les faits allégués ne peuvent caractériser un risque de fuite ;
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
- la décision porte une atteinte manifestement disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 novembre 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Grandjean, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les articles L. 572-5, L. 572-6, L. 614-5, L. 614-6, L. 614-9, L. 614-11, L. 614-12, L. 614-15, L. 615-2, L. 623-1, L. 732-8 et L. 754-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les observations de Me Petit, avocat commis d'office, substituant Me Cathala et représentant M. A qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens et qui ajoute que les décisions n'ont pas été notifiées à son client dans une langue qu'il comprend, ce qui constitue une composante du principe général du droit de l'Union européenne à être entendu, et insiste sur le caractère lapidaire de la motivation de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire et ses mesures accessoires, sur l'absence de risque de fuite dès lors que le requérant n'a refusé d'exécuter aucune précédente décision d'éloignement et sur le caractère disproportionné de la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français opposée à l'intéressé.
Le préfet de Meurthe-et-Moselle n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience, en application de l'article R. 776-26 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né le 9 mai 1990, est entré irrégulièrement en France selon ses déclarations au cours de l'année 2020. L'irrégularité de son séjour en France a été constatée à l'occasion de son placement en garde à vue par les services de police de Briey pour défaut de permis de conduire et d'assurance le 27 octobre 2022. Par un arrêté du 27 octobre 2022, le préfet de Meurthe-et-Moselle lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit et lui a opposé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois. Par un arrêté du même jour, le préfet de Meurthe-et-Moselle a assigné M. A à résidence au sein du territoire de la communauté de communes de Longlaville pour une durée de quarante-cinq jours, lui a fait obligation de se maintenir quotidiennement de 6 heures à 9 heures à son domicile et l'a astreint à se présenter chaque mardi et jeudi à 10 heures 10 auprès du commissariat de Briey. Par la requête susvisée, M. A demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour sur le territoire français :
En ce qui concerne les moyens communs tirés de l'incompétence et des conditions de notification des décisions :
2. L'arrêté est signé par M. Julien Le Goff, secrétaire général de la préfecture auquel le préfet de Meurthe-et-Moselle établit avoir délégué sa signature par un arrêté en date du 8 août 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées manque en fait et doit être écarté.
3. En second lieu, les conditions de notification d'une décision sont sans incidence sur la légalité de celle-ci. Le requérant ne peut ainsi utilement faire valoir que les décisions contestées n'auraient pas été notifiées dans une langue qu'il comprend. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier que M. A a déclaré savoir parler, lire et écrire le français. Par suite, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne les moyens relatifs à la contestation de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, le droit d'être entendu préalablement à l'adoption d'une décision d'éloignement implique que l'autorité administrative mette le ressortissant étranger en situation irrégulière à même de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur l'irrégularité de son séjour et les motifs qui seraient susceptibles de justifier que l'autorité s'abstienne de prendre à son égard une décision de retour. Il n'implique toutefois pas que l'administration ait l'obligation de mettre l'intéressé à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision l'obligeant à quitter le territoire français, dès lors qu'il a pu être entendu sur l'irrégularité du séjour ou la perspective de l'éloignement.
5. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier du formulaire de renseignements administratifs complété lors de son entretien du 27 octobre 2022 avec les services du commissariat de police de Briey, que M. A a été informé de ce que le préfet de Meurthe-et-Moselle était susceptible de prendre à son encontre une mesure d'éloignement et qu'il a alors été mis à même de présenter, de manière utile et effective, ses observations sur l'irrégularité de son séjour et les motifs pouvant justifier que le préfet s'abstienne de prendre une mesure d'éloignement. Ainsi, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'il aurait été privé du droit d'être entendu. Le moyen doit, par suite, être écarté comme manquant en fait.
6. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué mentionne les considérations de droit et de fait qui fondent la décision portant obligation de quitter le territoire français prononcée à l'encontre du requérant. Le moyen tiré de l'insuffisante motivation de cette décision manque ainsi en fait et doit, par suite, être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () / 6° L'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois a méconnu les dispositions de l'article L. 5221-5 du code du travail. Lorsque, dans le cas prévu à l'article L. 431-2, un refus de séjour a été opposé à l'étranger, la décision portant obligation de quitter le territoire français peut être prise sur le fondement du seul 4° ".
8. Le requérant ne conteste pas être entré irrégulièrement en France au cours de l'année 2020 et n'avoir obtenu, depuis, aucun titre de séjour, ni travailler sans être titulaire d'un contrat de travail. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet, alors en outre qu'il ne ressort ni des pièces du dossier ni des termes de l'arrêté attaqué que celui-ci aurait omis de procéder à un examen particulier de sa situation, aurait commis une erreur de droit.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () ".
10. Il ressort des déclarations de M. A en date du 27 octobre 2022 transcrites sur le formulaire de renseignements administratifs qu'il n'est présent en France que depuis environ deux ans à la date de la décision contestée, qu'il est célibataire et sans enfant en France et que quatre de ses frères résident dans son pays d'origine, l'Algérie, où il a vécu jusqu'à l'âge de 30 ans. Dans ses conditions, il ne peut se prévaloir de la seule présence en France de sa sœur, alors au surplus, qu'il ne démontre ni la régularité du séjour de cette dernière, ni la réalité des liens qu'il entretiendrait avec elle et qu'il en a vécu séparé jusqu'à son arrivée récente en France. La circonstance qu'il allègue travailler, au demeurant sans contrat de travail, en qualité de mécanicien ne saurait caractériser à elle seule l'insertion de M. A sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
11. En cinquième lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point précédent, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision d'éloignement sur sa situation personnelle.
12. En dernier lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir du moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre d'une mesure d'éloignement.
En ce qui concerne les moyens relatifs à la contestation de la décision refusant un délai de départ volontaire :
13. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; / () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; ".
14. En premier lieu, d'une part, il ressort des pièces du dossier et il n'est pas contesté que M. A n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour en France. D'autre part, celui-ci a explicitement exprimé lors de son entretien le 27 octobre 2022 avec un agent des services de police de Briey sa volonté de rester en France. Par suite, en refusant d'accorder à l'intéressé un délai de départ volontaire, le préfet de Meurthe-et-Moselle n'a pas entaché sa décision d'une erreur de fait ou d'une erreur d'appréciation.
15. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, compte-tenu de ce qui a été dit au point 10 du présent jugement, que le préfet de Meurthe-et-Moselle, en refusant d'accorder un délai de départ volontaire à M. A, lequel ne réside en France que depuis environ deux ans, aurait porté une atteinte disproportionnée au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit, par suite, être écarté.
16. En dernier lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir du moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre de la décision lui refusant un délai de départ volontaire. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne les moyens relatifs à la contestation de la décision fixant le pays de destination :
17. En premier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
18. En se bornant à soutenir lors de son audition du 27 octobre 2022 qu'il a annulé un mariage en Algérie et qu'il est, pour ce motif, menacé par la famille de son ex-fiancée, M. A n'établit pas la réalité et l'actualité des menaces dont il se dit l'objet. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées ne peut qu'être écarté.
19. En second lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est en l'espèce inopérant à l'encontre de la décision fixant le pays de destination attaquée. Ce moyen doit, par suite, être écarté.
En ce qui concerne les moyens relatifs à la contestation de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
20. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11 ".
21. Il résulte de ces dispositions que seules des circonstances humanitaires peuvent faire obstacle au prononcé d'une interdiction de retour lorsque l'étranger fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire et que la durée de cette interdiction doit alors être fixée en prenant en compte la durée de présence en France, les liens tissés, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et la menace à l'ordre public. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, cette circonstance n'est pas retenue au nombre des motifs justifiant la durée de l'interdiction, l'autorité administrative n'est pas tenue, sous peine d'irrégularité, de le préciser expressément.
22. Eu égard à ce qui a été dit précédemment, M. A ne justifie d'aucune circonstance humanitaire qui pourrait faire obstacle au prononcé d'une interdiction de retour sur le territoire français. Si M. A se prévaut de ses recherches en vue de trouver un employeur disposé à lui proposer un contrat de travail en qualité de mécanicien, cette circonstance ne saurait suffire à attester son intégration sur le territoire français. Ainsi, en l'absence de lien particulier du requérant en France, d'ordre familial, personnel ou social, et quand bien même il n'a fait l'objet d'aucune précédente mesure d'éloignement et ne représente pas une menace pour l'ordre public, le requérant ne démontre pas que le préfet aurait commis une erreur d'appréciation en fixant à douze mois sur les trois années possibles la durée de l'interdiction de retour sur le territoire français prise à son encontre.
23. En dernier lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir du moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre de la décision lui faisant interdiction de retour sur le territoire français. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté portant assignation à résidence :
24. En premier lieu, l'arrêté est signé par M. Julien Le Goff, secrétaire général de la préfecture auquel le préfet de Meurthe-et-Moselle établit avoir délégué sa signature par un arrêté en date du 8 août 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.
25. En deuxième lieu, M. A ne fait état d'aucun élément de nature à démontrer que la décision l'assignant à résidence pendant quarante-cinq jours au sein du territoire de la communauté de communes de Longlaville ou les mesures l'astreignant à rester à son domicile quotidiennement de 6 heures à 9 heures et à se présenter chaque mardi et jeudi au commissariat de police de Briey à 10 heures 10, porterait une atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, à le supposer soulevé à l'encontre de cette décision, doit être écarté.
26. En troisième lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir du moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre de la décision l'assignant à résidence. Par suite, ce moyen, à le supposer soulevé à l'encontre de cette décision, ne peut qu'être écarté.
27. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation des arrêtés du 27 octobre 2022 pris par le préfet de Meurthe-et-Moselle doivent être rejetées.
Sur les frais d'instance :
28. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie tenue aux dépens ou la partie perdante, la somme demandée par M. A au bénéfice de son conseil au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au préfet de Meurthe-et-Moselle.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 novembre 2022.
La magistrate désignée,
G. BLe greffier,
L. Thomas
La République mande et ordonne au préfet de Meurthe-et-Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026